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Alerte enlèvement Sarra, un mois, kidnappée en plein jour à l’hôpital Bab

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Alerte enlèvement Sarra, un mois, kidnappée en plein jour à l’hôpital Bab

Le 26 juillet 2010, le frère de Sarra crie de douleur. Il a très mal à la tête. Sa maman, encore ‘‘nefsa’’, décide de l’emmener aux urgences.

par Rym Benarous

Un scénario cauchemardesque

Seul bémol, elle n’a personne pour garder son nourrisson, Sarra. Bon gré mal gré, elle la couvre d’un drap et l’emmène avec elle à l’hôpital d’enfants à Bab Saâdoun et se fait accompagner par sa nièce, âgée de 10 ans, Marwa. Arrivée à l’hôpital, elle reste un moment dans la salle d’attente des urgences avant que le médecin n’examine son fils et ne décide de le garder pour la nuit. La maman doit faire admettre son fils au troisième étage mais l’agent de sécurité interdit l’accès au nourrisson. Ce qui est tout à fait logique. Dans l’impossibilité de, la mère désespérée laisse sa fillette dans les bras de sa nièce et lui recommande de ne pas la lâcher mais c’était sans compter sur la ruse et de la dame au « jelbeb » noir et au foulard marron qui a suivi toute la scène dès le début. Elle s’absente quelques instants puis vient vers Marwa et lui dit que sa tante lui demande d’aller acheter pour son fils. Marwa, dans sa naïveté de petite fille, la croit sur parole et part chercher les yaourts demandés. De retour, elle ne trouve ni la femme criminelle, ni sa cousine. Il est à noter que la dame était accompagnée d’un monsieur ce jour là.

Les langues se sont déliées… un peu trop tard

Comment qualifier un acte à la fois perfide, cruel et barbare ? Comment trouver des mots pour consoler des parents dont la douleur est fulgurante, impitoyable, perçante ? Pour la première fois, je peine à remplir ma page. Un bébé d’un mois à peine enlevé à l’hôpital d’enfants de Bab Saâdoun. Aujourd’hui, personne ne sait où se trouve ce petit ange. Sarra a été lâchement arrachée aux bras affectueux de sa maman et à ceux protecteurs de son papa, avec la cruauté dont seul un monstre peut faire preuve. Les raisons… Trafic d’organes ? Personne dérangée mentalement ? Femme dans l’impossibilité de procréer ? Les scénarios les plus fous et les plus rocambolesques sont possibles. Malheureusement !

Cette affaire a pris en quelques jours beaucoup d’ampleur. Trop d’encre a déjà coulé, un peu trop peut-être, un peu tard aussi. Entre le moment des faits et l’annonce de la nouvelle, de nombreux jours sont passés. De précieux jours, aux dires des spécialistes. Et depuis, on a droit aux rumeurs les plus folles. On a retrouvé la petite à Mhammedia, ou encore à l’aéroport, etc. Les langues se déchaînent et ça n’en finit plus.

 

Le lundi 30 août est la journée internationale des personnes disparues. Une sincère pensée pour tous les parents à qui l’on a kidnappé un fils ou une fille. Courage, notre coeur est avec vous !

Un kidnapping qui aurait pu être évité ?

Mais la question que tout le monde se pose reste : ce kidnapping aurait-il pu être évité ? Et à tous de s’étonner à l’unisson : comment se fait-il qu’en 2010, les hôpitaux et autres structures publiques, ne soient pas encore équipés de caméras de surveillance ? Autre question troublante : pourquoi n’avons-nous toujours pas un dispositif d’alerte enlèvement en Tunisie ? Autant de questions qui méritent d’être posées. Cette méthode a déjà prouvé son efficacité dans de nombreux pays et notamment la France où de nombreux enfants ont rapidement été retrouvés, le jour même des fois. Les médias qui relayent à longueur de journée l’information de l’enlèvement, la description du disparu et celle de son ravisseur mettent en doute le kidnappeur, l’affolent et lui mettent la pression.

Assurer l’accueil des mamans à l’hôpital

Mais avant tout, il est devenu urgent de penser à aménager une salle au sein de l’hôpital qui accueillerait les enfants accompagnant leurs parents et qui ne peuvent pas entrer dans les différents blocs à cause de leurs jeunes âges. Une éducatrice et une puéricultrice y veilleraient sur eux. Zeïneb Chemkhi, directrice de l’hôpital de Bab Saâdoun, nous a assuré lors d’un entretien, que de nombreuses propositions sont actuellement au stade d’étude et feront l’objet d’une prochaine réunion entre elle et Mondher Zenaidi, ministre de la Santé publique, en espérant que l’action de celui-ci ne s’arrête pas, cette fois-ci, à de vaines promesses.

En dernier, nous joignons notre voix à celle de tous ceux qui compatissent avec la douleur de la famille de la petite disparue et nous espérons du fond du coeur que Sarroura retrouve très bientôt la douce quiétude de son foyer familial.

Séquence émotion : la maman de Sarra témoigne

 » Ena mahrouqa ala benti !  »

« Je suis écorchée vive, le souvenir de ma fille me torture et son visage me hante», crie de douleur Aziza, cette mère au regard hagard et aux paroles confuses. J’ai tellement peiné pour l’avoir ce bébé et tellement souffert pendant ma grossesse que sa naissance a été une double délivrance pour moi. Et voilà qu’un mois à peine après mon accouchement, une femme, sans coeur ni pitié, me vole mon enfant. C’est insoutenable ! Depuis ce jour de malheur, nous vivons un véritable cauchemar. Si ma fille était morte, peut être que ma souffrance aurait été moins vive mais le fait de la savoir livrée à ellemême sans défense aux mains d’une femme criminelle me rend malade. Malgré tout, je garde espoir. Je ne veux pas croire que je ne reverrai jamais ma fille. Non, je ne peux pas le croire. »

Un faux portrait robot

Attention ! Ce faux portrait robot circule un peu partout sur le net. La mère Aziza et Marwa nous ont catégoriquement affirmé que la dame en question ne ressemblait en aucun cas à la femme du portrait.