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Diabète et Ramadan… Je jeûne mais je me soigne !

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Diabète et Ramadan… Je jeûne mais je me soigne !

Ah, chaque année avant le mois sacré, j’ai droit au sempiternel « Family dguenguine » entendez « Wohshbik, ça va pas de jeûner », « le médecin t’a déjà dit que c’était dangereux », « pourquoi t’entêtes-tu à vouloir jeûner ?! »… A croire que je fais de la contrebande avec toutes ces réprimandes ! Mais moi Ramadan, c’est mon édulcorant et puis le faire selon mes commandements me fait mesentir jeune.

par Samantha Ben-Rehouma

La sensibilité à l’insuline, tu amélioreras !

Le problème avec les repas fréquents, c’est qu’on va produire de l’insuline toute la journée. Surtout si vous réduisez les graisses qui, elles, ne stimulent pas la production d’insuline et peuvent limiter les pics en réduisant l’indice glycémique de votre alimentation. En réduisant les glucides, vous réduisez sa production. CQFD.

Au vert, tu te mettras !

Les légumes verts, c’est bon pour la santé car la teneur en anti-oxydants et en magnésium des salades, des choux, brocolis et autres épinards aide à combattre le diabète selon le British Medical Journal. Et puis, après tout, ça vient pas de sites internet qui poussent comme des champignons et qui prennent vite le melon, le British Medical Journal n’est pas une feuille de chou et n’est certainement pas le genre à raconter des salades alors market khodra me voilà !  

Café et thé en soirée, tu boiras !

L’effet protecteur de ces boissons est plutôt à chercher du côté du magnésium ou de l’acide chlorogénique, substance anti-oxydante qui ralentit le passage du sucre dans le sang après un repas. Enfin, une bonne excuse pour aller jouer avec Hamadi and Co à la schkoba au café tout en philosophant sur Maktoub 10.

Lève-toi et marche, tu pratiqueras !

Le Dr Thomas Yates de l’université de Leicester recommande de faire 2 000 pas pour réduire le taux de sucre dans le sang, ça tombe bien puisque je vais enfin pouvoir utiliser l’application « podomètre » sur mon Smartphone que je mettrai en marche dès la fin du chakan fatr, c’est Fatma qui va pas en revenir de me voir débarrasser la table et faire les aller-retour du salon à la cuisine !

Comme les autres, tu sauras !

Nous oublions toujours l’impact psychologique sur les restrictions que connaissent les diabétiques. Pas étonnant, donc, de constater que ces derniers veulent jeûner.

Pas facile d’être diabétique, on se sent « à part » car tout ce qui est relié à la maladie est aussi « à part ». Et comme tout ce qui est interdit devient excitant, jeûner c’est se rebeller, c’est dire « Fuck la maladie! »

Mais attention, une rébellion avec un côté mutin pour dire que le traitement de faveur quand il est synonyme d’attentions, de câlins c’est bien mais quand il rime avec « fais pas ci, fais pas ça » ça craint !

A l’avance tu t’y prendras !

Le fait de jeûner avec sa famille fait du diabétique une personne comme les autres ; certes, il doit surveiller de près son taux de sucre dans le sang pour ne pas sombrer dans l’hypoglycémie ou, pire, une perte de conscience. L’idéal serait de commencer avant Ramadan en jeûnant quelques jours, histoire de voir si tout se passe bien, d’évaluer si une éventuelle adaptation posologique, voire un changement de schéma thérapeutique est nécessaire et d’éviter ainsi le pire des scénarios…