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Kavanagh: Un humour d’artiste

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Kavanagh: Un humour d’artiste

Anthony Kavanagh est un humoriste dont j’avais occasionnellement vu les sketchs à la télé française mais sans plus. Jusqu’au jour où il fut invité sur le plateau d’un talk-show tunisien et là, ce fut un vrai coup de coeur. J’ai découvert un artiste sympa, spontané, décomplexé et talentueux. Et c’est donc sans une once d’hésitation que j’ai accepté la mission que me proposait ma rédac’chef: couvrir l’avant-première mondiale de son spectacle « Coming Out » et l’interviewer.

par Rym Benarous

Ce qui fut fait par une belle nuit ramadanesque, à l’amphithéâtre Romain de Carthage. Et qu’est ce qu’on a rigolé ce soir là!
En revisitant l’actualité mondiale à sa façon, de petites blagues cocasses aux parfaites imitations de politiciens (étrangers rassurez-vous !) ou de stars, Anthony nous a fait voyager loin, très loin sur la planète du rire. Le fil conducteur de son spectacle n’était autre que Mathis, son fils et malgré le ton comique, on sentait beaucoup de fierté et d’émotion dans la voix d’Anthony quand il en parlait.
Et il y a de quoi ! Ce petit enfant est un joyeux mélange de civilisations et un parfait exemple d’ouverture sur l’autre. Après tout, n’est il pas de mère Suisse et de papa Haïtien d’origine, né en France et ayant vécu de longues années au Canada ? Et c’est après le spectacle que j’ai enfin pu interviewer l’artiste. Star système oblige, on ne m’a accordé que trois minutes. Imaginez l’angoisse ! Mais c’est à un Anthony, sourire aux lèvres et toujours égal à lui-même, que j’ai eu affaire. On a même commencé l’interview par pousser la chansonnette, une « impro’ » dont le refrain était « Livret Santé ». Un souvenir inoubliable ! Et puis voilà qu’Anthony se met à me livrer ses secrets pour préserver sa santé et pour garder une forme toujours au top. Alors curieux ? Lisez plutôt !

A la vie comme à la scène, vous avez une pêche d’enfer et de l’énergie à revendre. Vous faites beaucoup d’exercices physiques ?

Non, ce sont les gènes de mes parents (rires). Plus sérieusement, tout le monde pense que je suis très sportif. La vérité, c’est que je n’aime pas du tout faire du sport. Je n’en fais que pour me préparer à des spectacles ou à des tournées. Je fais un peu de jogging, de la corde ou encore de la boxe pour me mettre en condition mais c’est tout.

Quel est votre geste forme au quotidien ?

Je bois deux grands verres d’eau au réveil. Comme je sais qu’en dormant, le corps est privé d’eau pour de longues heures, il a donc besoin d’être réhydraté tout de suite.

Est-ce que vous faites attention à ce que vous mettez dans votre assiette ?

Certainement !
Je fais très attention à ce que je mange. Quand je sais par exemple que j’ai un spectacle dans la semaine, je ne mange pas trop gras, je ne bois pas beaucoup d’alcool. Faire attention à mon alimentation est capital pour moi. Mon geste forme à moi, c’est de m’hydrater. Toutefois, et en dehors de la période de tournée, je me fais plaisir en m’autorisant à manger ce que je veux, même si c’est moins sain que d’habitude.

Les années ont-t-elles un impact sur vous ?

A mon âge, à quarante ans, (je ne les fais pas n’est ce pas ? Hein que je ne les fais pas ? (rires). Je récupère plus lentement qu’avant. Même si dans ma tête, je n’ai pas du tout quarante ans, ni même trente. D’ailleurs, parfois mon corps me dit « Hey, ça commence à grincer là dedans ». Ce sont des petits détails au quotidien qui me font prendre conscience de ça. Pour récupérer par exemple, avant ça me prenait une nuit, là il me faut deux jours.

Et pour apprendre vos textes, c’est plus dur qu’avant?

Ah oui, ça c’est vrai (rires).
Je me rends compte que ma mémoire est moins efficace qu’avant. Mais j’essaie de remédier à cela. Je consomme par exemple beaucoup d’oméga 3.

Votre métier d’humoriste, même s’il est très plaisant, nécessite un moral d’acier. Quel est votre secret pour être toujours au top ?

Le rire, tout simplement. J’essaye de rigoler de tout. Le rire, c’est ce qu’il y a de mieux pour la santé. Cela renforce le système immunitaire. C’est bon pour la santé mentale. C’est une vraie soupape du stress. Il aide à lutter contre les coups de déprime. Rigoler fait secréter de la sérotonine dans le sang, ça détend et ça calme. J’essaye aussi de m’entourer de gens positifs, qui aiment rire. Mais ce qui me fait le plus de bien et me booste dans la vie, c’est mon fils. Dès que je vois Mathis, 10 mois, c’est le bonheur assuré.

Et sinon avec la Tunisie et le public tunisien, c’est une véritable histoire d’amour?

Le fait que deux mille personnes se soient déplacées ce soir pour assister à mon spectacle, malgré le ramadan et qu’ils m’aient accueilli avec autant de pêche et d’énergie, me touche beaucoup. Le fait que je revienne trois fois en deux ans montre bien mon attachement à ce public et c’est réciproque. Donc oui, on peut parler d’histoire d’amour entre nous. Ce qui est magique avec ce public, c’est qu’il accroche dès les premiers instants du spectacle. Ce soir, c’est comme si les gens avaient pris le train en marche et sont restés avec moi jusqu’à la fin du spectacle, même lorsque j’ai chanté*. C’est tout simplement génial !

* Je tiens à préciser qu’Anthony Kavanagh a une voix sublime. Puissante et enveloppante, sa voix nous a entraînés loin de Carthage, vers d’autres cieux, d’autres rivages. Anthony nous a fait vibrer en reprenant des morceaux cultes tels que « Purple Rain » ou encore « Begging you ». Trop la classe !