Nos Plus

Isabelle Enault « Happy Dog » , un combat citoyen

Publié le
Isabelle Enault  « Happy Dog » , un combat citoyen

Isabelle Enault a fondé l’association Happy Dog, avec l’aide de trois amis proches, fin 2014. Elle est également correspondante du média électronique : lepetitjournal. com/tunis. Elle est tombée amoureuse de la Tunisie et a décidé de s’y installer en 2003.

par Salem Djelassi

Rédactrice et publicitaire de formation, elle a choisi de travailler sur l’image et l’événementiel pour donner du dynamisme à la protection canine et permettre à son association de subvenir au plus vite aux besoins des chiens errants qu’elle accueille. Elle installe son centre de secours canin depuis fin février à Raoued Plage. Les chiens y vivent en liberté et le centre dispose d’une salle vétérinaire pour les soins.

Quels sont vos  gestes santé au quotidien ?

Ça démarre le matin avec des cocktails de légumes et de fruits et je varie le plus possible ce genre d’aliments. Je consomme les fruits avec leur peau pour ne rien perdre en vitamine, sauf la peau des agrumes que je récupère pour faire des tisanes. J ‘essaie aussi de réduire ma consommation de viande et c’est pour cela que  je prends aussi de la spiruline  que je trouve parfaite pour ne pas perdre du muscle.

Etes-vous une adepte du bio?

Pas vraiment, parce que c’est encore un petit peu compliqué ! Je trouve que toute l’alimentation bio est encore un peu chère  et demande de l’organisation et du temps que je n’ai pas. Disons de consommer (presque 100 % naturel) et bio si je peux.

Côté sport ?

Je ne suis pas du tout sportive! Par contre, je marche beaucoup, en promenant les chiens à la plage ou dans les bois. Ça me fait une heure de marche par jour. De temps en temps, je fais de la gym chez moi, surtout si je me sens « rouillée » et, pendant l’été, je nage.

Etes-vous une bonne cuisinière ?

Oui, pour certains plats!  J’aime bien faire du sucre-salé, des recettes exotiques ainsi que des plats vitaminés avec du poisson, beaucoup de légumes, d’aromates et d’épices. J’essaie de réduire ma consommation de viande au maximum ( ce n’est pas toujours facile ! ). Je « craque » environ une fois tous les dix jours, le végétarisme n’a jamais fait partie de mon éducation.

Pourquoi cette rupture avec la viande, vous voulez devenir végétarienne ?

J’essaie, mais ce n’est pas évident du tout ! Comme je suis dans la protection animale, je vois presque quotidiennement des images terrifiantes, particulièrement sur l’élevage industriel : des vaches, des porcs ou des poulets qui sont enfermés toute leur vie dans des cages avec pour seule raison de « vivre » : notre alimentation …. Je vois des animaux maltraités avant d’être abattus, des animaux gavés … Je vois la souffrance qu’on inflige à ces animaux.  A cela, s’ajoute l’alimentation industrielle qu’on leur sert et qui est extrême et dangereuse, ainsi que les antibiotiques qu’on leur fait ingurgiter pour éviter les maladies dues à ce qu’on leur fait subir !!!

Aujourd’hui, on a presque complètement oublié l’élevage fermier parce que ça coûte plus cher, qu’on est en surconsommation et qu’on ne réfléchit plus. Pour moi, l’élevage fermier est le seul qui est acceptable mais malheureusement ça devient compliqué …

Vous êtes passionnée de chiens au point que vous avez créé une association pour  porter secours et à ceux qui  sont maltraités, errants ou abandonnés parmi eux …..

Effectivement l’association s’appelle « Happy Dog « , j’avais envie de consacrer tous mes loisirs aux chiens  et, bien sûr, en priorité aux chiens les plus en danger.
« Happy Dog », cela veut dire chien heureux ! Et comment faire pour rendre un chien heureux ? Un chien est à peu près comme un enfant. A un enfant on donne à manger (une nourriture saine), on veille à ce qu’il dorme dans un endroit confortable, on lui prodigue des soins, mais on l’éduque aussi.

C’est l’éducation qui donne des repères. Le chien a aussi besoin de repères, de protection et de soins. Il a besoin d’éducation mais pas de dressage. Ici la nuance est très importante : l’éducation est aussi un échange entre le maître et son chien, pour une vie commune en harmonie.

Quel est le combat de votre association?

C’est déjà un combat citoyen !
Les chiens sont affaiblis pour plusieurs raisons, dont certaines mauvaises habitudes de maltraitance : chiens attachés toute la journée pour remplacer l’alarme de la maison, chiens chassés à coups de pieds ou de cailloux, méconnaissance du chien qui est souvent vu comme potentiellement dangereux ou malade …
Et bien sûr « l’éternel » problème de l’abattage, aussi choquant que dangereux : on abat ces chiens, de jour comme de nuit, qu’ils soient dangereux ou pas, ils sont parfois laissés agonisants sur le trottoir toute la nuit … Alors qu’un système de capture et de stérilisation pourrait être mis en place par les associations, avec l’aide de l’Etat bien sûr.

Avez-vous des messages à faire passer à nos lecteurs pour mieux protéger les animaux ?

Il faut d’abord arrêter d’acheter des animaux n’importe où et n’importe comment parce qu’il y’a des éleveurs ou « apprentis-éleveurs » qui sont peu recommandables. Une grande partie des chiens en vente sont aussi des chiens volés ! Ensuite il faut aider les associations à faire leur travail. Elles ont besoin de dons, de bénévolat et de soutien moral.

Leur demander de sauver tous les chiens (ou chats) est juste une utopie, tout comme attendre tout des associations sans rien faire. Pour ma part, je me concentre sur les chiens les plus affaiblis, je les accueille, les réconforte, les sociabilise et je suis stricte sur les adoptions. J’exige aussi des frais d’adoption pour couvrir leurs soins, mais aussi pour pallier à tous les frais des animaux « dont personne ne veut ».

Faire adopter un animal sans frais est une très mauvaise habitude, et cela doit changer. Je conseille aussi aux gens de ne plus attacher leur chien parce qu’un chien attaché toute la journée déprime, perd ses repères, et finit par devenir fou, c’est inhumain et dangereux. Il faut avoir beaucoup de compassion avec les animaux, et arrêter de penser qu’on leur est forcément supérieurs. Nous avons des leçons à recevoir de la nature et des animaux, l’état actuel de la planète nous en apporte la preuve tous les jours et de plus en plus.