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Ali Boumnijel: « La thalasso à la vie, à l’amour »

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Ali Boumnijel: « La thalasso à la vie, à l’amour »

Bizarrement, ce n’est pas un ballon au pied, ni même sur la pelouse d’un stade que j’ai rencontré Ali Boumnijel, ancien gardien de but de l’équipe nationale tunisienne. C’est plutôt en costard cravate, à Hammamet, lors d’un Congrès international sur le thermalisme. Insolite ? Pas vraiment. Explications avec l’un des Aigles les plus sympas et les plus mimis.

par Rym Benarous

Vous rencontrer dans un séminaire sur le thermalisme est assez inattendu…

J’assiste à ce congrès en tant que manager de centres de thalassothérapie. J’ai toujours été attiré par ce secteur, depuis que j’étais joueur. Tout ce qui touche au bien-être m’intéresse. Et c’est donc tout naturellement que ma reconversion professionnelle s’est faite dans ce domaine, lorsque j’ai arrêté ma carrière internationale de gardien de but.

En quoi le thermalisme est-il bénéfique pour le footballeur ?

Il faut savoir qu’un joueur professionnel est dans l’obligation de faire au moins deux cures thermales par an.
Une première en début de saison, pour la préparation physique et pour pouvoir être performant dès les premiers matchs. Puis en janvier, à l’intersaison, une deuxième cure s’impose pour la récupération et pour pouvoir terminer la saison en bonne condition physique. Ces soins permettent aussi de prévenir le risque de blessures. La culture du bien-être fait partie intégrante du métier d’athlète vu qu’il est amené à être tout le temps performant et à pousser la machine dans ses derniers retranchements. Le corps doit pouvoir se régénérer très rapidement et quoi de mieux qu’une cure thalasso avec spa, piscine, hammam et massage ?

Est-ce aisé de devenir footballeur professionnel ?

Une carrière professionnelle nécessite énormément d’efforts et d’endurance. Le fait d’être tout le temps sollicité moralement et physiquement, et d’être performant malgré tout, nécessite des efforts quotidiens, répétés et poussés à l’extrême. Un footballeur professionnel ne doit pas se contenter de faire de son mieux. Il doit être le meilleur.

Qu’est ce que cela implique ?

Une hygiène de vie saine, des heures de sommeil à respecter, et une alimentation équilibrée. Après les matchs, il faut prendre le temps de bien récupérer. La vie du footballeur ne se résume pas aux matchs qu’il dispute sur le terrain. Le plus gros du travail se fait dans les coulisses. Si le joueur arrive à courir pendant 90 minutes et qu’il peut dépenser autant d’énergie, c’est qu’il a mis des jours et des semaines à s’entraîner, et à préparer son corps à l’effort.

Vous avez arrêté votre carrière de gardien de but assez tard. Quel est votre secret ?

J’ai toujours été très rigoureux quant à mon hygiène de vie. En plus de la thalasso, je faisais très attention à bien me faire masser afin de prévenir les blessures. Il y a aussi la musculation qui m’a aussi permis de rester en forme et d’aller aussi loin dans ma carrière. Enfin, et surtout, j’aime mon métier. C’est pourquoi j’ai travaillé sans relâche. Je suis un fonceur qui ne lâche rien.

Et maintenant que vous avez rangé vos crampons ?

Je ne les ai pas vraiment rangés.
Même si aujourd’hui je ne joue plus, ma carrière footballistique ne s’est pas pour autant arrêtée. L’année dernière, j’ai entraîné les juniors de l’équipe nationale. J’ai aussi intégré l’équipe nationale senior pendant la dernière coupe d’Afrique, et j’ai l’espoir de prendre bientôt une autre équipe en charge. Je fais attention à ma santé et à mon hygiène de vie. Je continue de courir, de pratiquer du sport. Je suis convaincu que celui qui est bien dans son corps ne peut être que bien dans sa tête et vice versa.

Vous êtes respecté par tous les supporters tunisiens, toutes équipes confondues. Comment est-ce possible ?

Les tunisiens m’ont d’abord connu en tant que gardien de but de l’équipe nationale. Lorsque j’ai été sélectionné pour porter le maillot tunisien, je jouais à l’époque dans un club français. Puis lorsque j’ai rejoint le Club Africain, je suis resté moi-même. Jamais de provocation envers mes adversaires ou leurs supporters. Au contraire, beaucoup de respect de part et d’autre. Finalement, le football n’est qu’un jeu, avec des victoires et des défaites. C’est grâce à mon attitude fair-play que j’ai pu gagner le respect des supporters des autres équipes.

Que pensez-vous de cette recrudescence de violence dans les stades ?

La violence dans et en dehors des stades n’est pas l’image qu’on veut véhiculer du football tunisien. Le sport est synonyme de vitalité, de santé, et surtout de fair-play. Ce qui est en train de se passer, est un peu la faute de tous : responsables, équipes, medias, supporters, etc. Afin d’éviter cette escalade dans la violence, il faudrait peut être revoir tout le système et prendre des mesures radicales pour éradiquer ce fléau. On pourrait commencer par installer des caméras un peu partout dans les stades pour repérer les éléments perturbateurs, et les interdire de stade. L’accès à ces espaces serait ainsi restreint à ceux qui viennent pour la passion du jeu et du football.