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Jeûner loin de sa famille

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Jeûner loin de sa famille

Ramadan est à nos portes. pour beaucoup de veinards, l’année universitaire soit finie et ils sont déjà bien dorlotés chez eux, pour d’autres, ce n’est pas encore le cas : session de contrôle, stage ou études dans un autre pays, certaines personnes vivront Ramadan loin de leur famille cette année encore…

par Myriam Bennour Azooz

Qui dit Ramadan, dit famille, plats succulents et en nombre, parfois même trop, et les fameuses soirées ramadanesques, la musique, l’ambiance des cafés… Bref, tout un monde qui nous enveloppe de chaleur par ses parfums, ses saveurs, ses sons.

Ramadan : le mois de la famille

Jeûner au cours du mois de Ramadan, c’est au sens général s’abstenir de boire, de manger, de fumer ou d’avoir des relations sexuelles du lever du soleil jusqu’au coucher durant ce neuvième mois du calendrier musulman.

Cependant, c’est aussi un temps de partage, de générosité et de joie familiale, communion avec autrui, confrontation avec soi-même. La solidarité est aussi mise à l’honneur à travers les  usages de la générosité et de l’hospitalité, tout cela sur fond de regain des traditions culinaires et musicales. Que les musulmans jeûnent par piété, par volonté de se mesurer à eux-mêmes, ou encore par unité culturelle, les raisons sont diverses.

Ramadan sans famille est-ce toujours Ramadan ?

Pour certains, vous n’aurez pas eu le choix de ne pas passer Ramadan avec votre famille. Que ce soit pour les études ou le travail, le fait est là : maman ne sera pas là pour vous verser votre chorbet frik, papa non plus pour vous commenter chaque parole de l’animateur du JT, ni votre chère mamie qui ne rate pas une occasion pour vous compter le Ramadan de son temps. Vous ne pouvez pas non plus aller au café du coin pour rejoindre vos copains autour d’un café, avec les programmes TV ramadanesques qu’on adore tous critiquer tout en ne pouvant pas s’empêcher de les suivre. C’est aussi ça le charme du mois de Ramadan. Lorsqu’on est privé de tout cela, c’est vrai que ça peut être dur à vivre.

Se retrouver seul

Oui, c’est la première difficulté que l’on a à affronter. Que l’on se soit habitué à cette solitude en temps normal ou pas, pour Ramadan c’est foncièrement différent. Certains d’entre vous se diront sûrement : pourquoi me fatiguer à dresser une belle table, à cuisiner pendant plus d’une heure pour au final juste moi. Même les pâtisseries et les blagues que l’on a l’habitude de faire autour des programmes TV ont moins de goût.

Perte de repères

Si vous êtes dans un pays étranger, vous devez appréhender Ramadan encore plus ! Ici, on a l’habitude d’entendre l’appel à la prière qui ponctue notre journée du s’hour à la rupture, le fameux coup de canon libérateur et enfin, les parfums de délicieux mets qui embaument tout au long de notre chemin vers la maison. Certaines personnes auront encore plus de mal à vivre Ramadan et à se mettre dans l’ambiance sans ces repères qui, finalement, jouent un rôle important dans l’éveil des sensations.

Un rythme effréné

Quand on habite une grande ville comme Paris, Genève ou Bruxelles, il est difficile d’avoir la même vie sociale que celle laissée dans le pays d’origine. Les expatriés sont confrontés à une cadence de travail qui ne prend pas en compte leur jeûne. Après des journées de plus de huit heures, les embouteillages, le métro, il faut encore faire les courses et préparer le repas. C’est normal que parfois on n’ait plus le courage de se mijoter un vrai dîner et de mettre les petits plats dans les grands. 

Que l’esprit de Ramadan soit avec toi !

Bon d’accord, Ramadan c’est avant tout la famille  et, cette année, vous ne pourrez pas être avec elle durant ce mois. Alors quoi ? Vous allez zapper Ramadan ? Faire la grève de la faim ? Vous bourrer de surgelés jusqu’à n’en plus pouvoir ? A Livret Santé, on préfère voir le verre à moitié plein, et on vous dit : si vous ne pouvez pas aller chez vous pour vivre Ramadan, eh bien il ne tient qu’à vous de le ramener là où vous êtes ! Il ne tient qu’à vous de le faire vivre !

L’occasion de s’assumer

S’il est résolument admis qu’il est difficile de passer Ramadan loin de ses parents, de ses frères et sœurs et de ses amis, voilà une occasion de prouver à sa famille, mais surtout à soi-même son indépendance mais aussi sa capacité à se débrouiller tout seul en tant qu’adulte !

Construire de nouvelles traditions

Organisez des ruptures de jeûne collectives avec vos camarades de classe, et faites découvrir les traditions culinaires de votre région d’origine à vos nouveaux amis, même s’ils ne sont pas musulmans ou ne font pas le jeûne. Le moment de la rupture  du jeûne est avant tout un moment de partage et de convivialité, alors, partagez !

Mettez-vous dans l’ambiance de Ramadan

Pour ceux qui ne peuvent pas passer ce mois auprès de leurs familles, la seule option est de recréer à distance le même esprit et la même chaleur. Piquez  la recette délicieuse de borghoul de votre maman ou dégottez-vous de bonnes pâtisseries orientales et du thé aux pignons pour la soirée. Parfois, il suffit d’un rien pour s’envelopper  de la douce ambiance de son enfance.