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Les bancs de l’école 2015 vs 1950

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Les bancs de l’école 2015 vs 1950

Avec Livret Santé, vous êtes certainement habitués à notre rubrique qui prend plaisir à comparer les choses courantes de la vie entre aujourd’hui et dans les années clinquante. Cette fois-ci, on s’attaque à la rentrée. Eh oui, c’est bien la rentrée, le retour à l’ordre, l’heure est à l’étude, à l’apprentissage. Fini le farniente, les baignades, les longues balades sur la place, les soirées avec les uns et les autres.

par Myriam Bennour Azooz

La rentrée : tout un événement !

Au delà de la peur qu’éprouvent toujours quoiqu’on fasse les tout petits, il y a cette étincelle de joie mêlée d’appréhension quand arrive la rentrée scolaire. Et tous les enfants la ressentent. Tous les enfants, y compris, les enfants qui sont en nous et qui se rappellent : ressentir la soif d’apprendre, retrouver tous ses camarades de classe, ses profs préférés, arborer avec fierté son nouveau cartable : c’est aussi tout cela la rentrée. Et ce, que ce soit hier ou aujourd’hui.

Le chant matinal de l’hymne national

Dans les années 50 les élèves, peu nombreux, étaient nécessairement plus facilement encadrés que les élèves de nos jours. Les rangs devant les classes se formaient spontanément. Le drapeau tunisien, nouvellement hissé, mis à l’honneur devient le point de mire de tous les établissements publics. L’hymne national était joyeusement entonné d’une seule voix par les élèves.

Dans les années 50 : plus compartimentés

Dans les années 50, il n’y avait pas encore de jardins d’enfants, à part l’école maternelle du système français ou encore les « kotteb » (pour l’alphabet et le Coran), généralement réservé aux garçons ou encore les « dars el m3alma » (pour apprendre aux petites filles le ménage, la cuisine, la couture, en un mot pour les préparer à leur vie d’épouse). Aujourd’hui, les garderies scolaires, les clubs pour enfants ou encore les centres privés poussent comme des champignons. Les parents n’ont que l’embarras du choix. Les filles ont laissé tomber leurs fils et leurs aiguilles pour se retrouver en compagnie de leurs petits camarades garçons dans des établissements standardisés, et ce depuis déjà bien des années.

Années 50 : de la discipline avant toute chose

Une inspection était pratiquée plusieurs fois par semaine, histoire de vérifier si les cours d’hygiène prodigués dans les petites classes avaient porté leurs fruits : souliers astiqués, vêtements impeccables, ongles nettoyés, mains propres, tout y passait. En effet, le rôle de l’école ne se cantonnait pas à apprendre l’alphabet et les maths, mais servait à faire entrer l’enfant de plain pied dans la société civilisée. Ils se devaient donc d’y inclure tout ce qui avait trait à l’hygiène, entre autres choses.

Une infrastructure qui évolue

Le pupitre d’antan confectionné en un seul bloc, dont la partie supérieure est en plan incliné et qui sert à écrire a depuis longtemps été relayé aux oubliettes. On y trouve au centre un trou destiné à recevoir l’encrier. Déjà dans les années 90, rares étaient les élèves qui comprenaient à quoi pouvait bien servir cet emplacement. Alors aujourd’hui, n’en parlons même pas. D’ailleurs, ces bons vieux pupitres sont peu à peu en train de disparaître pour laisser place à des modèles plus jeunes, plus adaptés au fait des élèves d’aujourd’hui. En effet, aujourd’hui les modes d’enseignement ont déjà évolué; les tableaux noirs laissent petit à petit place aux tableaux à feutre (dans certains pays, ils ont eux même été abandonnés au profit des tableaux tactiles). Les ardoises et les cahiers, eux, cèdent du terrain aux tablettes. L’enseignement en est à l’ère numérique, l’ère du mouvement et de l’information.

Tabliers pour tous

Signe distinctif de l’élève, le tablier à l’honneur dans les années 50, et même après, a aujourd’hui perdu de sa valeur symbolique. Pour être perçu essentiellement par les écolières (sauf dans des cas rares les garçons n’en portent pas) comme un signe d’oppression et d’injustice

Et de nos jours ?

Trop d’élèves ! Pas assez d’encadreurs ! C’est ce qu’on entend partout. Effectivement, aux quelques établissements qui existaient en 1950, sont venus s’ajouter une pléiade d’écoles primaires, de collèges et de lycées, privés ou publics. Le nombre d’élèves a doublé, triplé, quadruplé, quintuplé pour après exploser !

Entre hier et aujourd’hui : chacun ses repas

Les enfants qui sont en nous se rappellent les matins qui embaument le café au lait, le miel, le pain et les figues séchées que l’on servait aux élèves nécessiteux dans certains établissements scolaires de la capitale.

Les élèves qui habitaient loin pouvaient apporter le panier avec le repas du midi qu’on leur réchauffait sur place. Aujourd’hui, faute de place ou de personnel, les enfants sont souvent livrés à eux-mêmes à l’heure du déjeuner et préfèrent s’acheter un sandwich à la pizzeria du coin.

Entre hier et aujourd’hui : les droits de l’enfant

On a tous entendu nos parents et nos proches raconter l’histoire de cette maîtresse d’école qui avait pour habitude d’aligner les enfants le long de l’estrade et leur faisait enlever leurs chaussures pour quelques coups bien placés. Ou encore cet autre instituteur qui envoyait le concierge chercher la branche d’olivier la plus flexible et la plus à même de filer des tapes bien douloureuses.
En effet, les punitions corporelles étaient bel et bien de mise dans les années 50.
Aujourd’hui, il suffit qu’un instit donne une petite pichenette à un élève pour que ce dernier aille pleurer dans les jupons de sa mère qui monte immédiatement sur ses grands chevaux. Et l’affaire risque d’aller bien loin…

L’école nous préparait à la vraie vie

Ancrée dans la réalité, l’école, en plus de son rôle de porteuse du savoir, nous préparait à la vie. En effet, des cours ciblés étaient enseignés, comme les cours d’enseignement ménager, la puériculture, et le jardinage. Ainsi, Jamila se rappelle encore aujourd’hui, des conseils de son institutrice : « elle nous a appris qu’il fallait s’enduire les mains de savon avant de manipuler les morceaux de charbon pour allumer le « kanoun » pour éviter que le noir du charbon ne passe sur nos doigts »