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Nos athlètes paralympiques, notre fierté

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Nos athlètes  paralympiques, notre fierté

Ils sont jeunes … Ils sont ambitieux … Leur ambition a pu dépasser les limites de leur handicap pour faire d’eux des champions et faire flotter notre cher drapeau tunisien 19 fois dans le ciel de Londres. Ils étaient 31 athlètes à participer aux Jeux paralympiques de Londres, c’était bien plus qu’une équipe nationale, une famille. Entre le stress et l’optimisme, nos champions ont pu décrocher la 14ème place mondiale devançant plusieurs pays comme la France par exemple, et se sont trouvés à la tête des pays africains et arabes et ce, grâce aux 9 médailles d’or, aux 5 d’argent et 5 de bronze. Livret Santé a suivi les athlètes dès le début de cette aventure, a cru en eux et est allé les rejoindre dès leur arrivée, pour partager les moments de joie du retour en Tunisie. A part des sportifs de haut niveau, on a rencontré des personnes magnifiques avec un grand cœur, des jeunes qui nous ont bien accueillis et qui se sont montrés ouverts à toutes nos questions.

par Saima Ksibi

 

Un accueil honorable depuis l’arrivée à l’aéroport, jusqu’à la réception au palais présidentiel, en passant par l’ambassade britannique à Tunis :
Malheureusement, nos athlètes n’ont pas pu décrocher les 25 médailles qu’ils ont promises, mais malgré tout, leurs efforts et leur volonté ont honoré la Tunisie qu’ils ont su parfaitement représenter.Après avoir fêté leur victoire à l’ambassade tunisienne à Londres, nos champions ont pris l’avion direction Tunis. Leur retour ne pouvait pas passer inaperçu, et c’est à l’aéroport qu’ils ont été accueillis avec les fleurs et les drapeaux, par des membres du gouvernement tunisien, à leur tête Hamadi Jebali, le premier ministre tunisien.
« Nous ne nous attendions pas à cet accueil, c’était une surprise pour nous tous » a déclaré Abderrahim Zhiou, le porte-drapeau de l’équipe.

Et la fête continue … à l’anglaise !
Afin de fêter la victoire des Tunisiens à Londres aux Jeux olympiques et paralympiques, son excellence M. Christopher O’Connor, Ambassadeur du Royaume-Uni en Tunisie a organisé une « Garden Party » en l’honneur de nos champions paralympiques et olympiques. Oussama Mellouli et Habiba Gheribi étaient là. Sihem Badi, ministre des affaires de la femme et de la famille était présente également. Son excellence M. Christopher O’Connor en a profité pour exprimer sa confiance en les performances des athlètes tunisiens au niveau olympique ou paralympique: «nous sommes impressionnés par les performances des Tunisiens. Les Jeux Olympiques et Paralympiques sont bien plus qu’une manifestation sportive, c’est surtout une opportunité pour rassembler les gens déterminés à relever les défis. Nous devons tous nous inspirer de nos champions olympiques et paralympiques dans nos propres vies afin de réaliser nos objectifs.»

Monsieur le Président de la République, reconnaissant !
Nos médaillés, venus de Londres ont également été reçus au palais présidentiel, et ont été honorés par le président de la république M. Moncef Marzouki avec les entraîneurs et des membres du comité paralympique.
Le président de la république a exprimé sa fierté envers les vrais héros de la révolution : « Ce sont des champions … De vrais champions … Mais le problème aujourd’hui est dans les mentalités des Tunisiens, dans la façon de regarder un handicapé dans la rue … le handicapé est en réalité celui qui dévalorise l’autre à cause d’une malformation physique ! Il faut que ça change ! »

Les CONNAITRE, LES ADMIRER, LES AIMER

Nada Bahi, la benjamine de l’équipe : « C’est le début d’une belle carrière qui s’offre à moi.»
Elle n’a que 20 ans, et c’est sa première participation aux Jeux paralympiques. Nada nous a révélé, la veille du départ à Londres, que le simple fait de participer à une telle manifestation sportive était déjà la concrétisation d’un rêve pour elle. La voilà à son retour, fière de ses deux médailles, une en or et une en bronze. « Je n’avais aucun complexe de mon handicap, j’ai commencé à pratiquer le sport à l’âge de 10 ans, franchement je ne m’attendais pas à décrocher de l’or pour une première participation »

Mohamed Zemzmi, Le petit nouveau du domaine : «ça fait seulement un an que je m’entraîne et voilà que j’ai pu décrocher une médaille de bronze.»
Il a commencé à pratiquer du sport en avril 2011, malgré sa petite expérience, Mohamed était optimiste. « Le sport m’a permis de connaître du monde et de sortir du petit cercle dans lequel je vivais, je suis épanoui. »

Marwa Brahmi : la timide : « Avant de commencer le handisport, je n’arrivais pas à imaginer qu’un handicapé puisse pratiquer le sport exactement comme un valide »
Elle, c’est la discrète du groupe … En la connaissant mieux, on a découvert une jeune fille très ambitieuse et très généreuse. « J’aimerais bien avoir une carrière dans le handisport et pourquoi ne pas travailler dans le domaine ? Mon message pour les handicapés serait de conter sur eux même et d’aller jusqu’au bout de leurs rêves ».

