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Allo docteur, faut-t-il se méfier de la cigarette électronique ?

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Allo docteur, faut-t-il se méfier de la cigarette électronique ?

Effet de mode ou véritable révolution ? La cigarette électronique semble être la vraie solution pour arrêter de fumer. Ni patches, ni chewing-gums à la nicotine ne semblent satisfaire car souvent, l’essentiel est aussi dans la gestuelle.

par Chiraz Bouzaeien

Renoncer au tabac, c’est bien évidemment un enjeu de santé publique.

Placée bien loin devant l’alcoolisme, la consommation de tabac est la première cause de décès évitables dans le monde. Les chiffres de l’OMS à ce sujet sont éloquents.
Le tabac, qui a fait 100 millions de morts au XXème siècle, pourrait en faire 1 milliard au XXIème siècle. Chaque seconde une personne meurt suite à un infarctus, un accident vasculaire cérébral, un cancer, une pneumopathie ou à une maladie liée au tabac,  soit  6 millions de personnes par an. Si le niveau du tabagisme persiste, ce sera 10 millions de morts par an, à partir de 2020.

Il faut y ajouter les 600 000 personnes qui décèderont chaque année – dont plus d’un quart d’enfants – à cause du tabagisme passif. 
Véritable cocktail explosif, la cigarette contient plus de 2500 composants chimiques. Sa fumée dissémine 4000 mille substances toxiques. 60 au moins de ces substances– dont le monoxyde de carbone et les particules fines- sont reconnues cancérigènes et jouent un rôle important dans la survenue d’une insuffisance respiratoire.

Certains médecins voient dans l’e-cigarette une alternative crédible au tabac.

C’est le cas du Dr. Fares Milli, pneumologue, allergologue, spécialiste du servage tabagique

«  Si l’on devait comparer les dangers découlant de la cigarette normale à ceux de la cigarette électronique, on pourrait d’ores déjà dire que les trois grandes nuisances du tabac n’existent pas dans la cigarette électronique. Parmi les centaines de composants nocifs de la cigarette normale, le plus dangereux est la concentration du CO, facteur délétère pour le cœur et les vaisseaux. Cette substance n’existe pas dans la cigarette électronique » souligne-t-il. Selon les études dont nous disposons, la démarche du consommateur consiste à adopter la cigarette électronique comme un substitut nicotinique et un moyen de sevrage.

Le premier angle à adopter pour parler de l’e-cigarette est donc celui de l’addiction. Donc on ne peut en parler qu’en comparant sa nocivité par rapport à celle de la cigarette normale.

Le second volet est celui de son utilité pour les tabagiques. Vapote-t-il pour garder un comportement de fumeur avec un produit moins nocif ?

Le troisième volet est sa place dans la société en tant que produit qui, utilisé par des « addicted », pourrait être détourné de sa fonction.

Pousse-t-il à fumer plus ? Incite-t-il les jeunes à une initiation au tabagisme ?

Deuxième grand danger de la cigarette normale, une cinquantaine de substances cancérogènes, dont plus de dix classées de niveau A. Elles sont la cause d’une carcinogénèse dès les premières cigarettes fumées. Ces substances n’existent dans le « e-liquide » qu’à l’état de traces au même titre que celles qui se trouvent dans l’air ambiant que nous respirons.

Troisième grand danger de la cigarette normale, les nombreuses substances irritantes et inflammatoires.
Leur présence est infime dans l’e-liquide.

Selon le Dr. Ilyes Mohamed Salah Hassine, pneumologue, tabacologue, la cigarette est composée de nicotine, formaldéhyde, glycérine, propylène glycol qui sont des composantes cancérigène si elles sont présentes à fortes doses.
Ce qui n’est pas le cas dans la cigarette électronique, donc elles ne posent aucun risque pour le vapoteur. « Nous ne possédons pas un recul suffisant pour affirmer avec certitude l’innocuité totale de la cigarette électronique. Des études à long terme sont en cours. Cependant, nous pouvons dire qu’à partir du moment où le e-liquide peut contenir de la nicotine, même à très faible teneur, la cigarette électronique n’est pas un produit totalement inoffensif. C’est pour cela qu’il faut ne jamais la laisser à la portée des enfants. Son utilisation est réservée aux personnes majeures, et fortement déconseillée aux femmes enceintes, aux non-fumeurs et aux personnes allergiques aux produits composant l’e-liquide. Du fait de son existence relativement courte, les études sur les conséquences de l’utilisation de l’e-cigarette ne concernent que le court et le moyen terme.

Sur ces deux termes, à ce jour, on ne relève aucune nuisance précoce aussi bien sur le plan respiratoire que cardio-vasculaire.

La problématique se pose, sur le long terme, pour lequel nous n’avons pas encore assez de recul.

Quoi qu’il en soit, même s’il persiste des incertitudes, celles-ci sont peu de choses par rapport à la certitude qu’un fumeur sur deux meurt de la cigarette normale.

A quel prix l’e-cigarette ?

En Tunisie, le prix varie entre 80 dt et 180 dt, cependant, la réglementation concernant la commercialisation de ce produit est en train d’être débattue pour fixer les modalités d’exportation et de contrôle.

Rached Kobrosly, président du groupement des professionnels de la cigarette électronique a déclaré que pour mieux protéger les intérêts des consommateurs et des professionnels, ils ont créé  un label GPCE qui est un contrat de confiance entre les deux. « Nous proposons de dispenser des formations aux vendeurs afin de les faire passer du statut de simples vendeurs à assistants-conseillers des clients. Nous allons également lancer des campagnes de sensibilisation des consommateurs pour les informer des risques de la contrefaçon et des produits issus de la contrebande. Il est prévu de créer un laboratoire tunisien accrédité par l’Etat pour le contrôle des normes des produits importés qui composent l’e-cigarette : conformité des éléments électroniques, vérification des liquides, étiquetages…