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Foued Frini Un homme, deux passions !

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Foued Frini Un homme, deux passions !

Foued Frini, passionné de sport et de cuisine, nous reçoit dans son restaurant « Voyages culinaires » dont le nom, à lui seul, évoque la grande générosité de ce personnage. Après une carrière en tant que professeur d’éducation physique, ce chef s’est lancé à corps perdu dans la cuisine, sa seconde passion depuis toujours. Il nous reçoit pour nous parler de ses habitudes gastronomiques et sportives.

par Ema Farès

Quels sont vos gestes santé ?

Etant un ancien sportif, la santé est pour moi très importante. J’ai toujours essayé de bien entretenir ma santé d’ abord en arrêtant les cigarettes, parce que j’étais  un grand fumeur. J’encourage d’ailleurs tous les fumeurs à franchir le pas car  c’est  un véritable fléau de santé publique. Pour ma part, j’ai commencé à fumer au cours de mes études secondaires au lycée Sadiki, en voulant faire comme les copains. Aujourd’hui, cela fait quatre années et chaque jour sans cigarette est une nouvelle victoire. Je respire à nouveau beaucoup mieux et j’ai un meilleur odorat.

Je suis un grand marcheur. J’ai établi quelques records personnels. Certes, ce ne sont pas des records à l’échelle nationale ou internationale. Mon record est une marche de 35,5 km. Lorsque j’ai le temps, en été, je fais des parcours de 15 à 20 km. Je pense que faire de la marche est l’un des sports les plus simples et adapté à tout le monde. Il suffit de s’équiper d’une bonne paire de baskets et de choisir un petit circuit pour commencer. Mon conseil santé est de faire au minimum une heure de marche  par jour. Je crois que tout le monde peut s’organiser et y arriver.  Je fais également très attention à mon alimentation.

Il faut manger équilibré. Bannir certains aliments de notre régime,  plus particulièrement le phénomène des fast-foods qui touche surtout les enfants et les jeunes, est une nécessité. Dans mon restaurant, j’essaye de proposer chaque jour des plats équilibrés et sains. C’est pourquoi  j’ai choisi une cuisine d’inspiration thaïlandaise car c’est une cuisine qui permet de garder les vitamines  et les saveurs des aliments. De même, j’ai banni la viande de mon alimentation pour lui préférer les produits de la mer.  Je  ne mange que du poisson, des légumes, des fruits,  des céréales et des féculents. Cette alimentation me permet d’être en forme, de tenir la ligne et de paraître plus jeune.

Inciteriez-vous les jeunes à suivre vos deux passions, le sport et la cuisine ?

Bien sûr ! D’un côté, le sport c’est  d’abord bon pour la santé et c’est également un formidable moteur d’intégration et d’épanouissement dans la société. En milieu sportif, on vit beaucoup au contact des jeunes et des associations. Malheureusement, je pense que la pratique du sport n’est pas assez  développée.  J’ai essayé d’encourager ce secteur, à travers une association humanitaire.
C’est l’association Tunaide, rendre le sourire. Cette association fait appel uniquement aux jeunes qui sont volontaires et qui aident les enfants malades, notamment ceux atteints du cancer, pour leur rendre le sourire et alléger leur quotidien de soins parfois lourds. Par ailleurs, j’encourage énormément les jeunes à s’orienter soit vers le sport, soit vers les associations et surtout le travail bénévole. Les jeunes peuvent aussi s’exercer dans l’art culinaire. Vous savez c’est un métier qui est très en vogue. Etre chef de cuisine de nos jours est une profession très prisée. Ce métier permet d’ouvrir des horizons sur l’étranger. Actuellement, vous voyez le développement autour de la cuisine japonaise en Tunisie. Il y a beaucoup de chefs cuisiniers  et de restaurants japonais. Dans notre pays nous avons également de nombreux restaurants italiens et espagnols mais dans une moindre mesure.  Personnellement, je pense qu’il y a de très belles perspectives et de très beaux horizons pour les jeunes qui choisissent les métiers de bouche.

Parlez-nous de l’association Tunaide, rendre le sourire, et de votre engagement humanitaire ?

J’ai créé cette association à partir d’un programme que j’ai moi-même conçu.
C’était un programme de loisirs et d’activités culturelles  ciblant les étudiants. Ce programme était constitué d’un  ensemble d’activités gratuites qui permettait aux étudiants de venir tous les jours au centre culturel sportif d’El Menzah 6.
Les étudiants étaient assidus à ces loisirs et actions culturelles. Sur toute l’année, nous avons constitué un noyau de 6 mille étudiants très réguliers. Ces derniers étaient très intéressés par ces divers programmes d’animation, de théâtre,  de danse, de musique, d’aérobic et de fitness.
A travers toutes ces activités, nous avons formé un groupe et avec ce noyau d’étudiants, nous avons fondé une association de volontariat d’étudiants qui ont choisi l’aide aux enfants et les maladies chroniques. Nous avons avons constaté que la majorité des enfants malades étaient à l’hôpital d’enfants donc nous y avons implanté notre local où sommes actifs depuis 2010. L’association est présente aussi bien à l’hôpital Salah Azaiez qu’à l’hôpital d’enfants. Je suis le fondateur de cette association. C’est un organisme associatif jeune, très volontaire, nommé  Tunaide et qui s’occupe d’enfants malades et c’est l’une des rares associations en Tunisie qui opère tous les jours au sein de l’hôpital.

Parmi nos plus grandes réalisations, en partenariat avec Samsung, nous avons équipé l’hôpital d’enfants de six salles de jeux, complètement aménagées et décorées par nos soins. La collaboration avec Samsung nous a aidés à avoir les équipements nécessaires et nous permet de payer les salaires des animatrices affectées dans ces salles de jeux pour s’occuper des enfants  malades pendant toute la journée.

Avez-vous la même passion pour vos deux métiers ?

Je suis un homme passionné. Je fais tout avec passion aussi bien mon premier métier et ma profession de base et d’origine, le sport, qui m’a fait vivre énormément de satisfactions. J’ai été présent aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996 en qualité de coordinateur technique et scientifique. J’ai été à l’origine de  la création de centres pour la promotion des enfants en Tunisie, et également à l’origine de la création du programme « Collège universitaire » pour les étudiants. J’ai eu une carrière très riche au cours de mon parcours professionnel en tant qu’éducateur, que responsable, qu’inspecteur principal, et qu’enseignant à l’Institut Supérieur du Sport et de l’Education Physique (ISSEP) de Ksar Saïd. Et, c’est clair que je suis  passionné par les métiers du sport. Ceci ne m’a pas empêché d’assouvir  ma passion pour la cuisine mais je suis également une personne qui aime le chant et les randonnées. Donc j’ai vraiment un tas de passions que je vis réellement et pleinement.

Avez-vous un secret pour rester  jeune et en bonne santé ?

C’est l’alimentation, le sport et le fait d’être curieux. Il s’agit de vivre et de vouloir pleinement les choses pour pouvoir les vivre avec passion. Je pense que ces trois paramètres font qu’on peut rester jeune et en bonne forme même à un âge mur.