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Emanuelle Prada-Bordenave,directrice générale de l’Agence de la biomédecine

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Emanuelle Prada-Bordenave,directrice générale de l’Agence de la biomédecine

« Faire en sorte que le don d’organes soit source d’apaisement du deuil »

Pourquoi la dénomination d’Agence de la biomédecine et non pas de transplantation d’organes comme partout ailleurs ?

Notre agence est une institution publique relevant du ministère de la Santé publique qui a hérité de l’ex-Etablissement français des greffes, mais avec une mission plus large. Outre les greffes d’organes, de tissus et de cellules, notre activité couvre également l’assistance médicale à la procréation, l’embryologie et la génétique humaine. En résumé, tout ce qui concerne les éléments et produits du corps humain, en dehors du sang.

En quoi une formation pour les pays du Maghreb intéresse-t-elle votre agence ?

Vous savez, la greffe a ceci de particulier, c’est qu’elle représente une activité très transversale où la coordination entre tous les acteurs de la chaîne médicale est essentielle.
A ce titre, le modèle espagnol est édifiant et sa prééminence repose sur une coordination remarquable. Sachant que cette activité est en phase de développement dans tous les pays, la coopération en devient également une exigence qui prend toute sa signification pour la pérennité et l’avenir du don d’organes. La coopération tuniso-française remonte à l’année 1998 et puis, compte tenu de l’importante communauté maghrébine qui réside en France, nous avons beaucoup à apprendre des agences maghrébines, pour mieux accueillir et mieux communiquer avec les familles. Comprendre, c’est mieux faire. Je tiens également à souligner que la Tunisie a de très bons résultats et a mis en place une excellente organisation. Les Tunisiens peuvent en être fiers.

Dans votre discours, vous avez préconisé de faire en sorte que le don d’organes soit une source d’apaisement du deuil. Comment faire justement, quand on sait que la majorité pense que cet acte est contraire au repos en paix du défunt ?

En fait, la personne chargée de s’entretenir avec la famille du défunt doit trouver les paroles justes pour en convaincre les membres.
Il s’agit d’un accomplissement de la vie du défunt plutôt que d’un arrachement d’une partie du corps.
En évoquant, par exemple, la personnalité du défunt, savoir s’il était généreux, s’il faisait preuve d’altruisme et de don de soi ; la famille aura ainsi le sentiment d’avoir accompli un don ultime et d’avoir répondu à la volonté du disparu.