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Gilles-Jacob Lellouche, un candidat qui fait débat.

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Gilles-Jacob Lellouche, un candidat qui fait débat.

L’instauration des régimes démocratiques se fonde sur l’égalité. Dans un Etat démocratique, personne n’a le droit d’exclure un individu parce qu’il est homosexuel, kurde, chiite, athée, copte, juif, berbère ou noir. Toute discrimination à l’égard d’une personne, d’un groupe de personnes ou d’une communauté, s’oppose à l’essence même de la démocratie.

par Afef Horchani

La Tunisie, le pays dans lequel s’est déclenché le processus révolutionnaire connu sous le nom du « Printemps arabe », revendiquant l’émancipation et la dignité des personnes et des peuples vit, actuellement, une polémique à cause de la décision d’un juif tunisien de se présenter aux élections de l’Assemblé Nationale Constituante.
Interview de Gilles-Jacob Lellouche, ce candidat qui fait débat.

D’abord, quelle est votre attitude vis-à-vis de la polémique qu’a suscitée votre candidature aux élections de l’Assemblée Nationale Constituante ?

A vrai dire, je ne vois pas pourquoi il devrait y avoir une polémique sur ma candidature. Il s’agit de la candidature d’un citoyen tunisien, inscrit sur la liste électorale de l’Union Populaire Républicaine (UPR), impliqué dans la vie de mon pays, depuis que j’ai décidé, il y a seize ans, de faire mon retour définitif en Tunisie après avoir passé une vingtaine d’années à Paris où j’ai été le conseiller en communication de maintes associations et partis politiques.
Pendant des décennies, nous, tunisiens et tunisiennes, de diverses religions et de courants politiques disparates, nous n’avons pas exercé de véritable pratique politique fondée sur la participation réelle à la gestion des affaires de la cité, la signification première de la pratique politique. A cet égard, j’attire l’attention sur le fait que moi, ma colistière et amie l’artiste Sadika Keskes et toutes les forces vives de l’Union Populaire et Républicaine (UPR), nous avons mené, depuis des années, des actions qui ne s’inscrivent pas dans le cadre de la politique politicienne, mais plutôt des actions au service des habitants de la cité. Ainsi, dans le cadre de l’action «Chammrou âla dhrahkom» (Retroussez vos manches), nous avons créé dans les villages du gouvernorat de Kasserine pas moins de 500 emplois (création d’ateliers d’art et d’artisanat). Très proche des préoccupations des tunisiens, l’UPR, ne leur offre pas des poissons, il leur apprend comment les pêcher. C’est un parti qui opte pour la réalisation plutôt que pour la promesse.

Présentez-nous davantage l’Union Populaire Républicaine, sa doctrine et son programme sanitaire.

L’UPR est un mouvement politique qui se situe au centre de l’échiquier politique, il n’est ni de gauche, ni de droite. Il révère la Constitution Tunisienne, les valeurs arabo-musulmanes et la Déclaration universelle des droits de l’Homme, fondée sur les valeurs de justice, de solidarité, de dignité et d’égalité.
L’UPR considère que la séparation des pouvoirs, qui assure l’indépendance de la justice, la liberté de la presse et l’organisation d’élections libres et transparentes, offre les garanties nécessaires et indispensables pour une vie politique émancipée. Notre parti milite pour instaurer la liberté dans son esprit universel en tant qu’entité et valeur indivisible qui ne supporte aucune partition.
L’UPR ne croit pas aux idéologies et aux solutions importées. Elle considère que la Tunisie est singulière au vu de ses spécificités historiques, sociales, culturelles et économiques et nécessite des solutions et une organisation compatible avec la réalité du pays et les aspirations de son peuple.
Le programme sanitaire de l’UPR inclut différents aspects. Pour ce qui concerne le secteur privé, L’UPR propose un Numerus Clausus national des médecins de libre pratique. Il propose aussi l’instauration de deux types de consultations, l’une assurée par la CNAM, dont le montant est entièrement à la charge de celle-ci et qui ne donne droit qu’aux produits homologués par les structures publiques dans le cadre de la nomenclature hospitalière.
La seconde consultation est entièrement libre, elle est à la charge du patient et de son assurance.
La promotion des médecins et des cadres paramédicaux se fait par instauration d’une nomination à une fonction et la participation au concours ou une présentation d’un dossier réévaluable tous les cinq ans et ce, pour toutes les fonctions.

