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Body building, culture (physique) ou sculpture?

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Body building, culture (physique) ou sculpture?

D’aucuns sculptent des corps dans de la pierre, les body builders sculptent leur propre corps. Est-ce un art ou plutôt de la culture physique ? Méconnue par la plupart des Tunisiens, cette activité sportive fait pourtant bien des émules chez nous, surtout parmi les jeunes. Qu’est-ce que le body building ? Est-ce réellement un sport ou le narcissisme surdimensionné des personnes qui le pratiquent ? Enfin, quel type d’alimentation et quelle hygiène de vie cette discipline exige-t-elle pour atteindre un niveau honorable digne des compétitions ?

par Jaouida Ben Aouali

Focus sur cette activité avec Jihed Miri, jeune coach passionné dont le rêve est de la promouvoir et d’en élever le niveau pour la participation de la Tunisie à des compétitions internationales. C’est avec grande conviction et une fougue sans limites qu’il en parle, pour lever le voile sur les innombrables idées reçues qui entourent l’hygiène de vie de ceux qui la pratiquent.

Body building, l’esthétisme avant tout

Le culturisme doit-il être distingué du sport ? Selon le point de vue où l’on se place, le monde du culturisme et celui du sport peuvent sembler très proches ou au contraire très éloignés. Ils se distinguent par leurs cadres institutionnels, par leurs types de manifestations publiques, par leurs objectifs : pure recherche d’une modification corporelle d’un côté, plaisir de jouer ou de gagner de l’autre. Mais les choses sont-elles aussi tranchées quand on se tourne vers les abonnés d’une salle de musculation ? Ne partagent-ils pas un souci commun de bien-être, de performance, de santé ou de beauté ?

Pensez-vous que le culturisme est un sport ?

Avant d’être un sport, c’est un style de vie dont la discipline et la compétence sont les piliers.

Plutôt que de viser le développement de sa force physique, le culturiste ne songe-t-il pas plutôt à une évolution de son corps destinée à être évaluée en termes esthétiques, l’accès à des mensurations idéales ou maximales étant la définition même de la réussite ?

Sachant que la sagesse est un don que peu de monde possède, un culturiste sage vise le côté esthétique du corps tout autant que le développement de l’esprit, c’est un fait connu à travers l’histoire, les plus forts sont toujours les plus calmes.

Le souci d’être en forme et de conserver une jeunesse, même apparente, a-t-il sa place dans les motivations d’un culturiste ?

Le souci d’un sportif, de manière générale, est de toujours être en forme, que dire d’un culturiste qui vise essentiellement la perfection physique. Il est donc indispensable, chez les grands athlètes du monde, de toujours se soucier de la beauté de leur corps et de leur forme.

Est-ce le désir d’en finir avec un état corporel vécu comme une déficience et comme une source d’infériorité qui vous a motivé ?

Tout un chacun aspire aux meilleures capacités physiques et intellectuelles, les personnes victimes d’un sentiment d’infériorité ne s’engagent pas à relever ce genre de défis.

Y a-t-il une perpétuelle remise en question de votre aspect qui renforce votre investissement dans la pratique ?

Je dois reconnaître que plus mon corps prend forme, plus j’aspire à le développer davantage. Je suis perpétuellement insatisfait et à chaque étape de mon évolution physique, mûrit en moi la volonté d’aller encore plus loin. Ce qui, évidemment, induit de ma part un investissement permanent, non seulement pour entretenir mes acquis mais aussi pour améliorer les résultats obtenus.

Pouvez-vous décrire la journée d’un culturiste ?

On peut la résumer en quelques mots : « Eat right, sleep well and train hard », bien manger, bien dormir et s’entraîner durement.

Une alimentation saine est-elle nécessaire pour pratiquer le body building ?

Le bodybuilder ne peut atteindre le niveau souhaité sans recours à une bonne alimentation, puisque celle-ci représente l’une des bases principales du bodybuilding.

Quel type d’aliments consommez-vous régulièrement ?

Nos repas sont composés des protéines et des vitamines que l’on trouve dans les œufs, les viandes rouges et blanches, les poissons, les légumes et les fruits.

Avez-vous recours aux compléments alimentaires et lesquels ?

Avec une alimentation naturelle, on peut avoir un joli corps, mais pour avoir un excellent corps dans le cadre du bodybuilding, les compléments alimentaires sont nécessaires et, pour n’en citer que deux, nous recourons à la Whey protéine ou protéine de petit lait, c’est une substance naturelle extraite du lait de vache, la glutamine, un acide aminé …

Une Fédération tunisienne de culturisme existe, quel rôle tient-elle quant aux intérêts de ses membres ?

Elle existe mais elle a beaucoup à faire pour être à la hauteur du rôle dont elle est investie.

De plus en plus de jeunes s’intéressent au culturisme, cela n’augmente-t-il pas l’envergure, tant sociale que financière, de cette discipline ?

Malheureusement, en Tunisie il n’y a pas de forces vives pour élever le bodybuilding à l’échelle nationale malgré l’intérêt croissant des jeunes pour cette discipline. Comme je le laissais entendre tout à l’heure, la fédération, dont le rôle premier est d’intéresser le maximum de personnes et de donner plus de poids à cette discipline, est au contraire amorphe et figée. Pire encore, en 2012, Mr Olympia 2010, le fameux Jay Cutler, est venu en Tunisie mais sa visite est quasiment passée sous silence ! La fédération n’ayant pas jugé opportun de faire grand cas d’un tel évènement ou de saisir une occasion pareille pour attirer une couverture médiatique susceptible de sortir cette discipline de l’ombre et lui donner une possibilité d’élever le niveau.

Vous dites que vous allez vous constituer en association, pensez-vous qu’ainsi vous aurez plus d’impact sur l’évolution du body building en Tunisie et, pourquoi pas, à l’échelle internationale ?

Pourquoi pas car si on veut on peut, il faut tout simplement croire en ses capacités, être compétent et aimer ce que l’on fait, on peut donc relever le défi de voir en Tunisie des leaders en bodybuilding. Cependant, pour ce qui est du niveau international, je pense sincèrement que nous en sommes encore loin, compte tenu du manque de financement et de motivation des bodybuilders.

Quels sont vos projets dans l’immédiat ?

Eh ! bien, je viens juste de signer un contrat avec le Lake Club, un Centre de fitness situé aux Berges du Lac, en tant que premier coach, histoire de garder la forme et de partager mes connaissances dans le domaine avec une fidèle clientèle.