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L’agoraphobie

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L’agoraphobie

Le mot «agoraphobie», trouve ces racines dans le grec. Agora signifie «lieu de rassemblement, marché de la cité» et phobia «peur». Il s’agit d’une névrose phobique caractérisée par la peur irraisonnée des espaces libres, des lieux publics ou de la foule.

L’agoraphobie est donc un trouble anxieux qui se manifeste par un sentiment d’insécurité dans les espaces publics ou peu familiers ou encore une sensation de perte de repère, source d’une peur panique. Ce qui inclut que la personne atteinte d’agoraphobie aurait peur d’avoir peur. De facto, des conséquences sociales peuvent êtres plus ou moins lourdes.

De la phobie à la névrose

L’agoraphobie se développe généralement de 20 à 30 ans dans sa forme mineure ou entre 35 et 45 ans dans une forme plus grave qui s’accompagne de troubles paniques. Selon le Dr Salim Boulila, trois formes d’agoraphobies peuvent êtres distinguées :

La phobie passagère. Elle n’est pas grave, puisqu’elle n’est que transitoire. La pensée raisonnable est stoppée pour laisser place à une peur irrationnelle soudaine. Par exemple, tous les enfants ont, à un moment ou à un autre, une phobie passagère, telle que la peur de l’obscurité ou la peur des monstres. Il ne s’agit en fait que d’un moment où ils franchissent une étape de leur développement. L’agoraphobie passagère n’est donc que momentanée.

Les phobies plus ou moins lâches. Elles accompagnent l’anxiété. Elles disparaissent quand cette dernière est traitée. C’est une note phobique lors d’un état d’anxiété.

La névrose phobique. Elle concerne les personnes atteintes de névrose, c’est-à-dire celles qui ont des difficultés avec la réalité à cause de certains conflits internes. L’agoraphobie fait donc partie, dans ce cas, d’une véritable organisation phobique. Elle devient handicapante. Les champs d’action de la personne rétrécissent gravement (espaces -foule -itinéraires).

Bonjour l’angoisse ! 

Une personne atteinte d’agoraphobie est sujette à un état d’angoisse. Prise d’un malaise effroyable face à un objet ou à une situation phobogène, cette dernière peut subir une attaque de panique qui présente des manifestations psychologiques et physiques (évanouissement, palpitations, tachycardie, tremblements, douleur thoraciques, souffle court, dépersonnalisation, vertiges, sensation de perte de contrôle, angoisse interne, phobophobie…)

En conséquence et selon le degré plus ou moins sévère de l’agoraphobie, le champ d’action de la personne diminue. De peur d’avoir une crise de panique, la personne atteinte d’agoraphobie aura recours à des éléments contra phobiques (par exemple, être perpétuellement accompagné par quelqu’un pour éviter la sensation de perte des repères) ou avoir une conduite d’évitement qui peut, dans les cas extrêmes, déboucher sur une rupture totale avec le monde extérieur. Un processus de désocialisation s’amorce. Afin d’éviter toute crise de panique, la personne atteinte d’agoraphobie peut par exemple ne plus sortir de chez elle, ce qui trouble sa vie sociale, affective et professionnelle.

Qui a peur de la foule ?

Même si dans de nombreux cas elle fait suite à un évènement traumatique (décès, séparation…), la ou les causes de cette forme d’anxiété ne sont pas clairement établies.

L’agoraphobie en tant que symptôme isolé n’existe pas, elle indique une maladie sous jacente (dépression, névrose….) Elle est donc un mécanisme de défense face à l’anxiété, source de souffrance, d’inhibition ou de désorganisation. Cette phobie permet alors au patient de se focaliser sur une peur irrationnelle ce qui paradoxalement calme l’angoisse provisoirement.

D’autre part certaines personnes sont prédisposées à l’agoraphobie.

Les signes avant-coureurs existent (crainte de la foule, crainte de l’affrontement, crainte de la rivalité…). Elle est donc en rapport avec les mécanismes névrotiques d’une personnalité phobique, craintive et évitante.