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Spasmes du sanglot, Bébé ne veut plus respirer !

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Spasmes du sanglot, Bébé ne veut plus respirer !

Ah, quel bonheur d’être maman ! Mais, soudain, bébé pleure ! Quoi de plus normal, on sait bien, nous les mères, que c’est la seule façon que notre tout petit a d’exprimer sa faim, sa soif, qu’on lui manque, qu’il est mouillé, qu’il a mal… Mais lorsque notre adorable poupon, piquant une colère, devient bleu, que plus aucun son ne sort de sa bouche, voire qu’il perd connaissance…c’est notre cœur à nous qui s’arrête.

par Florence Pescher

C’est spectaculaire, très stressant (pour les parents) mais pas de panique, ce n’est pas grave, même assez bénin. Ce sont juste des spasmes du sanglot. Livret Santé vous rassure et vous dit tout sur cette capacité qu’ont nos bébés à couper leur respiration…

Le spasme du sanglot est une forme fréquente de syncope chez le bébé qui intervient généralement entre 6 mois et 3 ans.

Le spasme du sanglot touche environ 4 à 5% des enfants et ne provoque en général aucune conséquence grave. La crise est due à une contrariété du bébé, soit qu’il veut obtenir quelque chose qu’on lui refuse, soit qu’on le réprimande… Pour écarter toute raison de s’inquiéter, il ne faut pas hésiter à consulter son pédiatre dès les premiers signes. Après avoir examiné votre enfant et vérifié que les syncopes ne sont pas dues à une anomalie cardiaque ou à de l’épilepsie, vous serez rassurés et pourrez commencer à gérer cette phase avec plus de sérénité.

Une fois les causes physiologiques écartées, il faut vous rendre à l’évidence : votre petit chou, celui qui hier encore gigotait dans votre ventre et n’attendait que vos bras ou le lait maternel exprime désormais son bon vouloir et sa personnalité ! Eh oui, et le «chantage affectif» qui s’installe entre bébé et vous ou bébé et son papa témoigne de l’intelligence du petit qui a compris qu’ainsi, il peut obtenir tout ce qu’il veut.
En général donc, vous l’aurez compris, le spasme est très souvent pratiqué par bébé avec une personne en particulier qu’il a assimilée comme plus faible… en tous cas moins résistante à ses caprices.

Il existe deux formes de spasmes du sanglot : la forme bleue, dite asphyxique, est la plus courante, elle représente 70% des cas. Votre bébé, pique une colère, il se met à pleurer, à hurler et commence à changer de couleur. Son visage passe du rouge au bleue violacé, la bouche s’ouvre mais plus aucun son n’en sort, il ne reprend plus son souffle, il est en apnée. C’est la «pâmoison», très jolie en littérature, pas du tout sympathique quand il s’agit de votre progéniture.
Au pire des cas, le bébé se provoque une syncope et une perte de connaissance sans gravité. Et là, vous devenez bleu vous aussi mais de peur ! NE VOUS AFFOLEZ PAS ! C’est impressionnant mais après quelques secondes qui vous paraîtront une éternité, votre enfant reprendra sa respiration et sa conscience sans aucune intervention, il recommencera alors à jouer comme si de rien n’était.

La réaction légitime des parents devant le spasme de leur enfant est bien sûr une immense panique qui se termine très souvent aux urgences. Puis, la peur jouant bien son rôle, ils n’osent plus contrarier bébé de peur qu’il recommence…car il recommence le petit malin ! Et voilà bien la seule conséquence grave…
En matière d’éducation, le danger à craindre est que si cette phase s’installe dans la relation, l’enfant en jouera de plus en plus, le risque de créer une tyrannie de l’enfant sur ses parents deviendra bien réel. En n’apprenant pas à votre enfant la frustration, vous ne le préparerez pas à des relations sociales épanouissantes, car le petit ne comprendra pas qu’on lui refuse quelque chose… Or nous le savons bien, on ne peut jamais obtenir tout ce que l’on veut.

Il n’y a aucun traitement à proprement parler. La seule façon de régler le problème est d’adopter une attitude calme et une indifférence qui coupera court à au chantage de Monsieur Bébé. Veillez à ce que le bébé dorme bien, qu’il vive dans une ambiance calme et donnez l’exemple en évitant de piquer des colères devant lui. Ne faites pas de différence entre vos enfants, ne surprotégez pas votre bébé, cela produira l’effet inverse de ce que vous désirez. Même si, encore une fois, les symptômes sont extrêmement impressionnants, le seul moyen d’y remédier consiste à ne pas tomber dans une spirale infernale.

Dans la deuxième forme des spasmes du sanglot, appelée forme pâle ou ischémique, l’enfant ne crie pas mais devient tout pâle et perd connaissance, c’est une syncope. Cela est dû à la sollicitation excessive du nerf vagal (responsable du malaise ou évanouissement, chez l’adulte).

Si votre bébé présente des spasmes du sanglot, il convient, nous ne dirons pas assez, de ne pas s’inquiéter…
restez calme, allongez votre enfant au sol ou de manière à ce qu’il ne puisse pas se blesser en tombant.
Car si la syncope n’est pas dangereuse, la chute qu’elle provoque peut évidemment entraîner des blessures.
En général les spasmes du sanglot disparaissent après 5 ans, mais si la phase perdure, les conséquences relationnelles et éducatives seront d’autant plus importantes.
Au moment de la crise, vous pouvez tamponner son visage avec de l’eau fraîche, lui parler doucement, l’aérer… mais le plus efficace des remèdes, une fois que vous vous êtes assurés que l’enfant ne pourra pas se faire mal en tombant, est de feindre l’ignorance. C’est dur certes, mais radical !