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Le chien meilleur ami de l’homme

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Le chien meilleur ami de l’homme

Animal de compagnie par excellence, fidèle et aimant vivre au contact de l’homme, le chien grâce à ses nombreuses aptitudes physiques et sensorielles a su trouver une place de choix au sein de la société humaine.

par Hela Kochbati

Le chien appartient à la famille des canidés qui a pour ancêtre sauvage, le loup gris.
Domestiqué depuis l’Antiquité, il a accompagné l’homme lors de sa sédentarisation et a trouvé une place de choix dans les activités relatives à l’élevage, notamment en se révélant un excellent gardien de troupeau. Sous l’Empire romain, le chien est un animal de compagnie,  de chasse et de gardiennage. A la renaissance, le chien  participe, avec l’homme, à la chasse. A cette époque, il reçoit ses lettres de noblesse grâce à sa puissance et sa ses capacités physiques, ce qui permet le développement de cette espèce en tant qu’animal de compagnie. A partir du 19ème siècle, le chien est devenu un animal commun et sa population a connu une croissance exponentielle pour devenir un animal familier. Les hommes offrent aux chiens domestiqués un foyer, un gîte, de la nourriture et, en contrepartie, le chien participe à la chasse, protège les troupeaux, assure la sécurité des hommes et aide certains d’entre eux dans les tâches quotidiennes comme les chiens pour aveugles. Une chienne, nommée Laïka a même participé au programme spatial soviétique, le 3 novembre 1957, devenant ainsi le premier animal à être mis en orbite à bord du « Spoutnik 2 ».

Les caractéristiques physiques, biologiques et sensorielles du chien

Suivant les races, le chien affiche une silhouette plus ou moins athlétique. Sa température corporelle s’élève en moyenne à 38,5°C. Sa respiration oscille entre seize à dix-huit mouvements respiratoires à la minute et la fréquence des battements de son cœur varie entre 70 et 130 battements par minute. Il y a huit groupes sanguins chez l’espèce canine. Le chien est considéré parmi les animaux les plus performants pour ses capacités cognitives. Il possède un sens olfactif très puissant. En effet, il a dix fois plus de cellules olfactives et quarante fois plus de neurones destinés à l’olfaction que  chez l’être humain. C’est pour cette raison qu’il est associé à la recherche de substances dopantes (drogues), d’explosifs, de sujets disparus et à la chasse. Le chien a également une ouïe très développée. La fréquence de son spectre d’audition peut aller de 40.000 Hz à 60.000 Hz contre 20Hz à 20.000Hz chez l’homme.
La vue du chien est moyenne par rapport à l’audition et à l’olfaction. Le sens du toucher est particulièrement développé chez ce canidé. En effet, le chien possède la capacité de faire la différence entre un toucher froid ou chaud et de reconnaître également une caresse. Le goût, chez le chien, est très peu développé, car c’est l’odorat qui intervient en première ligne. Le chien domestiqué  dispose d’un régime carnivore à omnivore. Son alimentation est généralement composée dans sa moitié par des viandes et elle est soit préparée par son propriétaire, soit fabriquée industriellement.

L’apport thérapeutique et  affectif du chien

Les prétextes pour les recours à un animal domestique sont multiples, le chien peut  apporter  des bénéfices affectifs et psychologiques. En effet, le chien a acquis aujourd’hui un véritable rôle social dans l’accompagnement de certaines catégories de  personnes. Les chiens peuvent assurer le rôle de guide aux personnes malvoyantes, fournir une aide aux enfants autistes et développer la coordination des mouvements et l’équilibre des personnes handicapées. Par ailleurs, le chien a des bienfaits dans la levée de l’anxiété et l’apaisement des patients. Un chien peut être l’unique lien affectif qui partage le quotidien de personnes âgées et esseulées. Il permet de combler le vide social dont souffrent souvent les seniors.

