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Farès Belhassen: L’acteur qui murmurait aux oreilles des patients

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Farès Belhassen: L’acteur qui murmurait aux oreilles des patients

Il est jeune, beau (je dirai même séduisant), intelligent, cultivé et, est le fils d’un cancérologue tunisien de renommée. Et, si le gendre parfait existait vraiment?

par Rym Benarous

A travers son rôle dans « Casting », feuilleton projeté durant le dernier mois de Ramadan, Farès Belhassen en a fait chavirer des coeurs.
Et pourtant ! Bien plus qu’un physique enviable et au-delà de son sourire chaleureux, Farès Belhassen déconcerte par son sérieux et une gravité déroutante.
Etonnant ? Non, si l’on sait qu’il est actuellement résident en chirurgie plastique et reconstructrice.
Contrairement donc à Dr House et à Georges Clooney qui enfilaient la blouse blanche devant les caméras, Farès Belhassen l’enfile, lui, dans la vraie vie. Entretien avec un jeune homme, à l’avenir aussi prometteur en tant que chirurgien et acteur.

✮ Devenir acteur, est-ce un rêve d’enfant qui se concrétise ?

Je suis monté sur scène, pour la première fois, à cinq ans. J’ai chanté Patricia Kaas devant 400 personnes. Puis, à l’âge de 15 ans, je me suis initié au théâtre, dirigé par Hichem Rostom, que je re-côtoie d’ailleurs bientôt dans un film.
Au lycée, j’ai eu l’occasion de présenter un one-man-show. Ce sont des expériences inoubliables pour moi.
C’est donc, tout naturellement qu’après le bac, j’ai pensé à faire du théâtre mon métier. Mais, ma fascination pour la médecine et pour la chirurgie en particulier était encore plus forte. Et c’est ainsi que j’ai choisi ma voie.

✮ Quelles sont donc les raisons de cette fascination ?

Mon père, Slim Belhassen, est un éminent chirurgien cancérologue. J’ai donc fréquenté cet univers et notamment le bloc opératoire dès mon plus jeune âge. Ce métier noble est ancré en moi et, si je l’ai choisi, c’est donc par amour et par conviction, même s’il a nécessité de longues années d’étude, d’interminables nuits blanches et quelques concessions, comme partir en France pour y entreprendre mes études de médecine.

✮ Est-ce parce que vous êtes beau que vous avez choisi la chirurgie esthétique ?

Non, pas du tout (rires). Au début, je ne savais pas quelle spécialité choisir. Tout ce dont j’étais sûr, c’est que je voulais devenir chirurgien comme mon père. Et puis, j’ai trouvé tout mon bonheur dans la chirurgie plastique reconstructrice et précisément la chirurgie de la main.
Dans la chirurgie esthétique, il y a deux pôles qui m’intéressent : le côté noble où nous réparons et traitons par exemple des traumatisés de la vie.
Et puis, il y a ce côté artistique où nous tentons d’atteindre la perfection qui n’existe pas en nous.
La chirurgie esthétique est la seule chirurgie où le résultat n’est jamais objectif. Même si le chirurgien fournit un travail énorme, il ne sait jamais d’avance si le résultat plaît au patient ou pas. C’est là, l’éternel challenge des chirurgiens plastiques.

✮ Nous ressentons chez vous beaucoup d’admiration pour votre père…

Dr Slim Belhassen est, de l’avis de tous, un excellent chirurgien. Mon expérience aujourd’hui me permet de confirmer ces dires. En dehors du bloc, c’est une personne très forte mentalement. Avec ses patients, c’est un médecin hors pair, qui sait les écouter et les soutenir. C’est également un père de famille formidable, qui a toujours été présent pour nous. Il est mon modèle absolu dans la vie. J’espère un jour atteindre sa classe en tant que chirurgien mais aussi sa disponibilité en tant que père.

✮ Revenons à votre passion. Psychologiquement, passe-t-on facilement de la blouse du médecin aux fards de l’acteur ?

C’est vrai, parfois, il faut être à la limite de la schizophrénie (rires). Plus sérieusement, j’ai trouvé que l’univers codifié et sérieux de la médecine ne différait pas beaucoup de celui de la scène et des caméras. Le théâtre, par exemple, demande énormément de discipline, de condition physique et de concentration. Il y a beaucoup de similitudes entre le métier d’acteur et celui de chirurgien. Heureusement aussi que dans ma tête, les choses sont claires. Pour moi, mon métier restera à jamais la chirurgie. Je me suis battu pendant de longues années pour y arriver et je ne suis pas prêt à y renoncer. Quant à ma passion, je la vis en dehors de l’hôpital, dans le respect du code déontologie que m’impose mon métier. Et si un jour je devais choisir, c’est sûr que, je ne prendrais pas beaucoup de temps à y réfléchir.

✮ Votre passion ne risque-t-elle pas de jeter un discrédit sur votre métier ?

J’avoue qu’au début, j’ai eu peur qu’il y ait une cassure, car la relation entre un docteur et ses patients doit être basée sur la confiance et le respect. Heureusement que, dès que j’enfile ma blouse blanche, je redeviens Dr Belhassen. Cet uniforme possède un tel pouvoir et une telle vertu que les patients réalisent immédiatement qu’ils ont affaire à un médecin et non à un acteur. Et puis, il y a ces petits clins d’oeil sympathiques de temps en temps, comme ce petit garçon à qui je donnais un médicament et qui m’a demandé de lui signer un « orthographe ».

✮ Et votre équipe, que pense-t-elle de votre apparition dans un feuilleton ?

Je travaille en équipe avec cinq grands chirurgiens. Tout le monde sait que les chirurgiens sont généralement carrés et assez durs dans leur mentalité. Malgré cela, mes collègues m’ont soutenu et j’ai même eu droit à des compliments et à des remarques très gentilles de leur part. Je suis fier que des médecins pour qui j’ai beaucoup de considération, aient apprécié ma prestation, surtout que les chirurgiens plasticiens sont réputés être des artistes et avoir un bon jugement.

✮ Vous reverra-t-on bientôt sur les écrans ?

Oui, mais sur le grand écran cette fois-ci. Je viens de terminer le tournage du film « Hkeyet Tounseya », un film de Nada Hfaïedh. Mon frère Néjib y détient d’ailleurs le rôle principal. Ce sont de petites histoires qui reflètent la société tunisienne actuelle. J’y ai un petit rôle, mais si je l’ai accepté, c’est surtout parce que je voulais tourner des scènes avec mon frère. Nous n’en avons jamais eu l’occasion dans Casting.

✮ En parlant de Néjib, quelle relation vous unit tous les deux ?

Une relation très complice bien que nous soyons très différents à bien des égards et sur plusieurs plans. N’empêche, nous nous aimons énormément et le fait de jouer ensemble, de partager cette même passion et de côtoyer le même milieu nous a beaucoup rapprochés.

✮ Entre les nuits de garde, les tournages, les cours de théâtre, comment faites-vous pour garder une forme au top ?

Avec un tel rythme de vie (je ne m’en plains pas d’ailleurs), je n’arrive pas vraiment à me reposer comme il le faut. Toutefois, j’essaye d’avoir une vie saine, de ne pas trop veiller le soir, de faire du sport. Je fais par exemple 3 à 4 heures de footing par semaine et j’essaye de me ménager au maximum pour rester concentré à 100% aussi bien à l’hôpital que lors des tournages.