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Le cheptel de Sidi Thabet volé !

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Le cheptel de Sidi Thabet volé !

Le 7 septembre, quelques jours avant la rentrée et le retour des enfants, 50 brebis ont été volées à la ferme thérapeutique pour handicapés de Sidi Thabet. Soit quatre années d’efforts et plusieurs milliers de dinars tunisiens envolés ! Heureusement, les bénévoles, le personnel et les partenaires se sont immédiatement mobilisés.

par Emmanuelle Houerbi

Dès le lendemain du vol, Leila Gasmi, présidente de la FTH a envoyé ce message aux amis de la ferme : «dans la nuit de mercredi à jeudi, quatre malfrats sont rentrés masqués à la ferme. Ils ont garrotté et tabassé le gardien (qui est à l’hôpital), l’ont arrosé d’essence pour qu’il ne crie pas et ont pris la fuite avec nos 50 brebis et toutes les clés de la ferme. Heureusement les quelques moutons qu’on engraissait pour l’Aïd étaient entreposés ailleurs ; il nous a fallu 4 ans pour constituer ce cheptel…»
Quelques jours plus tard, nous rencontrons Leila Gasmi à la ferme. Elle positive, et se réjouit car son appel a été entendu. Grâce au premier élan de générosité et les premiers chèques reçus, l’association peut déjà racheter 20 brebis, et ce n’est qu’un début. Outre les donateurs privés, l’association attend beaucoup du Ministère des affaires sociales, son ministère de tutelle ou du Ministère des affaires de la femme, de la famille, de l’enfance et des personnes âgées, dont le soutien est essentiel pour le bon fonctionnement de la ferme.
Entourée de deux membres de l’association, Sahla Siala, la vice-présidente, et Sihem Fourati, Leila Gasmi évalue le budget pour l’année à venir, et les moyens d’y faire face. La question de la sécurité se pose plus que jamais. Il sera sans doute nécessaire d’employer un deuxième gardien pour le jour, et de leur adjoindre deux chiens de garde dûment dressés. «Gérer un projet de ce genre, c’est comme gérer une entreprise», nous avoue Leila Gasmi. «Pour que ça marche, l’équipe doit être fidèle au poste et s’impliquer à 100%».
Cette année, les finances de l’association sont particulièrement tendues. Une grande partie des fonds provient en général des dons et de l’argent collecté lors des événements organisés à la ferme (kermesse, Fermi’days…) Mais malheureusement, cette année, la plupart ont été annulés. Par ailleurs, beaucoup de donateurs traditionnels sont sinistrés (comme Géant qui fournissait chaque matin le petit-déjeuner des enfants) ou tournent au ralenti. Le vol commis n’arrange rien puisque l’association devra racheter au plus vite les brebis disparues dans la nature.
En cette veille de rentrée, l’association doit pourtant continuer à faire face à ses obligations : recevoir les enfants et les jeunes en leur assurant leur transport quotidien, deux repas chauds et une prise en charge thérapeutique et éducative, rétribuer le personnel, soigner et nourrir les animaux et continuer d’améliorer la qualité des sols. A cela s’ajoutera, bien sûr, cette année un effort accru en terme de sécurisation de l’établissement.
Qu’à cela ne tienne. L’équipe est soudée, déterminée et optimiste. La rentrée aura lieu comme chaque année depuis quatre ans. Pas moins de 80 enfants sont attendus et tous les projets en cours seront menés à bien. Après les excellents résultats obtenus auprès des jeunes handicapés grâce à la zoothérapie (thérapie basée sur le contact des malades avec des animaux), l’association a acheté des chevaux et construit un manège pour développer l’équithérapie (thérapie par les chevaux). Une session de formation est en cours en ce moment même pour préparer les moniteurs. L’association prévoit que, en s’ouvrant aux associations et aux particuliers, l’activité «équithérapie» pourrait être autosuffisante financièrement d’ici deux ans.
Les autres objectifs sont clairs. Impliquer de plus en plus la famille et les proches, et aider les jeunes valides de la famille en leur faisant eux aussi profiter des formations professionnelles (CAP en horticulture, cuniculture et fromagerie). Par ailleurs, il est prévu de créer d’ici deux ans une société de jardinage et développer l’accès des jeunes aux micro-crédits. Et enfin favoriser l’insertion de ces jeunes dans la société et dans le monde du travail. Car comme le dit Leila Gasmi, «la loi pour l’insertion des jeunes handicapés dans le monde du travail existe, mais l’application est difficile et insuffisante» (voir encadré). Ainsi, jour après jour, toute l’équipe se bat pour permettre à ses hôtes d’avoir accès à un maximum d’autonomie, condition de leur bien-être et de leur épanouissement.
Toutes les infos et contacts sont disponibles sur la page web de l’association : www.fth.org.tn