Les maladies et l’immunisation du chien

Le chien est un animal de gardiennage, de chasse, de travail, de compagnie qui peut véhiculer un certain nombre de maladies infectieuses comme la rage, qui reste une maladie très répandue dans le monde, provoquant des dizaines de milliers de morts chaque année et qui est le plus souvent transmise par le chien, au cours d’une morsure. Cette pathologie est également mortelle pour l’animal. La leishmaniose, qui est très présente sur le bassin méditerranéen, fait des ravages chez nos amis à quatre pattes. Cette pathologie est due à des piqûres d’insectes. Le traitement, suivant la gravité, coûte assez cher et n’est malheureusement pas toujours disponible en Tunisie. La leishmaniose provoque chez l’animal des lésions cutanées ou viscérales, elle entraîne la mort. La maladie de Carré est également très fréquente chez les chiens et peut être évitée avec la vaccination.

Pour cette raison, les chiens doivent disposer d’un carnet de santé, mis à jour régulièrement  au cours des consultations chez le vétérinaire. Parmi les maladies parasitaires qui peuvent  affecter aussi bien le chien que son entourage, on retrouve la toxoplasmose, la douve du foie, les ankylostomes et la giardose. Les traitements antiparasitaires et vermifuges réguliers et adaptés permettent  d’éviter des problèmes de santé, aussi bien  du chien que de son propriétaire.

Notre  spécialiste Dr Beligh Ben Soltana Médecin vétérinaire

Quelles  races de chien retrouve-t-on fréquemment en Tunisie?

Le berger de l’Atlas ou chien kabyle, dans notre dialecte le chien « arbi » que l’on retrouve le plus souvent dans les rues et qui s’est s’adapté au climat tunisien. C’est un chien robuste, rustique  et résistant aux maladies  (virales, parasitaires, etc.) Par contre, le Tunisien recherche les chiens de race. Parmi celles existantes dans notre pays, on retrouve le berger allemand, le berger belge, le doberman, le boxer, le pitbull, le mallinois, qui sont des chiens de grande taille. La population des chiens de race en Tunisie est composée à 80 % de bergers allemands. Les races nordiques sont également présentes avec le husky, le malamute, le samoyède et le groenlandais, de même que  le  chowchow et  le chien chinois. Le nombre de ces chiens est en train de s’accroître en Tunisie malgré qu’ils ne soient pas adaptés à notre climat. Ils  souffrent beaucoup de nos saisons chaudes. Pour les chiens de moyenne ou de petite  taille, le caniche arrive en bonne place. C’est  le chien à poils longs bouclés ou lisses, qui peut être noir, blanc, royal ou nain ainsi que les bichons. Le problème des éleveurs tunisiens est qu’ils mélangent le caniche et le bichon. Le croisement de ces deux   races aboutit à un chien croisé qui n’est ni gros ni petit, ressemblant à un bichon au niveau de la tête et à un caniche au niveau de la queue. Plusieurs propriétaires  et vendeurs de chiens mélangent souvent les races. En fait dans notre pays, nous ne  disposons pas d’une spécificité et de races de chiens bien déterminées. Le problème par rapport aux pays européens, c’est qu’on n’a pas le livre d’origine de races de chiens tunisiens pour en  identifier l’origine. Quant aux races de petite  taille, elles sont représentées par le chihuahua, le yorkshire et  le bichon nain. 

Comment choisir son chien ?

