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J’adore la pluie

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J’adore la pluie

Les premières pluies sont déjà là. Mais la pluie c’est aussi la grisaille, une température plus fraîche, le petit gilet qui s’impose en sortant, le matin, de chez soi…Moi, j’adore la pluie, et vous?

par Sondes Khribi Khalifa

Perception et représentations

Nous ne sommes pas tous les mêmes, face à la pluie, à la chaleur de l’été, ou face à un objet exposé dans la vitrine d’un magasin. De façon globale, nous n’appréhendons pas le monde autour de nous, de façon uniforme, la même pour tous. Chacun d’entre nous porte une sorte de lunettes, invisibles, et qui sont construites et générées en permanence par le mental. Il s’agit de représentations.

Comme son nom l’indique, une représentation est le fruit d’ une re, donc d’une autre ou d’une nouvelle, présentation d’un phénomène ou d’un objet donnés. Nous sommes donc en train de percevoir le monde et la réalité qui nous entoure, au travers d’un certain nombre de représentations. Celles-ci sont construites très tôt dans l’enfance, dès qu’il commence à y avoir échange avec les autres. C’est que, une représentation ne se construit pas toute seule, ou dans l’absolu ou le vide, elle se construit en fonction de l’environnement, des expériences et des échanges vécus.

 

J’adore la pluie ! Et vous ?

La pluie induit chez la plupart des personnes un sentiment de tristesse, une baisse du tonus et de la motivation, une envie de repli sur soi, voire même des envies de sucre, de chocolat, ou encore de pâtes…chez beaucoup de femmes. Il faut d’abord savoir que cela à avoir avec ce qu’on appelle la déprime (ou parfois la dépression) saisonnière. Celle-ci serait due au déficit de lumière, naturelle notamment. Il est donc possible que la sensation de malaise ou de lourdeur ressentie chez nombre de personnes, face à la pluie…soit en partie, induite par cet aspect.

Mais plus généralement, le ressenti qu’une personne va développer face à la pluie, reste très subjectif. Subjectif dans le sens où il va dépendre de l’histoire de cette personne, ce qu’elle a vécu, son environnement, etc. En d’autres termes, si vous avez, par hasard, rencontré votre premier amoureux, par une pluie battante ; si vous avez marché la main dans la main sous la pluie, avec ce sentiment d’être seuls au monde ; normal alors que vous aimiez la pluie! Si vous avez passé une période de votre vie, plutôt agréable, dans un pays froid et où il pleut toujours, vous aurez associé à l’information pluie…une information très positive, un sentiment de bonheur même. Le cerveau est un organe au fonctionnement très subjectif, et pas du tout logique ou rationnel, comme on a tendance à le croire…

 

Des modes perceptifs différents…

Le cerveau est un organe au fonctionnement très subjectif, et pour cause, on parle de modes cognitifs, et donc de modes perceptuels. Le mot « modes » implique la pluralité, il s’agit donc de différentes « façons de faire »…Sachant que toute tâche ou activité cognitive commence par une perception donnée, de quelque chose ou de quelque phénomène.

Mode perceptif cela veut dire aussi que, biologiquement, nous ne percevons pas tous, la même chose, systématiquement de la même façon. Ceci va au-delà des différences entre personnes, car différents modes perceptifs caractérisent le monde vivant, en général.

 

Par exemple: les abeilles peuvent voir la lumière ultra-violette, et pas nous. Par contre, elles ont une acuité inférieure à la nôtre. Le faucon, lui,  a une acuité plus développée, mais seulement en ce qui concerne le mouvement. C’est-à-dire qu’il perçoit très bien (mieux que nous) et depuis le ciel, quand quelque chose bouge sur la terre ; il comprend alors que c’est une proie et il fonce dessus. Ceci étant, au niveau du mécanisme même de la vision que l’on peut croire comme étant plutôt objective et uniforme. Que dire alors au niveau de l’attribution de sens, à ce que l’on voit !

 

Un mode perceptif est donc, par définition, contingent à l’environnement et à l’histoire, voire à l’évolution même de l’espèce en question. La même logique est valable chez nous, humains. Chacun aura un mode perceptif, une façon de percevoir et de comprendre le monde autour de lui, qui est contingente à son histoire et à son environnement. C’est donc très spécifique à une personne. Et nous sommes tous différents, du fait de cette différence de modes cognitifs et perceptifs.

Cherchez dans votre propre histoire;  alors, vous comprendrez probablement pour quelles raisons vous aimez -ou pas- la pluie. Le plus important est que vous compreniez que ceci est complètement subjectif, donc évolutif. Si demain vous vous offrez un voyage en couple, à Vienne, vous allez peut être tellement  aimer la grisaille à votre retour.