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L’ostéoporose : état des lieux et remèdes

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L’ostéoporose : état des lieux et remèdes

L’ostéoporose est une anomalie des structures osseuses, c’est une maladie métabolique et généralement asymptomatique. Elle est liée à l’âge et courante après 50 ans. Elle affecte 40 % des femmes ménopausées. En Tunisie, elle touche 24 % de la population tunisienne. Cette atteinte osseuse entraîne des destructions architecturales au niveau des structures osseuses. Quels sont les signes et les causes de cette maladie bénigne qui fragilise les os mais qui n’est pas une fatalité ? Et quels sont les traitements de cette affection squelettique ?

par Ema Farès

La détermination de l’ostéoporose

L’ostéoporose est une pathologie qui entraîne une réduction de la masse osseuse et une altération du tissu osseux, exposant à des risques élevés de fractures. Cette maladie touche beaucoup plus les femmes que les hommes.
En effet, elle affecte 4 femmes pour un homme après l’âge de 50 ans. Cette pathologie rend les os plus vulnérables, ces derniers deviennent plus exposés au risque d’une fracture particulièrement au niveau du poignet, du bras, de la hanche et du fémur. Dans l’année qui suit une fracture, près d’un cinquième des femmes âgées décèdent, près de 30 % à 40 % trouvent des contraintes à marcher normalement et en moyenne 70 % de ces patients rencontrent des difficultés à pratiquer les gestes quotidiens.

Les signes de l’ostéoporose

L’ostéoporose est une maladie insidieuse, qui évolue d’une manière silencieuse et elle est souvent asymptomatique. Par contre, dans certains cas, des symptômes peuvent révéler une diminution de la densité minérale des os après 40 ans et également à la suite de la ménopause comme des douleurs au dos, des courbatures et des tassements de vertèbres.

Les facteurs de risques d’une ostéoporose

Il existe de multiples facteurs de risques qui sont les antécédents familiaux, l’âge avancé, la ménopause précoce, la consommation de produits dopants (tabac, alcool, etc) ou de certains médicaments, le déficit en calcium et en vitamine D.

Le diagnostic de l’ostéoporose

L’examen clinique de l’ostéoporose se fait par un orthopédiste ou un spécialiste de médecine physique, une évaluation ostéo-densitométrique osseuse (DMO) et un cliché d’une imagerie radiologique permettent d’évaluer l’évolution de l’ostéoporose.

La prise en charge de l’ostéoporose

Il n’existe pas de thérapeutique spécifique à l’ostéoporose. La prise en charge de cette maladie se fait selon l’âge, les antécédents du patient et l’évolution de la déminéralisation osseuse. La voie médicamenteuse comprend la prescription de biphosphonates, les traitements substitutifs hormonaux (raloxifène, calcitonine, tamoxifène). La voie de chirurgie se fait surtout dans des cas de l’altération graves des structures osseuses, c’est le cas des os du bassin et des os des membres inférieurs, à titre d’exemple une intervention chirurgicale pour une mise en place d’une prothèse de la hanche.

La prévention de l’ostéoporose

La lutte contre l’ostéoporose s’inscrit essentiellement dans les moyens de prévention et pour se prémunir des risques de fractures. Les mesures de la prévention de l’ostéoporose renferment l’adoption d’une hygiène de vie rigoureuse, une pratique sportive régulière, une perte de poids en cas de surpoids, un sevrage tabagique, un régime approprié avec une supplémentation de vitamine D essentielle au métabolisme du calcium.

Notre spécialiste Dr Hichem Mnif Ostéologue-orthopédiste

1) Qu’est-ce que l’ostéoporose ?

L’ostéoporose est une fragilité osseuse, c’est-à-dire que la qualité de l’os diminue probablement avec l’âge, c’est ce qu’on appelle l’ostéoporose primitive. Avec l’avancée de l’âge, la densité osseuse se fragilise. Cette pathologie osseuse concerne surtout les femmes mais aussi les hommes. Mais pour les femmes, cette maladie est en rapport avec les troubles hormonaux surtout après la ménopause. L’ostéoporose est une vulnérabilité très importante des os dans la mesure où il faut vraiment la prévenir pour éviter les complications de cette anomalie osseuse avec essentiellement des fractures. Les cas d’ostéoporose sont nombreux en Tunisie. C’est une maladie très fréquente et je rencontre couramment plusieurs cas ostéoporosiques au cours de mes consultations. On distingue deux types d’ostéoporose, les ostéoporoses primitives et secondaires.

