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3 questions à … Kais Ben Mrad: La solidarité fait son festival

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3 questions à …   Kais Ben Mrad: La solidarité fait son festival

Dirigé par un homme de coeur, le Festival de Boukornine s’est distingué comme chaque année en programmant, sous la houlette de Kais Ben Mrad, de nombreuses soirées caritatives. Rencontre avec un homme unanimement apprécié, tant par sa grandeur d’âme que, pour son professionnalisme, chose assez rare dans le domaine impitoyable du journalisme et du spectacle.

par Rym Benarous

Vous êtes directeur du Festival de Boukornine depuis 2002. Pourquoi ce choix d’en faire un festival au grand coeur ?

Tendre la main à ceux qui en ont besoin est un devoir. Le festival de Boukornine est certes, un lieu à vocation culturelle mais, cet espace sert aussi à soutenir des causes. Cela fait déjà quelques années que nous avons l’habitude de diffuser, avant les spectacles, des spots de sensibilisation, notamment pour la lutte contre le sida. C’est l’occasion d’interpeller les jeunes réunis dans une ambiance décontractée sur les fléaux qui les guettent. De plus, nous invitons régulièrement des jeunes issus de familles modestes ou encore les pensionnaires de maisons de retraite de la région, afin qu’ils assistent aux spectacles et prennent du bon temps, eux pour qui le quotidien n’est pas toujours rose.

Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi les spectacles au profit des associations… Un défi ?

Cette année, nous en avons organisé trois. Raouf Ben Yaghlane et Jaâfer Guesmi, deux comédiens de talent au grand coeur, ont présenté leurs one-man shows, respectivement au profit de l’association « ATSF Yessrine » et des enfants de la lune. Mais, Awatef Attia a incontestablement marqué le public avec « Tarabyet El Amal », au profit de l’association ATAMCS de lutte contre le cancer du sein. Cette femme sensible, avec une voix magnifique, a traversé de dures épreuves et cette soirée signifiait beaucoup pour elle. Ce soir-là, elle a courageusement relevé le défi et a fait vibrer son public d’émotion. De plus, elle est Hammam-Lifoise, c’est donc doublement de notre devoir de la soutenir.

Quelle émotion quand vous parlez d’Hammam-Lif et du Festival de Boukornine ! Amoureux de votre ville ?

Je ressens beaucoup d’affection pour ma ville. Tout individu devrait avoir le sens de l’appartenance. Comme on aime sa famille, on doit aimer sa ville et son pays d’un amour franc et sincère. Concernant le Festival de Boukornine, une longue histoire d’amour nous unit. J’y évolue depuis trente ans déjà ! D’abord avec de petits boulots d’étudiants, collage d’affiches, propagande,… jusqu’à en devenir, en 2002, le directeur, un véritable honneur.
C’est un peu ma deuxième famille et j’essaie d’y appliquer mes valeurs de vie, à savoir le partage, la générosité, la solidarité et le don de soi. Malheureusement, le festival vit d’innombrables difficultés financières dues notamment au manque de subventions et à la limitation de la capacité d’accueil, fixée à 2200 places. Pourtant, à sa création, il était classé deuxième à l’échelle nationale, après celui de Carthage. Tout ce que j’espère, c’est qu’il puisse retrouver un jour sa splendeur d’antan.