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Des vaccins pas si facultatifs que ça

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Des vaccins pas si facultatifs que ça

La rougeole, la rubéole, les oreillons, la polio, le tétanos, la diphtérie… On les connaît bien et on sait qu’il est indispensable de faire vacciner nos bambins contre eux. D’ailleurs, ils sont inclus dans le calendrier national de vaccination et on ne plaisante pas avec.

par Hajer Missaoui

Seulement voilà, le pédiatre vient de vous parler d’un vaccin en vous disant qu’il n’est pas obligatoire mais qu’il est préférable de le faire. Excès de prudence ou réelle nécessité ? On vous explique.

Le rotavirus

Qui est-il ?

C’est une famille de virus dont le nom vient de leur aspect en forme de roue. Ils sont considérés comme les premiers responsables de gastro-entérites chez les nourrissons et les jeunes enfants.

Comment se transmet-il ?

Il se transmet par voie oro-fécale, c’est-à-dire par ingestion du virus par une personne saine à partir d’aliments ou d’objets contaminés par le virus éliminé dans les selles d’un individu infecté et qui se retrouve sur ses mains. Un enfant peut donc être atteint juste parce qu’il a touché le jouet d’un autre enfant malade. Les collectivités (crèches, garderies, jardins d’enfants ou encore hôpitaux) sont les principaux lieux qui favorisent la contamination en raison de la présence de beaucoup d’objets en contact avec les enfants, mais aussi à cause des personnes qui s’occupent d’eux car leurs mains sont d’excellents vecteurs du virus.

Les affections à rotavirus sont observées tout au long de l’année mais elles ont tendance à prendre de l’ampleur pendant la saison froide, notamment entre les mois de novembre et mai.

Qui touche-t-il ?

Sa population de prédilection, ce sont les enfants de six à vingt quatre mois. On estime que 95% des enfants de cinq ans l’ont contracté au moins une fois. Au delà de cet âge, il ne constitue plus un danger et l’affection peut même passer inaperçue.

Où réside le danger ?

C’est un virus qui est très contagieux car très résistant. Il peut survivre jusqu’à dix jours dans un environnement même en apparence propre et n’est pas détruit par les détergents classiques. De plus, la charge virale nécessaire pour développer une affection est faible ce qui rend la contamination très facile et lui donne un caractère épidémique.

Le principal risque d’une gastro-entérite à rotavirus réside dans la déshydratation qu’elle occasionne. Elle est rapide et sévère. Celle-ci peut survenir en quelques heures seulement chez le nourrisson et entraîner même une hospitalisation.

Comment prévenir ?

Actuellement, il n’existe toujours pas de traitement spécifique contre le rotavirus. C’est pour cela que la prévention reste le meilleur atout.

Sa grande résistance et sa contagiosité font que les mesures d’hygiène rigoureuses restent insuffisantes pour protéger les jeunes enfants plus exposés aux formes graves. La vaccination est à ce jour le meilleur atout contre le rotavirus.

Celle-ci peut être faite à partir de l’âge de six semaines, bien que généralement on l’administre à deux mois, avec une dose de rappel quatre semaines plus tard. Il est préférable de l’administrer avant que le nourrisson atteigne les seize semaines, et le protocole d’immunisation doit être terminé avant l’âge de six mois.

Les vaccins utilisés sont administrés par voie orale et peuvent être donnés en même temps que d’autres vaccins.

80% des gastroentérites virales sont dues à un virus de la famille des rotavirus

Le pneumocoque

D’une façon plus générale, les maladies pneumococciques sont la cause majeure de mortalité infantile dans le monde

Qui est-il ?

Les scientifiques l’appellent streptococcus pneumoniae et le définissent en sérotypes. Il s’agit d’une bactérie strictement humaine, en forme de fer de lance, responsable de nombreuses maladies infectieuses de la sphère ORL, dont les plus graves sont la pneumonie franche lombaire aiguë, la bronchite, la méningite et la septicémie.

Comment se transmet-il ?

Le pneumocoque se transmet par voie aérienne. Il passe du nez et de la gorge d’une personne malade à une autre saine par le biais des baisers, de la toux ou encore des éternuements. Mais il peut aussi se déposer sur des objets d’utilisation commune via la salive comme les tasses, les bouteilles d’eau, les brosses à dents ou les pailles.

Les endroits confinés et la promiscuité, comme les communautés infantiles, favorisent sa propagation.