Raoua Tlili, la star de l’équipe
« J’ai dû trancher entre ma famille et le sport, le choix était dur ! »
Elle, c’est l’animatrice de l’équipe, elle aime le rire et la bonne humeur et à la voir, elle nous transmet ses ondes positives. Très active, très souriante, Raoua est rentrée de Londres avec une médaille d’or, une de bronze et un nouveau record mondial en lancer de disque. « Je cherche à exceller, nous a-t-elle révélé, même pour les entraînements, il faut qu’il y ait de la concurrence. Mes parents et mes proches m’ont toujours soutenue mais cette année j’ai dû faire un choix, je vais me séparer de ma famille pendant l’année pour aller m’entraîner à Tunis, là où le niveau est meilleur ».

Mohamed Charmi , « Au début, j’ai trouvé des difficultés à faire du sport. »
Originaire de Sfax, il a commencé à pratiquer du sport en 1993 (à l’âge de 12ans). Pendant les trois premières années, il a trouvé des difficultés, vu que son corps n’était pas adapté à l’activité sportive. « J’aurais certainement aimé décrocher de l’or, je n’ai pu avoir qu’une médaille de bronze mais j’avoue que le niveau des autres participants s’est beaucoup amélioré par rapport aux années précédentes et la concurrence n’était pas du tout facile».

Abderrahim Zhiou, le porte-drapeau de l’équipe « J’ai eu des difficultés à accepter mon handicap»

Abderrahim est l’athlète qui a eu les meilleurs résultats par rapport à ses camarades tunisiens. Avec quatre médailles, deux en or, une en argent et une en bronze, notre porte-drapeau a bien honoré la Tunisie.
Pendant son enfance, il a pratiqué les sports collectifs tels que le foot, le basket. Mais son problème a commencé suite à une chute de vue remarquable à l’âge de 12 ans, ce qui l’a rendu incapable de participer aux sports collectifs. « Mon seul message aux Tunisiens est de changer la façon de regarder un handicapé. Nous réclamons l’égalité et l’intégration du handicapé dans la vie normale».

Walid Ktila : « Chaque handicapé a une bataille qu’il mène tous les jours. »

A 27 ans, c’est sa première participation aux Jeux paralympiques. Il a décroché une médaille d’or. Walid nous a parlé de sa vie avant et après avoir intégré le handisport : « J’ai toujours eu un problème avec mon handicap, je sentais que je n’avais pas les mêmes capacités qu’une personne « normale » et que je devais redoubler d’efforts, jour après jour. Mais ma nouvelle vie de sportif aujourd’hui m’a appris à m’accepter tel que je suis, et j’ai même pu découvrir en moi des qualités et des capacités que j’ignorais, c’était un défi que j’ai su relever ! »

Mahmoud Khaldi : « J’ai sacrifié mes études pour le sport. »
Issu d’une famille modeste, Mahmoud a commencé à faire des études universitaires en sport. Faute de moyens, il a arrêté mais s’est consacré aux entraînements. Aux Jeux paralympiques 2012, Mahmoud Khaldi a décroché une médaille d’or qui n’est qu’une récompense de ses efforts. « J’aimerais bien que le peuple tunisien comprenne le sacrifice et la souffrance que vit un handicapé chaque jour. On a pu relever le défi et honorer notre drapeau grâce à notre volonté. »

Soumaya Boussaid : « J’ai intégré le handisport suite au refus du ministère de me laisser participer aux compétitions avec les valides. »
A 32 ans, Soumaya assure sa carrière de styliste et de sportive à la fois. Suite à une myopie aigue, elle a intégré le handisport au sein de l’équipe des Cheminots et a remporté une médaille d’argent aux Jeux paralympiques 2012. « Je n’ai jamais eu de bons termes avec la Fédération Tunisienne d’Handisport, mais malgré ça, je donne le meilleur de moi-même pour montrer au monde entier de quoi je suis capable »

Henia Aidi : « A 35 ans, le sport est tout pour moi. »
Après avoir décroché de l’argent aux Jeux paralympiques de Pékin en 2008, Henia garde toujours sa deuxième place à Londres. « Ce qui est remarquable cette année c’est que la concurrence est devenue plus difficile et le niveau s’est beaucoup amélioré par rapport aux années précédentes.»

Mohamed Farhat Chida : « C’est à cause d’un accident que ma vie a changé et que je me suis trouvé à pratiquer le handisport. »
Son objectif était de remporter quatre médailles d’or, mais il n’en a eu qu’une seule au 400 m. La déception se voyait bien, sur son visage, mais il a gardé le sourire, quand même.
« J’ai longtemps pratiqué les sports collectifs et j’allais dans les centres pour handicapés en tant que volontaire jusqu’en 2003, lorsque j’ai eu cet accident qui a changé ma vie. Je me suis trouvé avec un handicap physique qui m’empêchait de pratiquer le sport avec les valides, j’avais du mal au début à m’intégrer avec les handicapés, mais là, je suis bien et j’essaye, jour après jour, d’apprendre et d’améliorer mes performances.»

Rabiaa Belhaj Ahmed : « La grande déception ! »
La chance n’était pas du côté de Rabiaa pour ces Jeux paralympiques. Suite à son premier essai, la jeune athlète a eu un accident qui l’a empêchée de continuer les compétitions. Enormément déçue, elle nous a confié : « J’attendais beaucoup de cette participation, j’ai eu un coup de malchance, j’ai eu une rupture au tendon rotulien gauche et j’ai été opérée à Londres. J’étais incapable de continuer les compétitions. C’est bien dommage, je suis très déçue. »