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Le fabuleux destin de mademoiselle Sarra

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Le fabuleux destin de mademoiselle Sarra

Par sa disparition, Sarra aura plongé sa famille proche dans le désarroi le plus profond mais aura également bouleversé tout un peuple à qui l’on reproche parfois d’être indifférent, insensible face au malheur des autres. Faux ! Archi faux ! Sans la mobilisation générale des forces de l’ordre, des médias et des citoyens, rien n’aurait pu être fait. Et puis un jour, un certain 7 septembre, la Tunisie s’est réveillée sur une bonne nouvelle, que dis-je ? Une excellente nouvelle !

par Rym Benarous

Quelle belle histoire finalement que celle de Sarra ! A seulement deux mois et demi, mademoiselle Sarra est désormais une star et, son histoire est digne des meilleurs films hollywoodiens. Et son Happy End, n’est qu’une pure merveille.
Sauf qu’avec Sarra, tout est 100% réel et c’est donc 100 fois, 1000 fois, un million de fois plus fort et plus poignant ! Avec Sarra, on aura redécouvert notre palette de sentiments : le choc d’apprendre sa disparition, l’étonnement, le doute, l’inquiétude, l’effroi, la tristesse, le désespoir et puis soudain ! Un deuxième choc : la petite a peut être été retrouvée ! Croire ou ne pas croire ? Etourdissement, boule au ventre, jambes flageolantes. Tout d’abord s’assurer ! Mon Dieu faites que ce soit vrai ! Direction la maison des parents puis le poste de Gorjéni. L’info est vérifiée à 50%.
La maman est à l’hôpital des nourrissons à Bizerte.
Pas le temps d’aller sur place.
La maman est déjà en direction de Tunis pour les analyses d’ADN avec un nourrisson dans les bras.
Alors ? C’est sa fille ou pas ?
Toute la Tunisie est suspendue à ses lèvres.
Aziza se contentera de dire : « Je pense que c’est ma fille, quelque chose dans mon coeur me dit que c’est elle, mais il faut me laisser un peu de temps, pour me concentrer, pour réaliser ce qui m’arrive. » Comme on la comprend ! Quel suspense ! Ah mon coeur, ne flanche pas tout de suite, je veux connaitre la suite ! Et ce n’est que tard dans l’après midi que l’ADN a tranché : Oui, la fillette retrouvée est bien Sarra ! Hourra ! Chante Aziza, Chante ! Danse ! Pleure ! Pousse des you-yous ! Ce soir, ta fille dormira dans tes bras ! Et nous, on dormira le coeur léger ! Petite Sarra, tu nous auras fait tant vibrer !

« Ettounsi léttounsi rahma »

Cette année donc, exceptionnellement, les tunisiens ont eu droit à deux Aïds : les retrouvailles de Sarra et l’Aïd el fitr, à deux jours d’intervalle l’un de l’autre. Trop beau pour être vrai et pourtant ! Quelle belle récompense pour ce peuple qui aura pleuré à l’unisson devant le désarroi de cette mère venue témoigner et demander de l’aide dans l’émission de Abderrazek Echabbi, sur Hannibal TV, « Al Mousameh Karim ». Ce qui est sûr, c’est que sans la solidarité des citoyens tunisiens et les efforts déployés par les forces de l’ordre, auxquelles on tient ici à rendre hommage, Sarra n’aurait jamais été retrouvée. Bravo à tous !

Mais, où était passée Sarra ?

La femme que la Police a interpellée à Bizerte, dans la maison de son oncle, a tout de suite avoué les faits. Oui, son nourrisson était bien Sarra, la fille qu’elle avait volée un mois avant, à l’hôpital d’enfants de Bab Saâdoun. Elle jure ne pas avoir prémédité son acte mais qu’elle était tombée sous le charme de cette fillette. Stérile, elle ne pouvait procréer et son mari était souffrant. Une fois rentrée chez elle et suite à la médiatisation de l’affaire, elle a craint d’attiser la curiosité des voisins. Elle s’est donc réfugiée chez son oncle. Mais c’était sans compter la perspicacité et l’honnêteté des voisins de celui-ci. La femme avouera plus tard qu’après avoir regardé l’émission à laquelle avait assistée Aziza et qu’elle a eue mal pour elle. Elle dit avoir voulu rendre Sarra à ses parents ou même l’abandonner quelque part pour qu’on la retrouve mais qu’elle a eu peur. Une question se pose maintenant. Le désespoir de cette femme peut-il justifier son acte ? Non, sûrement pas ! Et pourtant, Aziza et Imed, ces parents qui ont été injustement privés de leur fille, ces gens simples, eux, lui ont pardonné. Oui, mais n’empêche, elle sera punie.

Une deuxième naissance ?

Pour voir Sarra, j’ai attendu que le soir tombe et que la ferveur retombe. Dans la maison des parents, la fête continuait. Des you-yous et des mabrouk fusaient toutes les secondes. Pour ma part, ce n’est qu’une fois que je l’ai vue de mes propres yeux et non à travers un écran et que je l’ai touchée de mes mains que mon coeur s’est apaisé.
Enfin, la vie, après leur avoir fait endurer une terrible épreuve souriait enfin aux parents de notre protégée qui a aussi fait un petit tour par radio Mosaïque, graine de star, avant de rentrer à la maison. Et nous sommes tellement contents pour la petite famille Nehdi qui a repris le cours normal de sa vie.
Grâce au tapage médiatique qu’a suscité cette affaire, Sarra et ses parents ont reçu de nombreuses aides financières et des dizaines de cadeaux, comme quoi à tout malheur, son lot de bonheur ! Mais ce qui est sûr, c’est qu’Aziza et toutes les mamans de la Tunisie auront appris une leçon : ne jamais baisser la garde sur leurs enfants et ne jamais les laisser entre des mains inconnues ou pas sûres.
Enfin, on l’espère !