Qui touche-t-il ?

Les plus exposés sont les enfants en bas âge et particulièrement ceux de moins de deux ans.

Où réside le danger ?

Le pneumocoque provoque surtout chez les enfants en bas âge des pathologies graves qui, si elles ne provoquent pas la mort, peuvent laisser des séquelles irréversibles.
On estime que le pneumocoque est la première cause de méningite chez l’enfant âgé de moins de deux ans. Environ 10% de ses affections sont mortelles et près d’un enfant sur trois présentera par sa faute des séquelles lourdes et invalidantes telles qu’un retard mental, une surdité, une épilepsie ou des paralysies. Il est également considéré comme le premier responsable de surdité acquise de l’enfant. D’une façon plus générale, les maladies pneumococciques sont la cause majeure de mortalité infantile dans le monde. Mais en plus de la gravité des affections qui lui sont reprochées, cette bactérie pose de grands problèmes quant à son traitement car elle présente de plus en plus de résistance non seulement vis à vis de la pénicilline, mais aussi d’autres antibiotiques.

Comment prévenir ?

En plus des mesures d’hygiène classiques et de l’isolement temporaire des personnes atteintes des communautés pour éviter la propagation du germe, la vaccination est importante car elle permet de réduire efficacement le risque d’affection.

Le vaccin proposé sur le marché pharmaceutique protège contre sept des sérotypes connus du pneumocoque. Il s’agit des plus fréquemment rencontrés. Afin de tenir compte de l’évolution épidémiologique et des modifications que subit ce germe, un nouveau vaccin, commercialisé depuis peu en Europe et qui arrivera bientôt en Tunisie, contient en plus six nouvelles valences qui permettront une couverture vaccinale totale de 78,9% au lieu de 64% pour le vaccin heptavalent.

Le vaccin, destiné à la voie intra musculaire, peut être administré à partir de l’âge de deux mois avec un rappel les deux mois suivant la première injection, puis un an plus tard.

En Tunisie, 32,3% des méningites bactériennes hospitalisées entre 2000-2008 sont dues au S.pneumoniae.

Haemophilus influenzae b

Qui est-il ?

C’est une bactérie hémophile qui provoque différentes pathologies de la sphère ORL. Elle ne provoque pas de pathologie spécifique, ce qui rend son dépistage difficile. Elle est notamment incriminée dans les otites, la méningite et la pneumonie. Mais elle peut aussi être responsable d’une inflammation des articulations qu’on connaît sous le nom d’arthrite aiguë suppurée ou d’une épiglottite, ou carrément d’une septicémie. Ces affections, bien que plus rares, sont très dangereuses car leur évolution peut être fatale si elles ne sont pas prises en charge rapidement.

Comment se transmet-il ?

L’haemophilus influenzae se transmet par voie aérienne dans les gouttelettes et les sécrétions du nez et de la gorge des personnes malades.

Tout comme les autres germes dont nous avons parlé, la promiscuité et la vie communautaire favorisent sa propagation.

Qui touche-t-il ?

Les enfants de moins de cinq ans et plus particulièrement entre deux mois et trois ans.

Où réside le danger ?

C’est le deuxième germe incriminé dans les méningites bactériennes après le pneumocoque. Son rôle dans les pneumonies est probablement tout aussi important. Mais, malheureusement, il n’est pas facilement dépisté donc on ne sait pas exactement quelle est l’ampleur de son implication dans les pathologies de la sphère ORL d’une façon générale. En effet, devant l’urgence du traitement pour sauver les enfants atteints, l’antibiothérapie est démarrée à l’aveuglette ce qui empêche son dépistage. Les affections qu’il provoque mettent rapidement en danger l’enfant atteint d’où l’urgence de la prise en charge. De plus, l’haemophilus influenzae peut être présent chez les personnes saines qui ont été en contact avec lui dans leur enfance et qui ont développé une immunité. Ils peuvent donc inconsciemment le transmettre.

Comment prévenir ?

La vaccination permet de protéger efficacement contre ce germe.

Le vaccin, administrable par voie intramusculaire, peut être administré dès l’âge de deux mois avec deux rappels.

On peut le trouver seul ou en association avec d’autres valences protégeant contre d’autres pathologies comme la diphtérie, le tétanos et la coqueluche.

En Tunisie, 20,4% des méningites bactériennes de l’enfant sont dues à l’H. influenzae.