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Hend Chaouch : Je suis sportive certes, mais femme avant tout !

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Hend Chaouch : Je suis sportive certes, mais femme avant tout !

Combattante sur tous les fronts, Hend Chaouch a su s’imposer dans le paysage rude des sports mécaniques en Tunisie et à l’étranger. Devenue une figure incontournable du Rallye Tunisie, elle est toujours habitée par la même passion et la même rage, depuis ses 15 ans.

par Nadia Arfaoui

Hend Chaouch est d’ailleurs la seule femme à participer cette année à la 30ème édition du rallye Oilibya. Portrait santé d’une sacrée pilote.

Quels sont vos gestes beauté au quotidien?

Ce n’est pas parce que je pratique un sport mécanique que je néglige ma féminité. L’un n’empêche pas l’autre. Je suis sportive certes, mais femme avant tout. Dans la vie courante, j’adore m’occuper de moi et sortir du quotidien sportif. Toutes les semaines, hiver comme été, je vais chez l’esthéticienne pour me faire faire une manucure pédicure. Je me fais faire des brushings de temps en temps, je me maquille souvent et quand je vais dans des soirées, je me mets sur mon trente et un et je me permets quelques rajouts également. Comme, toutes les femmes j’adore les marques. En fait, je suis très shopping. C’est d’ailleurs mon plus grand vice en plus des voyages.

Quel est votre secret pour être en forme?

J’ai une vie très saine. Je carbure à l’eau, je n’ai jamais fumé, je suis anti-cigarette même si mon plus grand sponsor était Marlboro pendant des années. Comme tu peux bien le constater, il n’y a pas un coin dans mon bureau où on ne trouve pas le rappel « Interdit de fumer », même sur les interrupteurs. Je n’ai jamais goûté à l’alcool, je ne me suis jamais droguée et encore moins dopée.
Mon seul vice, c’est les boissons énergisantes quand j’ai le physique en bas de l’échelle. J’ai une alimentation très saine, je ne suis ni gras, ni pâtes à outrance. J’ai pris vingt kilos suite à mon accident, il y a cinq ans.

Comment peut-on surmonter une telle épreuve?

Un moral d’acier, une volonté intérieure et un entourage présent. Je remercie d’ailleurs tous ceux qui m’ont soutenue en m’empiffrant de gâteaux et de chocolat tout au long de mon séjour à la clinique, où j’ai passé je ne sais combien de mois, clouée au lit totalement plâtrée de haut en bas.<

Quel est votre secret pour rester si féminine pendant la course?

Quand je rentre là dedans, je deviens un mec. La seule touche de féminité qui me reste pendant la course est mon rouge à lèvres sinon un baume à lèvres (cerise ou fraise). Je ne peux pas me passer de mes crèmes hydratantes également. D’ailleurs, c’est à moi que tout le monde s’adresse pour demander un gel douche, un shampoing ou une crème. Il est vrai que c’est un milieu rude mais j’ai besoin d’un minimum de confort. Je me sens mal quand ma voiture n’est pas propre ou qu’elle sent mauvais. Je craque surtout pour trois parfums, pêche, pomme et vanille. On se paye d’ailleurs ma tête, tout le monde l’appelle, « la voiture Séphora ».

Comment vous préparez-vous pour la compétition?

La préparation se fait sur l’année. Il est vrai que le mental est très important. J’ai appris à me concentrer et être toujours prête. Mais, il ne faut pas oublier le physique. Ce n’est pas par ce qu’on est dans une voiture qu’on n’a pas besoin d’une physique. Quand la voiture s’embourbe dans le sable, il faut pelleter et creuser avec les mains pour la dégager avec une chaleur dépassant parfois les 40°. Une crevaison, un accident,… tout peut arriver. Il faut parer à toutes les éventualités. On est parfois obligé de marcher 100 mètres dans le sable, ce qui équivaut à 3 bornes sur le goudron. Si tu n’as pas le physique, c’est à dire le souffle et l’endurance, tu n’as aucune chance dans le désert. Je fais donc beaucoup de sport à longueur d’année. de la marche rapide, du tapis, du vélo et du roller aussi.

Etes vous optimiste concernant l’avenir du Rallye en Tunisie,?

Oui, parce que je suis toujours là. Si je suis arrivée à y demeurer depuis seize ans, ça veut dire que j’ai beaucoup de courage et de  volonté pour imposer ma présence dans le paysage sportif et médiatique en Tunisie et ailleurs. Je n’ai intention de lâcher que le jour où il y aura d’autres personnes qui prendront la relève. J’espère que je serai toujours là pour leur montrer la voie. Par contre, je ne peux pas m’empêcher d’être un peu pessimiste parce que le sponsoring ne suit pas. Si on n’arrive pas à trouver des gens qui soient prêts à miser sur nous, le sport mécanique risquera s’éteindre. Cette année, grâce aux efforts de Stéphane Clair, l’organisateur du Rallye Tunisie, qui a offert la gratuité aux tunisiens, six équipages ont pu concourir. Le problème est essentiellement le manque de moyens et pour qu’un sport puisse évoluer, il n’y a pas de secret, il faut une fédération. Nous avons la chance de pratiquer un sport très médiatisé. C’est une excellente vitrine du sport, mais aussi du tourisme et de l’économie.

Des conseils pour les jeunes?

Il faut beaucoup de volonté, une grande dose de courage et beaucoup de patience. Sur ce point précis, les femmes présentent un grand avantage par rapport aux  hommes. Beaucoup de gens pensent que les sports mécaniques ne sont pas faits pour les femmes, mais en réalité elles ont plus de chance de réussir grâce à leur patience légendaire (avec leurs maris, leurs enfants..), ce qui peut s’avérer un grand atout dans le désert. Je conseille à tous les jeunes de persévérer. Il faut vraiment beaucoup de souffle et d’endurance surtout pour dénicher les sponsors. Je souhaiterais également insister sur le côté intellectuel qui est aussi important que le physique ou le mental. Il n’y a pas pire qu’un sportif qui ne sait pas parler ou répondre aux questions des journalistes. Il faut avoir le sens de la répartie, être proche des gens et rester naturelle. Il ne faut surtout pas prendre la grosse tête. Je suis très fière de Oussama Mellouli et Zied Tlemsani qui sont pour moi d’excellents ambassadeurs sportifs à l’étranger.

Son actualité
Participation au Rallye Oilibya de Tunisie

  • Elle a reçu la Coupe du 1er challenge tunisien auto, des mains de l’organisateur du Rallye, Stéphane Clair.
  • Le moment émotion : Le Trophée Latif, décerné en hommage au grand pilote et copilote Chedli Latif . « J’ai été très émue lors de la remise de ce trophée. C’était un grand ami avec qui j’ai fait 80% de mes courses».
  • Son classement : « J’aurais pu être dans les 10 premiers mais à cause de 2 heures de pénalités, j’ai été classée 12ème.  Ça aurait été bien surtout que c’est la première manifestation sportive et touristique après la révolution ».

01-06-11