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Atchoum ! C’est le printemps

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Atchoum ! C’est le printemps

Il fait beau, tout le monde est zen, chapeau, lunettes, fleur à la boutonnière… Les journées ensoleillées et le doux parfum du printemps sont agréables…
Mais pour vous, le printemps est plutôt synonyme de réserve de mouchoirs et d’éternuements. Vous avez l’impression d’enchaîner rhume sur rhume ? Peut-être pas. Il peut s’agir de la fameuse rhinite allergique. Qu’est-ce exactement ? Quelles en sont les causes ? Comment vivre au quotidien avec cette allergie ? Eléments de réponse.

par Malek Kadri

Pas moins d’un Tunisien sur dix souffre d’allergie et la plupart du temps elle est respiratoire ; en effet,  la majorité des gens sont atteints de rhinite allergique.

Elle concerne chaque année de plus en plus de personnes, fait confirmé par l’OMS qui estime qu’en 2050, la moitié de la population mondiale sera allergique.

Causes : on cherche toujours ….

La rhinite allergique est saisonnière surtout au printemps et parfois persistante sur toute l’année.

Elle est causée par une réaction exagérée du système immunitaire envers une substance étrangère au corps, elle peut débuter à tout âge, elle ne touche  pas seulement les adultes mais également les enfants, avec une prédominance chez les adolescents de sexe masculin.

Les  ennemis potentiels sont nombreux et peuvent se loger partout : dans nos intérieurs, nos jardins, nos  chambres,  particulièrement dans la literie, véritable refuge pour  les acariens, les poils d’animaux,  les pollens,  la poussière domestique,  les moisissures …

Reconnaître les symptômes 

Les médecins estiment que 50 % des allergiques respiratoires non diagnostiqués attendent approximativement cinq ans avant de consulter un médecin. 

Il est donc nécessaire de connaître les symptômes afin d’éviter les complications. La rhinite allergique se  manifeste en général avec le picotement des yeux, un écoulement nasal et une gêne au niveau de la gorge. Si vous ressentez tous ces signes, il est temps de consulter un médecin.

L’allergie peut-elle être grave ? 

Oui, la rhinite allergique peut engendrer de sérieuses complications. En effet, notre attitude entre négligence et fatalisme envers ce « gros rhume », est le chemin le plus court vers le stade sévère.

Comme toute autre pathologie  qui peut sembler banale, la rhinite risque de s’aggraver pour se transformer en une forme sévère si elle n’est pas correctement traitée.

Actuellement, on estime à  20 % des allergiques respiratoires qui souffrent de complications plus graves telles que  l’asthme.

Cependant, ne vous inquiétez pas. La rhinite n’est pas une fatalité, des traitements existent.

Bouleversement dans la vie familiale et professionnelle

La rhinite allergique peut nuire à la qualité de vie, être source d’absentéisme  scolaire et professionnel et augmenter la fréquence des infections (sinusites, otites..) surtout dans forme sévère où elle peut se transformer  en asthme (pathologie des voies respiratoires) ou en polypose nasale qui se manifeste par la perte de l’odorat.  La rhinite allergique, dans sa forme sévère,  entraîne également fréquemment des troubles du sommeil ainsi que des troubles de l’érection. C’est pourquoi, il est important de traiter sérieusement la rhinite allergique dès son apparition.

Des traitements efficaces existent

Face à l’allergie,  la meilleure des solutions reste un diagnostic précoce et une prise en charge dès les premiers symptômes. Plusieurs traitements existent et sont d’autant plus efficaces lorsqu’ils sont débutés tôt. Cependant, en complément du traitement, il est primordial  que l’environnement d’une personne souffrant de cette pathologie soit le plus approprié : aération des lieux de vie, nettoyage en profondeur, etc. 

L’avis du spécialiste Helmi Attia docteur en médecine

Chaque étude se base sur le jugement clinique d’un médecin pour déterminer l’incidence d’asthme, de rhinite allergique ou d’allergie alimentaire.

Pour savoir quel « ennemi » (agent allergène) vous a touché, votre médecin commence par vous interroger minutieusement pour établir la liste des allergènes susceptibles d’être responsables de cette allergie pour passer ensuite au test cutané (faisable a tout âge, y compris chez les nourrissons) et/ou un dosage sanguin de certaines protéines appelées « IgE spécifiques » permettant de dépister l’antigène responsable du déclenchement de  l’allergie.

Différentes méthodes thérapeutiques existent pour atténuer cette symptomatologie et surtout améliorer la qualité de vie des patients :

-le rinçage des voies nasales

-les antihistaminiques (bloquent l’histamine, une substance qui provoque les symptômes d’allergie comme l’éternuement et l’écoulement nasal)

-les décongestionnants (diminuent l’enflure du tissu nasal)

-les corticostéroïdes nasaux (administrés directement dans le nez à l’aide d’un vaporisateur surtout en cas de rhinite persistante) et parfois oraux

-les antidégranulants (cromoglycate sodique)  empêchent la libération d’histamine et d’autres éléments responsables des réactions allergiques

-les antileucotriènes (bloquent l’effet de leucotriènes qui sont produits par le système immunitaire en cas de réaction allergique et donc responsables de l’apparition des symptômes)

Si ces traitements médicaux ne s’avèrent pas efficaces, la meilleure méthode thérapeutique reste la désensibilisation qui consiste à injecter sur une période de 3 à 5 ans des doses croissantes de la substance allergène.

Rarement, et en cas d’anomalies anatomiques des fosses nasales, on peut avoir recours à la chirurgie uniquement dans le but d’améliorer la respiration et non pour empêcher l’accès de l’allergène au corps.

Et parce que mieux vaut prévenir que guérir il est conseillé :

-d’aérer et de nettoyer régulièrement les chambres et le linge

-d’éviter les matériaux et textiles synthétiques (moquette, peluche, tapis.)

-d’éviter d’avoir des animaux domestiques

-de porter des masques en cas de jardinage

-d’utiliser des housses et des oreillers anti-acariens

-d’éviter au maximum le tabac et le tabagisme passif.