2) Quelles sont les causes des ostéoporoses primitives et secondaires ?

Pour les ostéoporoses primitives, c’est-à-dire où il n’y a pas une cause précise, c’est une évolution naturelle, ceci survient avec l’âge et le vieillissement. L’os devient fragile et se raréfie en calcium. Alors que pour les ostéoporoses secondaires, il existe plusieurs causes. On cite essentiellement celles d’origine hormonale. En effet, avec des troubles endocriniens, on peut développer une ostéoporose. Parfois, par exemple, suite à une radiothérapie, le patient peut développer une ostéoporose. D’autres cas d’ostéoporose peuvent être en rapport avec des maladies telles une algodystrophie, une goutte, un phénomène traumatique, une maladie de Paget ou un mal accidentel régional et articulaire au niveau des mains, du poignet ou des bras qui engendrent une diminution de la densité osseuse et une raréfaction du calcium. Pour cette raison, il faut traiter la cause pour vaincre l’ostéoporose. Cependant, pour l’ostéoporose primitive, où il n’y a pas une cause précise, il faut essayer de la prévenir pour ne pas tomber dans les complications.

3) Quelles sont les personnes à risque d’une ostéoporose ?

Les personnes à risque d’une ostéoporose sont surtout les femmes après >la ménopause. Après la soixantaine, cette maladie chez les femmes ménopausées devient accrue, complexe et constante. Par ailleurs, il y a des degrés de l’évolution de l’ostéoporose, il y a des grades qui sont très évolués et on est à la limite de la fracture. Par contre, il y a des cas, où cette évolution est débutante et là où il faut agir pour ne pas arriver aux stades évolutifs qui sont pourvoyeurs de fractures et de casses osseuses.

4) Quelles sont les principaux facteurs de risque de l’ostéoporose ?

Cette maladie osseuse est plus fréquente chez les femmes parce qu’elle est liée à des facteurs qui sont hormonaux, comme à la ménopause. Il y a également la consommation de certains médicaments qui favorisent le développement de l’ostéoporose, la réduction de la densité osseuse et les troubles endocriniens de la thyroïde. Il y a une chose qui est très importante à souligner, c’est qu’il est important pour les sujets à risque de se prémunir de l’ostéoporose dès le jeune âge.

5) Comment prévenir l’ostéoporose dès le jeune âge adulte ?

En fait, c’est à partir de 30 ans à 35 ans qu’il faut commencer la prévention de l’ostéoporose. Pour les mesures de prévention, il faut premièrement inciter les femmes et même que les hommes à faire une activité physique régulière. En fait, à partir de l’âge de la trentaine, il ne faut pas négliger le risque de cette pathologie osseuse ; c’est avec la pratique d’un sport régulier, qu’on peut stimuler l’os et qu’on va avoir l’activation de la production des ostéoblastes.
Il ne faut pas attendre que l’ostéoporose s’installe, il faut se prémunir tôt de cette fragilité du tissu osseux. Personnellement, je donne toujours des conseils à mes patientes pour qu’elles commencent des activités physiques très précocement, juste une activité « soft » et même parfois une marche, trois fois par semaine.
Cette activité physique intervient dans la stimulation de la production des ostéoblastes, le renforcement et l’augmentation de la qualité osseuse qui sont très importants.
Par ailleurs, parfois l’alimentation doit être équilibrée en produits calciques. Il faut insister sur la consommation des produits laitiers, le lait et le yaourt, surtout au jeune âge pour avoir un très bon capital osseux. Globalement, on conseille des règles hygiéniques de vie, des apports vitaminiques comme les ampoules de vitamine D, des comprimés associant calcium-vitamine D, c’est une association très importante lorsqu’on est à un stade d’ostéopénie, cela veut dire une diminution du capital osseux.
Cependant, une fois arrivé au stade d’ostéoporose, il faut d’autres médicaments comme l’Actonel ou l’Ostenel pour réduire les fractures vertébrales. Ce sont des médicaments qui stimulent la fabrication d’os. Généralement, la prise en charge se fait à un long terme, parfois même à vie. Par ailleurs, ces traitements sont prescrits après une ostéodensitomètrie à partir d’un certain score. Dans une zone de risque, il est indispensable de donner ces médicaments pour pallier les fractures des os.

6) Quels examens cliniques de diagnostic pour cette maladie osseuse ?