Gilles-Jacob Lellouche en quelques mots :

Après avoir terminé ses études supérieures à Paris IX Dauphine (gestion marketing), M. Lellouche a créé son agence de communication spécialisée dans l’associatif et le para-administratif.
Créateur de jeux de société (Box Office – la mémoire du cinéma, les mécènes, les téléphages etc.), restaurateur à Paris (El Toro Loco et la Cave à Cézig), créateur du groupement artisanal «Les salles Gosses », créateur d’ateliers d’artisanat d’art « Made In la Goulette», formateur en création artisanale dans le cadre du «projet Dougga» pour le compte de l’Institut Français de Coopération et créateur du restaurant «Mamie Lily» Tunisie, M. Lellouche a fondé, en 2011, l’association Dar el Dhekra dont il est le président.
Par ailleurs, l’UPR recommande de rendre le remboursement effectif le plus vite possible après décision de la commission médicale des médicaments et de permettre, autant que possible, le remboursement des traitements innovants.
Comme démarche préventive, l’UPR propose d’offrir à chaque citoyen, à partir de 40 ans, le droit d’avoir une consultation gratuite de prévention et d’évaluation précoce des risques de santé, assurée par le médecin traitant et d’améliorer le remboursement du vaccin contre la grippe saisonnière pour les groupes à risques (personnes âgées, malades chroniques, etc.) L’UPR favorise également la médecine de proximité par le biais de la promotion du dossier médical global (DMG), qui encourage le patient à consulter son médecin détenteur ce qui lui permet de bénéficier d’un meilleur suivi médical et de consultations moins chères.
Valorisant le concept de médecine de famille, notre programme sanitaire comprend la création d’un statut de « malades chroniques », qui puisse les aider à faire face à leurs besoins spécifiques et notamment aux frais importants auxquels ils sont fréquemment confrontés ainsi que le remboursement des médicaments afférents à la pathologie de base et l’identification de la prise en charge spécifique comme les affections rhumatismales inflammatoires.

L’UPR est un parti qui compte beaucoup sur l’appui des acteurs de la société civile. Quelle est l’utilité de cette collaboration ?

Notre parti a compris qu’il fallait s’appuyer sur l’apport des représentants de la société civile tunisienne. Marcher main dans la main avec les associations qui œuvrent dans divers domaines, environnemental, culturel, caritatif, éducatif, sanitaire, économique… nous permet d’être à proximité de nos concitoyens, d’appréhender davantage leurs préoccupations, d’entendre les différentes sortes de difficultés et de concevoir les revendications variées.
Cette collaboration entre les partis politiques et les représentants de la société civile est à même de consolider la démocratie participative. L’apport de citoyens, d’intellectuels, d’artistes et d’éminentes personnalités, qui agissent dans le cadre des organisations non gouvernementales à but non lucratif pour atteindre des objectifs d’ordre humain, culturel, économique… représente un facteur d’équilibre restreignant le pouvoir hégémonique de l’Etat.

C’est en ce sens que l’on doit comprendre la fondation de l’association « Dar El Dhekra » «Maison des souvenirs » ?

«Dar El Dhekra » a été créée, le 28 février 2011 par des intellectuels tunisiens dont les trois quarts sont musulmans et un quart de confession juive, dans l’objectif de sauvegarder le patrimoine judéo-tunisien.
Les priorités de notre association sont la préservation et la promotion du patrimoine judéo- tunisien comme partie intégrante du patrimoine national de notre pays.
Quant à notre plan d’action, il comporte l’organisation des rencontres, des débats, des conférences, des expositions ainsi que la création d’un site internet proposant un musée virtuel qui devrait voir le jour assez rapidement et l’édition d’ouvrages relatifs à cette composante de la culture tunisienne.
Notre activité associative ira dans le sens même du développement culturel de la Tunisie et de son essor touristique.
Je souhaite aux initiatives similaires à la notre un franc succès pour que nous puissions dévoiler le visage multiculturel et multireligieux de notre Tunisie.