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Les allergies de l’été

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Les allergies  de l’été

L’été s’accompagne de quelques particularités en matière d’allergies. Certains se mettent à tousser, ont le nez qui coule… D’autres sont allergique au soleil, au tatouage, au henné ou encore au piqûre de guêpe…

par Hela Kochbati

Pour en savoir plus sur les allergies estivales et leur prévention, Livret Santé a interrogé Inès Saada, allergologue

Existe-t-il des allergies spécifiques à la période estivale ?

Le terme « allergies de l’été » regroupe un éventail varié de troubles qui se manifestent ou sont aggravés en été. On distingue essentiellement les rhinites allergiques associées ou non à un asthme. La rhinite allergique se caractérise par des éternuements à répétition, des chatouillements dans le nez, des larmoiements et une irritation des yeux. Lorsqu’elle est causée par le pollen, on l’appelle rhinite saisonnière. Les principales sources de pollen pendant la saison estivale sont les graminées (gazon, foin, seigle, blé, maïs). « L’allergie au soleil », appellation commune de la lucite estivale bénigne et de la lucite polymorphe, est aussi une atteinte fréquente particulièrement chez les jeunes femmes. Il s’agit le plus souvent d’une affection cutanée provoquant une éruption de la peau et est déclenchée par les rayons du soleil. Parmi les réactions de photosensibilisations on cite également l’urticaire solaire et les réactions allergiques déclenchées par la prise de certains médicaments.  De nouvelles allergies peuvent se révéler notamment aux fruits, allant d’une simple urticaire à un œdème du visage. Il convient aussi de citer les réactions allergiques aux piqûres de moustiques.

Quelles précautions doit-on prendre pour éviter l’allergie ?

Dès l’enfance, plus on est exposé à un allergène plus on réagit. La principale mesure de protection est évidemment l’éviction, soit en supprimant ou en réduisant au maximum le contact avec l’allergène. Certaines mesures sont évidentes pour certains types d’allergies.

Les affections cutanées sont prévenues de façon non spécifique.

Il faut éviter les longues expositions au soleil, porter des habits ou appliquer une crème solaire à indice de protection élevé (au moins 50) à renouveler régulièrement.  Les mesures simples de protection cutanée telle que l’utilisation de répulsifs sont aussi valables pour les réactions allergiques aux piqûres de moustiques.

Toutefois, il est parfois indispensable de reconnaître l’allergène incriminé pour que la prévention soit efficace. Les symptômes ORL et respiratoires, souvent typiques, sont facilement reconnaissables par le patient. L’identification de l’allergène se fait par le médecin suite à un interrogatoire, des tests cutanés allergologiques et un bilan sanguin en cas de doute. Une fois l’allergie aux pollens de graminées diagnostiquée, on conseille d’éviter les promenades dans les forêts et parcs arborisés, de fermer les fenêtres en milieu de matinée, de rouler en voitures vitres fermées, de se laver les cheveux en fin de journée après chaque sortie, de ne pas tondre le gazon soi-même…

Comment les combattre ?

L’éviction est la première étape naturelle et indispensable du traitement de  l’allergie. Concernant le traitement,  il existe deux grandes familles de traitement symptomatique :

Les antihistaminiques inhibent l’action de l’histamine, sous formes de gouttes ou comprimés, ils sont utiles au moment des crises pour atténuer les manifestions cutanées et de rhinite. Ils sont également efficaces s’ils sont pris quelques jours avant l’exposition solaire ou avant la saison pollinique. Autre type de traitement, les médicaments à base de corticoïdes. En pulvérisation, ils agissent sur les yeux et  les muqueuses du nez.

Les crèmes à base de cortisone permettent de soulager aussi les démangeaisons et de diminuer l’intensité de l’éruption.

Enfin une désensibilisation aux graminées peut être proposée aux patients allergiques souffrant d’une gêne significative avec des résultats insuffisants sous traitement symptomatique. La désensibilisation se déroule en deux phases : une phase d’initiation et une phase d’entretien durant trois saisons polliniques successives.

Quelques bons conseils pour nos lecteurs ?

Pour chaque patient, est indiqué un traitement et des mesures spécifiques. Il n’est peut-être pas nécessaire de faire tous les changements, des gestes simples peuvent suffire à améliorer significativement la situation.

Il est conseillé aux personnes allergiques de consulter un allergologue en amont de la saison afin d’effectuer un diagnostic allergologique complet, prendre des mesures préventives et profiter de la saison estivale.