Pour les examens cliniques de diagnostic, souvent on commence par une radiographie en barre et de base, surtout pour les zones où on soupçonne une ostéoporose comme les bras, le bassin, et le rachis et puis les zones les plus pourvoyeuses de risques de fractures.
Par conséquent, on va suspecter par le biais d’une radiographie par exemple du bassin les corticales d’habitude sont bien dessinés et bien longs et là ils commencent à perdre de la couleur et deviennent même grisâtres.
Parfois même, on peut apercevoir des « taches » au niveau du bassin ou du rachis. Dans ce cas, et à la moindre suspicion, il est nécessaire de passer à un autre examen qui est un diagnostic définitif de l’ostéoporose qui est l’ostéodensitométrie. La mesure de l’ostéodensitométrie va nous donner un score de l’ostéoporose et, à partir de ce score, il va y avoir trois réponses. Le patient va répondre d’une manière normale, soit il est sujet d’une ostéopénie, soit il est atteint d’une ostéoporose. Il y a l’un des trois stades à affirmer dans le diagnostic et à partir de cet instant, on va prendre en charge le patient.

7) Quels sont les traitements et quels nouveaux médicaments pour la prise en charge de l’ostéoporose ?

Pour la prise en charge, il y a des médicament qui vont stimuler la synthèse des ostéoblastes, renforcer et booster la qualité osseuse comme l’Ostenel ou l’Actonel.
Ce sont des médicaments dont la prise se fait avec un comprimé hebdomadaire pendant une durée minimale d’une année, voire deux ans. En fait, les résultats de la prise en charge commencent à être perçus et apparents selon les cas à partir du troisième, voire du septième mois. Ce sont des médicaments très efficaces et constructeurs des cellules de la trame osseuse.
C’est grâce à l’observance thérapeutique de ces remèdes efficients qu’on va avoir un contrôle régulier et une réévaluation à partir d’une ostéodensimétrie pour estimer l’évolution de la maladie et la qualité des os.
Par ailleurs, ce sont les seuls médicaments qui ont été approuvés scientifiquement générateurs d’ostéoblastes et protégeant l’armature squelettique.

Pour la voie chirurgicale, elle est adoptée dans le cas de l’échec de ces traitements et dans le cas de complications majeures, c’est-à-dire au stade des fractures. Au niveau du dos, essentiellement, c’est le tassement vertébral.
Chez une personne qui présente une ostéoporose, il faut un traumatisme minime pour engendrer une fracture, même en se retournant dans le lit dans le cas d’un senior qui présente une vulnérabilité osseuse.
Par ailleurs, pour un sujet à risque et prédisposé, il suffit d’une petite torsion pour que l’os se casse et le traitement chirurgical.
Parfois la chirurgie est très difficile parce que la tenue du matériel d’ostéosynthèse ostéo-mécanique est très mauvaise chez les patients qui ont une ostéoporose, parfois on va mettre une vis, où l’axe de fixation de l’os ne se tient pas, à telle enseigne que les fabricants de ces matériaux ont pré-corrigé à maintes reprises et préconiser des matières spéciales pour les patients souffrant d’une ostéoporose.
Il s’agit d’un matériel où la vis se colle dans la plaque et demeure collée à l’os. C’est un matériel qui est peu coûteux et qui est dédié aux personnes ayant une qualité osseuse médiocre. C’est pour cette raison que j’insiste pour ne pas arriver au stade de la fracture.
Pour les personnes qui font une fracture au niveau du col du fémur, il n’y a pas de choix, à ce stade, il faut intégrer des prothèses artificielles de la hanche. Pour les autres localisations de fractures osseuses, il existe plusieurs techniques interventionnelles pour la stimulation de l’ostéosynthèse, telles l’insertion par plaques ou par vissage pour la soudure, l’assemblage et l’avivement des os.

8) Quels conseils pour préserver une bonne densité osseuse ?

Le conseil le plus important est qu’il faut se prémunir de l’ostéoporose et cela dès le jeune âge, par des activités sportives régulières, par un mode de vie sain et équilibré, par l’exposition au soleil, c’est très important pour la synthèse de la vitamine D.
Dans ce cas si on adopte une bonne prévention, on assure une bonne préservation de notre capital osseux et vivre au mieux sans aucune inquiétude. Par ailleurs, il ne faut pas arriver à un âge avancé et là on peut traîner des complications sévères, voire des fractures osseuses évitables. La prévention précoce permet le maintien d’une bonne densité et résistance des os.