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Pneumocoque: Vacciner pour protéger petits et grands

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Pneumocoque: Vacciner pour protéger petits et grands

Longtemps négligé, car il ne cause pas de grandes épidémies létales, le pneumocoque agit de façon insidieuse. Ce germe tue. Et s’il ne le fait pas, il laisse derrière lui de lourdes séquelles pour rappeler son passage. La vaccination existe mais n’est pas encore entrée dans les habitudes ni le calendrier vaccinal national. Pourtant, les dégâts qu’il engendre sont tellement néfastes que l’OMS a émis des recommandations en ce sens.

par Hajer Missaoui

C’est justement autour de cette question que s’est tenu un medi training le 12 octobre 2010 à l’hôtel Mövenpick de Gammarth, organisé par les laboratoires Pfizer. Les Drs Mohame Ben Abdallah et Mark Fletcher se sont relayés devant un parterre de journalistes maghrébins pour les familiariser à ce germe et les sensibiliser au danger qu’il représente.

Le pneumocoque, c’est quoi ?

Appelé pneumocoque par le commun des mortels et Streptococcu pneumoniae par les scientifiques, ce germe, de la famille des streptocoques, est une bactérie spécifique à l’homme. De forme sphérique et se regroupant par deux, il est recouvert d’une capsule qui permet de définir les différents stéréotypes de la souche, qui sont au nombre de quatre vingt onze. Fort heureusement, comme le précise Dr Mark Fletcher, seule une quinzaine d’entre eux est responsable des pathologies pneumococciques.

Le terme pneumocoque est l’association du suffixe pneumo qui vient du mot grec ‘pneuma’ qui veut dire souffle ou respiration et du suffixe coque, pour ‘kokkos’ qui signifie graine, pépin.

Une transmission dangereuse

Le germe est naturellement présent dans le rhinopharynx, son véritable réservoir. Suite à diverses causes, l’organisme peut être fragilisé, ce qui facilite l’attaque du pneumocoque. A partir de là, il se transmet aux personnes saines par inhalation ou en se déposant sur des objets. Dr Mohamed Ben Abdallah ajoute aussi que dans les communautés infantiles, le risque est considérablement augment car, jouets, fournitures scolaires et outils d’apprentissage ne sont pas épargnés par la contamination et vont servir de vecteur de transmission. Un véritable danger pour les enfants de moins de cinq ans et surtout ceux en dessous de deux ans.

Les infections à pneumocoque

Le pneumocoque entraîne une série de pathologies de prévalence et de gravité plus ou moins importante. Les plus fréquentes sont le otites moyennes aiguës. Puis, on trouve par ordre décroissant, les pneumonies, les bactériémies, les pneumonies bactériémiques et pour finir, les méningites. Malheureusement, explique Dr
Ben Abdallah, « les affections les plus fréquentes sont les plu bénignes. Donc, plus la prévalence d’une de ces maladies diminue, plus sa gravité est importante, voire fatale. » Plus inquiétant, en plus de cela, la bactérie présente de plus en plus de résistance vis-à-vis des antibiotiques, rendant le traitement plus difficile. Les risques d mortalité et de séquelles irréversibles n’en sont qu’augmentés,
ajoute Dr Fletcher.

La vaccination n’est pas un luxe

Depuis 2009, le vaccin pneumococcique a été introduit en Tunisie protégeant contre sept des valences les plus courantes de la bactérie. Et, grâce à un travail de surveillance épidémiologique de l’OMS, on  découvert l’émergence de nouvelles valences suite à des mutation qui ont touché le pneumocoque. C’est pour cela qu’un nouveau
vaccin a été développé, contenant six nouvelles valences venues s’ajouter aux anciennes. Il sera bientôt disponible chez nous. D Fletcher précise que l’intérêt de la vaccination de groupe est qu’elle va permettre progressivement d’éradiquer le germe. Ainsi, en protégeant directement les jeunes, on protège indirectement les personnes les plus âgées, elles aussi, touchées par les ravages du
pneumocoque.

150 millions : Selon l’OMS, c’est le nombre de cas de pneumonie enregistrés chaque année chez les enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement, représentant ainsi plus de 95 % de tous les nouveaux cas enregistrés dans le monde entier.
46,1% : C’est la proportion de souches résistantes, isolées à l’hôpital d’enfant s, responsables d’infections invasives. Elle est de 58,6% pour les non invasives. Un enfant sur trois présentera des séquelles lourdes et invalidantes telles qu’un retard mental, une surdité, une épilepsie et des paralysies suite à une pathologie pneumococcique.