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Phobie scolaire : « Papa, Maman : désolé, j’veux pas y aller ! »

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Phobie scolaire : « Papa, Maman : désolé, j’veux pas y aller ! »

La phobie scolaire est une situation où un enfant, pour des raisons irrationnelles de peur et de crainte, refuse d’aller à l’école. Il ne peut plus aller aux cours parce qu’il ressent une angoisse terrible liée à l’établissement (école, collège, lycée, fac) et à l’environnement scolaire. Ce trouble anxieux encore méconnu peut avoir des conséquences dramatiques. Il est à distinguer des fugues et de la classique école buissonnière.

par Kamel Bouaouina

Ses symptômes

S’il est vrai que la phobie scolaire peut débuter brutalement, habituellement elle s’installe de façon progressive. L’enfant, pour des raisons irrationnelles, refuse d’aller à l’école et s’y oppose avec de vives réactions anxieuses et un comportement de désarroi et de panique quand on tente de l’y contraindre. La phobie scolaire se manifeste sur trois plans, psychologique, somatique et comportemental. Sur le plan psychologique, elle se manifeste par des attitudes d’attente craintive, douloureuse et insoutenable d’un danger redouté, inexistant, imminent mais indéfinissable et indicible, avant le départ pour l’école. Sur le plan somatique, l’enfant vit un état de tension interne, de serrement corporel, avec gêne respiratoire, tachycardie, tremblements, secousses musculaires, transpirations, nausées, vomissements, etc.

Sur le plan comportemental, l’écolier s’agite et s’oppose physiquement à tout départ à l’école. De façon plus pratique, avant d’aller en classe, l’enfant est mal à l’aise et peut présenter divers troubles. Il s’alimente peu, n’arrive pas à tenir en place, ouvre et referme son cartable, vérifie plusieurs fois ses affaires, tourne en rond, etc.

 Ses causes

La phobie scolaire est essentiellement un trouble anxieux. Parler de phobie scolaire revient à parler d’anxiété (ou angoisse). L’anxiété est une expérience commune et universelle et tout un chacun peut l’éprouver dans des situations diverses de la vie de tous les jours. Elle est souvent utile et constructive et permet la mobilisation des ressources de l’individu dans certaines circonstances particulières : examens, compétitions sportives ou professionnelles, premier jour à l’école, etc. Mais parfois, cette anxiété peut devenir pathologique par son intensité, sa durée ou ses circonstances de survenue (tel que dans les phobies). Elle est alors source de souffrance et peut être invalidante et aboutir à un handicap plus ou moins important tel le refus scolaire.

La conduite à tenir pour l’éviter

Il faut d’abord adopter des attitudes pédagogiques préventives afin de prévenir le développement de tels troubles. Le meilleur moyen de garantir un bon développement psychoaffectif de l’enfant est une ambiance familiale satisfaisante et une qualité relationnelle équilibrée aussi bien avec la mère qu’avec les autres partenaires… L’apprentissage de la vie collective ensuite dans les jardins d’enfants, ensuite à l’école, nécessite la présence de personnel qualifié, éducateurs et enseignants capables de comprendre les problèmes spécifiques posés par certains enfants, d’attirer l’attention des parents, de les conseiller et de les orienter éventuellement vers le spécialiste.

Il faut donc prendre en considération, dans l’appréciation de l’aptitude à l’enseignement, les qualités personnelles d’ouverture à autrui, d’optimisme pédagogique, de maîtrise de soi et d’équilibre. Enfin, certaines attitudes simples des parents peuvent favoriser l’insertion scolaire de l’enfant et éviter les fixations phobiques vis-à-vis de l’école : lors de l’inscription à l’école, les parents peuvent présenter l’enfant à ses futurs enseignants, le familiariser avec les locaux, etc.

Soigner la phobie scolaire

Si le trouble est déjà installé, la prise en charge doit être globale agissant aux niveaux personnel, familial et scolaire. Ainsi, l’enfant doit être pris en charge en psychothérapie individuelle. Une telle prise en charge peut être, le cas échéant, proposée à la mère. Une thérapie familiale sera également proposée afin de permettre une prise de conscience des besoins d’indépendance de l’enfant, de la mère et de la famille.

Au niveau de l’école, il faut prendre contact avec les enseignants et les sensibiliser afin de faciliter une adaptation progressive de l’enfant, souvent avec le soutien et la présence physique de la mère (ou du père) dont l’aide initiale sera modulée en fonction de l’évolution de la situation.