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Quel avenir pour la néonatalogie en Tunisie ?

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Quel avenir pour la néonatalogie en Tunisie ?

La néonatalogie est reconnue comme étant une spécialité à part entière depuis seulement 1996, ce qui explique le manque de spécialistes et d’équipements dans les services et ce, sur l’ensemble du territoire tunisien. Cependant, bien que créée récemment, la Société Tunisienne de Néonatalogie (STNN) œuvre à la promotion de la santé du nouveau-né en redoublant d’efforts pour encourager les recherches et les études scientifiques dans ce domaine, afin de réduire autant que possible les cas de décés durant les quatre premières semaines après la naissance.

par Saima Ksibi

Pr Zahra Marrakchi, Présidente de la STNN

En effet, la STNN a organisé une première journée scientifique, le 14 Septembre, afin de présenter, pour la première fois, plus de 50 travaux. Cet événement a également été enrichi d’un atelier de formation professionnelle sur les abords vasculaires chez les nouveaux-nés. Une formation destinée aux cadres paramédicaux, dans le but d’assurer un travail d’experts dans les services de néonatalogie et pédiatrie, puisque la prise en charge d’un bébé, et surtout d’un nouveau-né, est beaucoup plus délicate que celle d’un adulte, sachant qu’un nouveau-né est plus sensible à l’environnement extérieur, ainsi qu’à toutes les menaces et les infections périnatales, lesquelles pouvant entraîner plusieurs complications, voire la mort dans plusieurs cas.

Lors du point de presse tenu au service de néonatalogie de l’hôpital Charles Nicolle, la Pr Zahra Marrakchi, du Ministère de la santé publique et présidente de la STNN, a exprimé sa motivation, ainsi que celle de tout le bureau de la STNN, à servir à la promotion de la néonatalogie et à organiser des cycles de formation et des formations continues au profit des professionnels de la santé, médecins spécialistes, généralistes et cadres paramédicaux, afin de réduire le taux de mortalité infantile en Tunisie, 17 cas pour 1000 actuellement, dont les deux tiers surviennent pendant le premier mois. Ce chiffre, bien qu’ayant diminué au fil des années, reste toutefois alarmant et témoigne d’un grand manque en matière d’équipements, de staff professionnel et de moyens financiers.

Une solution ?

La Pr. Zahra Marrakchi a confié que, malgré les efforts fournis par les professionnels, la Tunisie ne parviendra malheureusement pas à réaliser l’un des objectifs du millénaire, qui est de baisser le taux de mortalité infantile à moins de 15 cas pour mille. Ceci s’explique par le manque énorme d’équipements et de lits pour la réanimation néonatale dans les hôpitaux tunisiens. Il faut savoir que la Tunisie ne dispose que de 40 à 50 lits, alors que le besoin est de 200 lits au minimum.

Une partie de cette responsabilité incombe aux décideurs politiques, puisque le taux de mortalité infantile reflète la réalité des conditions sanitaires du pays et peut être une vitrine socioéconomique de la Tunisie.

Mais la bonne nouvelle, c’est que les négociations pour une coopération tuniso-italienne ont enfin abouti et, bientôt à Tunis, le projet d’un nouveau centre de néonatalogie de 20 lits démarrera à l’hôpital Charles Nicolle et se prolongera sur 3 années.