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Chaussure à son pied

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Chaussure à son pied

Destinées à habiller et à protéger les pieds, les premières chaussures seraient apparues il y a plus de 5000 ans, en Arménie et, aux pieds d’Ötzi, vénérable momie déshydratée et congelée, il y avait des mocassins, pièces de cuir cousues dans le but de les recouvrir.

par Héla Msellati

De pratique, au fil de l’histoire des civilisations et du vêtement, la chaussure est devenue esthétique pour évoluer en signe extérieur de catégorie sociale, d’apparat ou de richesse, voire de coquetterie.

Un peu d’histoire sur vos chaussures

Longues et allongées pour adhérer parfaitement la forme des orteils, ouvertes à bout carré, le nom et la forme des chaussures s’est longtemps inspiré du monde animal. A la poulaine, à pied d’ours ou bec de canard, elles sont aussi restées plates, jusqu’à ce que le XVIIème siècle invente le talon et en fasse un symbole ostentatoire de noblesse. Avant d’être une marque, les « talons rouges » chez Molière étaient le sobriquet des courtisans ou des nobles. L’aspect élégant de ces chaussures les firent d’ailleurs porter autant par les femmes que les hommes, pour les bals où ils brillaient de tout leur verni. L’histoire raconte au passage que la coquette Marie-Antoinette se serait rendue à l’échafaud, chaussée de l’une de ses quelques 500 paires d’escarpins. L’instigatrice de la mode jettera d’ailleurs, pour un moment, le discrédit sur la chaussure à talon.

Les ballerines

Semblables aux chaussons de danseuses dont elles ont assimilé le nom, les ballerines sont nées à Londres, de l’intuition d’un Australien passionné d’opéra. Le modèle sera parfait quelques années plus tard par Rose Repetto, et par antonomase, le nom désignera désormais des chaussures commodes et plates. La sulfureuse Brigitte Bardot des années 1950 les transformera en chaussures de ville dont l’attrait sera développé par d’autres stars qui en feront un accessoire incontournable de la garde-robe féminine. Depuis, toutes les grandes marques en proposent régulièrement des modèles, à chacune ballerines à son pied.

Agréables à porter, esthétiquement féminines, utiles aux pieds rapidement fatigués, les ballerines semblent pourtant passablement fustigées. Leur réapparition au début de la belle saison, a vu circuler une pétition potache signée par plus de 32 000 personnes appelant à les rayer de la garde-robe et à faire du 14 juillet la « journée internationale contre les ballerines ». « En 2016 la ballerine est un gage de célibat, et un motif de rupture encore plus grave qu’une tromperie ! » Rien que ça ! Fétichistes, les machos ne fantasment que sur les escarpins et leur imagination ne semble piquée que par l’aiguille des talons. Les raisons de la vague sont d’ailleurs énoncées en 10 points : « parce que tout le monde en a, parce que ça fait puer des pieds sévèrement, parce qu’il est impossible de faire plus paresseux, parce que vous n’êtes pas une ballerine, parce que vous ressemblez à Minnie avec ça au pied, parce que franchement, ça n’a pas de gueule, parce que ça prend la flotte, parce que souvent ça te scie le pied, et au pire ça ne tient pas et tu les perds, parce que vous pouvez bien tenter des fantaisies, ça reste moche, parce que vous avez déjà des Uggs, des Crocs et des bottes. » Associer à une fête nationale le boycott de la chaussure, la chose est pour le moins insolite. La blague transformée en évènement a de quoi faire monter sur ses ergots le coq gaulois.

Quoi qu’il en soit, le 14 juillet 2016, les « antis-ballerines » seront Place de la République, à Paris, pour « s’unir contre le fléau de ce siècle qui hante nos vies » et alimenter une polémique qui suscite déjà les réactions des internautes amusées ou exaspérées. Elles proposent d’ailleurs « Après « la journée internationale contre la ballerine » la « journée internationale contre les têtes de cons » ». D’autres commentent « Les mecs en t-shirt sans manches, pantacourt, chaussettes blanches dans des claquettes : vous êtes trop sexy ».