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Dr Jean-Lionel Bagot « L’homéopathie, un complément pour améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancer

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Dr Jean-Lionel Bagot « L’homéopathie, un complément pour améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancer

Invité à l’initiative des Laboratoires Boiron pour animer une conférence ayant pour thème : « Homéopathie dans les soins de support en cancérologie », dans le cadre des 5es Journées de cancérologie Néjib Mourali, l’éminent médecin homéopathe français, Jean-Lionel Bagot, a bien voulu nous éclairer sur les vertus thérapeutiques et les spécificités des médicaments homéopathiques.

par Chiraz Ounaïs

Si on commençait par les présentations d’usage ?

J’ai obtenu mon Doctorat d’Etat de médecine à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg, en 1986, puis un certificat d’études spécialisées de biologie et médecine du sport, ainsi que d’autres titres dans différentes disciplines comme l’acupuncture, la médecine prédictive, la cancérologie en médecine omnipraticienne et enfin un diplôme de carcinologie clinique à l’Université Paris XI, en 2005. Aujourd’hui, j’exerce dans mon cabinet libéral et au Centre de radiothérapie de la Robertsau, à Strasbourg.

Comment êtes-vous venu à l’utilisation de l’homéopathie en cancérologie ?

Sans aller jusqu’à dire que c’est l’homéopathie qui est venue à moi, c’est suite à une demande de plus en plus fréquente formulée par des patients sollicitant une aide pour les effets secondaires des différents traitements anticancéreux que j’ai développé cette pratique. D’après une étude que nous avons publiée en 2007, un tiers des personnes atteintes de cancer font appel aux médecines complémentaires à Strasbourg. Cela signifie que sur les deux millions de patients touchés actuellement en France par cette maladie, 700.000 sont concernés par de telles pratiques. Connaissant bien l’homéopathie, il me restait à approfondir ma formation en cancérologie pour mieux connaître les différents traitements utilisés ainsi que leurs effets secondaires. C’est ce que j’ai fait au centre anticancéreux Alexis Vautrin à Nancy, puis à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif. Les résultats obtenus auprès de mes patients étant très rapidement encourageants, cela m’a poussé à développer ma pratique de l’homéopathie dans le cadre des soins de support en cancérologie.

Vous parlez de traitement de support. Cela veut dire qu’on ne peut pas traiter les cancers par l’homéopathie ?

Il est très clair que des granules n’ont jamais détruit des cellules cancéreuses ! L’homéopathie n’est qu’une médecine complémentaire, intégrée aux autres soins de support apportés par la psychologue, l’esthéticienne, la diététicienne, les spécialistes de la fatigue et de la douleur, etc., et non un traitement proprement dit du cancer. En aucun cas l’homéopathie ne peut se substituer aux autres soins qui sont indispensables. En fait, elle permet d’apporter des réponses thérapeutiques pour certains effets secondaires, là où la médecine allopathique n’en a pas, ce qui est souvent le cas.

Expliquez-nous ce qu’apporte précisément l’homéopathie au patient ?

Dans la majorité des cas, les cancéreux se plaignent de fatigue, de nausées, de problèmes de peau ou d’ongles, de fourmillement des mains et des pieds, de diarrhées ou de constipation, signes en apparence peu importants, mais qui perturbent la vie au quotidien. Ils sont également souvent envahis par un sentiment de tristesse ou de désespoir. L’objectif de l’homéopathie est d’améliorer leur qualité de vie et de leur redonner espoir et confiance en prenant en charge ces différents symptômes, tant sur le plan physique que psychologique. Les traitements homéopathiques n’ont pas d’effets secondaires, ils n’interfèrent pas avec les autres thérapeutiques et sont peu coûteux. Il n’existe ni contre-indication médicale, ni interaction médicamenteuse ; c’est ce qui fait tout son intérêt en cancérologie chez des patients souvent polymédicamentés.

Le traitement est donc le même pour toute personne atteinte d’un cancer ?

Tant s’en faut ! Et c’est d’ailleurs là toute la difficulté dans l’homéopathie, car on ne peut justement pas donner un traitement standardisé, mais plutôt adapté à la façon personnelle de réagir du patient. Parfois, on est amené à prescrire un seul médicament qui traite plusieurs symptômes à la fois (constipation, infection urinaire, fatigue, etc.), et parfois deux ou trois médicaments différents en même temps seront nécessaires pour soulager le patient.

Et comment arrivez-vous à trouver le bon remède pour chaque personne ?

C’est un peu compliqué, je préfère vous donner un exemple. Une personne piquée par une abeille fera une réaction locale typique : douleur piquante et brûlante, gonflement et rougeur. Si un malade présente les mêmes symptômes en raison d’une allergie médicamenteuse, par exemple, je lui prescrirai du venin d’abeille à dose infinitésimale (Apis mellifica 9CH) pour aider son organisme à guérir. C’est ce qu’on appelle la loi de la similitude sur laquelle repose toute l’homéopathie.