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France et Tunisie unies pour la liberté

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France et Tunisie unies pour la liberté

Le vendredi 9 septembre est une date qui restera gravée dans le cœur des quelques 8000 personnes qui étaient rassemblées au théâtre antique de Carthage à l’occasion du concert «Hymne à la liberté» offert par la France en hommage au peuple tunisien et pour célébrer l’avènement de la Tunisie nouvelle née au lendemain du 14 janvier 2011.

par David Rivory

C’est pour rendre honneur au courage du peuple tunisien lors de sa révolution que le Président de la République Française, Nicolas Sarkozy a chargé à son ministre de la culture Frédéric Mitterrand, de prendre contact avec son homologue tunisien Ezzedine Bach Chaouch, afin de convenir d’une action qui rendrait hommage à la révolution tunisienne. Il fut ainsi convenu que cela prendrait la forme d’une émission TV exceptionnelle, intitulée «hymne à la Liberté», retransmise à la fois en France, sur France 3, en Tunisie, sur Tunisia 1 et partout dans le monde grâce à TV5. Au cours d’une conférence de presse, tenue conjointement par le ministre de la culture, Mehdi Houas, le ministre du tourisme et du commerce et avec en invité Rémy Pflimlin, le PDG de France télévison. Celui-ci a déclaré que le groupe était «très fier de participer à cet événement et d’en assurer la diffusion. Il s’agit là d’un témoignage de soutien au peuple tunisien. Nous avons beaucoup suivi le Printemps Arabe et il était important pour nous de montrer la sérénité retrouvée du pays mais aussi cette culture que nous aimons beaucoup en France. D’où cette idée de créer un pont entre les deux rives de la Méditerranée autour de la musique pour un concert associant des artistes des deux pays. Sans oublier un rappel des moments les plus marquants de la Révolution. Quant-à la diffusion sur France 3 et TV5, elle donnera un retentissement mondial au concert pour montrer que la nouvelle Tunisie est bien vivante».
Et ce vendredi 9 septembre en début de soirée, c’était la foule des grands jours qui se pressait à l’entrée du théâtre antique de Carthage. Les 8000 invités présents ont fait résonner de leurs applaudissements l’antique structure lors de l’entrée sur scène de l’humoriste tunisien Lotfi Abdelli, accompagné de l’animateur français Laurent Boyer. Maîtres de la cérémonie, ils ont présenté les différentes interventions de la soirée et recueilli les impressions des artistes invités.
Le public n’a pas boudé son plaisir, accueillant chaque artiste avec une ovation et une forêt de petits drapeaux tunisiens.
La soirée a fait la part belle aux séquences émotion, dont la plus remarquable fut sans conteste le duo Patrick Fiori-Amel Mathlouthi qui ont interprété une version «14 janvier» de la chanson «Utile» de Julien Clerc, se demandant «à quoi sert une chanson quand elle est désarmée» ? Emotion également avec la vidéo du cyber activiste Sofian Ben Hadj racontant la mobilisation des jeunes pendant ces journées historiques du 17 décembre 2010 au 14 janvier 2011 ou bien encore celle de Leïla Souissi, commissaire de l’exposition du collectif Dégage qui a figé ses instants sur pellicule afin de témoigner de la réalité sur place.Et si les artistes français, pour certains peu connus ici, ont reçu un bel accueil, ceux du Maghreb, en revanche, ont électrisé le public de Carthage : le toujours bondissant Rachid Taha a fait «rocker» le théâtre antique avec son «Rock the Kasbah», tout comme El General, groupe emblématique de la Révolution, avec «Reyes el bled». Jane Birkin a, semble-t-il, eu beaucoup de plaisir à chanter en duo «La javanaise» avec Mounir Troudi.
Arielle Dombasle a, pour sa part, su conquérir le cœur des tunisiens à la fois par sa chanson, un «Hasta Siempre» résolument révolutionnaire, et par son grand charme féminin…
La jeune chanteuse Irma, a elle aussi remporté l’adhésion du public. Ses différentes interventions ont été fort applaudies, notamment son interprétation de «Free» de Stevie Wonder.La dernière partie de soirée a vu la majeure partie des artistes revenir. Rachid Taha a été accueilli à nouveau par un concert de you you tandis qu’Emel Mathlouthi est revenue sur scène, véritable Marianne du sud, drapée dans un étendard tunisien… On n’oubliera pas de citer Faudel, les Magic System, Agnès Jaoui et Amina pour que le tableau de cette bien belle soirée soit complet. ■