Généralement, le Tunisien veut faire le mélange entre le chien de garde et le chien de compagnie.  C’est une sorte de miroir. La préférence du citoyen tunisien est souvent pour le berger allemand, parce que c’est un beau chien. L’adoption d’un chien passe en premier lieu  par une discussion familiale. Le débat de la famille lors de l’adoption d’un chien  se porte sur l’âge du chien à adopter, à titre d’exemple, à l’âge de deux ou  trois mois. La vaccination commence à l’âge de deux mois et un rappel s’effectue à l’âge de trois mois. Le chien contrôle ses besoins à partir  de six mois. Un petit chien à la naissance, c’est comme un bébé, c’est pour cette raison qu’il est essentiel de  comprendre l’animal, de limiter son territoire, de le vacciner pour ne pas véhiculer des agents pathogènes (virus, parasites) et  de contrôler son alimentation. Il faut adopter un chien sevré et c’est à un mois et demi que le sevrage commence. Il est important de bien éduquer le chien, d’être ferme dans les ordres donnés à son animal et d’habituer l’animal à des règles et à des instructions bien précises. Le  propriétaire du chien  l’éduque et le conditionne. La  sélection et  l’adoption d’un chien  dépend de l’espace du propriétaire. Si c’est un appartement, préférez un petit chien. Si, au contraire, le propriétaire  possède un grand jardin alors il se tourne vers un animal de moyenne à grande taille. Si  le sélectionneur du canidé  cherche la protection, alors il va opter pour un animal de garde comme un berger allemand, un labrador, un pitbull ou un chien de l’Atlas. Le dressage d’un chien se fait pour la garde  et la protection des biens et des personnes. On peut avoir des chiots dangereux comme on peut avoir de gros chiens dociles et attachants. Un chien doit être traité comme  un chien et non un bébé dans les étapes de son éducation et son élevage. Par ailleurs, contrairement au chat, le chien est un animal qui est plus dépendant de son propriétaire (la nourriture, la propreté, etc.). Un chat est un animal domestique autonome alors que le chien est un animal très attaché et dépendant  à l’homme. C’est pour cela qu’avant d’adopter un chien, il faut penser que c’est une vraie responsabilité. En tant que praticien, j’aime le chien, c’est un animal extraordinaire et très intelligent.

Quelle l’alimentation pour le chien ?

Il faut faire très attention aux produits alimentaires surtout le lait et ses dérivés. Il ne faut pas donner du lait  aux chiots et aux chiens. Le  lait de la vache, n’est pas le lait de la chienne au point de vue composition et apport nutritionnel. Le chien ne tolère pas le lait de  vache. Généralement,  le chien développe des troubles du système digestif suite à la consommation du lait et ses dérivés. Il peut manifester  une gastro-entérite chronique. Il se déshydrate et peut même avoir  des séquelles graves et mortelles. Près de 90% des pathologies  et les motifs de consultations à l’âge de deux à quatre mois sont des problèmes gastro-entérologiques. A la phase de sevrage, l’alimentation peut comprendre des pâtes, des légumes, des protéines (viande, viande hachée, poulet). L’alimentation doit contenir un tiers de glucides, un tiers de protéines et un tiers de lipides et de vitamines. Il  est essentiel de fractionner la nourriture  en petites quantités de quatre à six  fois par jour. Il faut comprendre que le chien durant  la phase de sevrage,  présente quatre signes tout à fait normaux  à remarquer au cours d’une journée : manger, jouer, faire ses besoins et dormir. Si une activité présente une fréquence accrue, diminue  ou  fait défaut, alors le chien est malade. Si le chien ne mange pas, il est  malade, s’il ne joue pas ou s’il n’arrive pas à dormir, il a une pathologie. S’il a une diarrhée, c’est un trouble digestif. Ces symptômes sont des motifs courants de consultations de chiens domestiqués.

Quels conseils adressez-vous aux lecteurs qui veulent adopter un chien ?

Mon premier message est  « Adopter, vacciner et  faites stériliser votre chien ». Si vous avez un chien domestique, limitez son accès à l’extérieur  pour limiter sa reproduction. Actuellement, on trouve des propriétaires qui lâchent leurs chiens, même  des caniches dans les rues. Protéger le  chien, c’est prévenir des maladies  comme la rage et des pathologies  endémiques comme la leishmaniose. Un chien sur deux dans notre pays est attaqué par la leishmaniose. Limiter le nombre  des chiens et vacciner les animaux permet d’éradiquer la rage. Certains propriétaires privilégient les accessoires pour leurs chiens plutôt que la vaccination. La vaccinothérapie permet une meilleure immunisation des maladies virales. Ces pathologies associées aux virus  peuvent coûter six fois le prix de la vaccination quand l’animal est contaminé. Mon second message est « vermifugez votre chien  avec un traitement antiparasitaire » et  vous n’aurez pratiquement  plus besoin  de visites chez le vétérinaire.  Ainsi le propriétaire  cohabite avec son chien en  ayant un compagnon sain et qui  s’adapte parfaitement  à  son milieu domestique.