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Marchons contre le diabète … 2ème édition de « Pas à pas contre le diabète »

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Marchons contre le diabète … 2ème édition de « Pas à pas contre le diabète »

Le 14 novembre de chaque année, plus de 160 pays dans le monde, dont la Tunisie, célèbrent la Journée mondiale du diabète. C’est un rendez-vous annuel qui provoque une mobilisation internationale contre cette maladie chronique qui touche 382 millions de personnes dans le monde, un nombre susceptible de doubler d’ici 2035.
Dans ce contexte, la manifestation « Pas à pas contre le diabète », initiée en 2014, a vu cette année sa 2ème édition. C’est en effet un rendez-vous annuel de bonne humeur et d’ambiance conviviale. La lutte contre le diabète commence avant tout par une bonne hygiène de vie et une activité physique correcte (estimée selon les dernières recommandations de l’OMS à 30 minutes de marche minimum, tous les jours.)

par Saima Ksibi

Le parcours sportif d’El Menzah a accueilli cette deuxième édition organisée par MESB, sous le patronage de Saïd Aïdi, ministre de la Santé, l’OMS et en partenariat avec diverses institutions nationales concernées par le sujet comme l’Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie, l’Office National de la Famille et de la Population, la Direction des soins de santé de base, la Direction régionale de la Santé, l’Institut National de Nutrition et de Technologie Alimentaire, SMUR la Marsa, l’Institut National de la Consommation ainsi que diverses ONG. Plusieurs ateliers ont été programmés ainsi que des animations pour les grands et les petits, une animation sportive avec un coach, une marche sur le parcours de santé, des dépistages gratuits, des quizz sur le diabète et plein de cadeaux.

Les ateliers programmés lors de cette journée s’inscrivent dans l’implication du grand public pour prendre conscience de l’importance du dépistage et de la prise en charge du diabète.

Saïd Aïdi ministre de la Santé publique

« La lutte contre les maladies non transmissibles, telles que le diabète, est l’une des priorités du ministère de la Santé. Il faut encourager à faire une activité physique dans le cadre de la prévention. De tels évènements de sensibilisation  ont un impact positif sur la santé publique.

Quant à la prise en charge des patients diabétiques, nous avons élevé le budget de 16 millions de dinars à 48 millions de dinars pour répondre aux besoins de traitements des patients.  Ainsi, nous avons triplé la somme pour que chaque patient tunisien puisse trouver les médications nécessaires, pallier les complications sévères de ces pathologies et permettre une amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes. La déficience des médicaments pour cette maladie chronique présente un impact négatif sur la santé des diabétiques. Nous sommes en train d’œuvrer pour la prévention. D’ailleurs, les règles préventives constituent un thème principal  pour le ministère de la Santé publique.

Certains facteurs de risque comme la sédentarité et le mode de vie moderne ont eu  une répercussion négative sur la santé des citoyens. C’est pour cette raison que la prévention est de la responsabilité de tous : le gouvernement, le ministère de Santé publique, le ministère de la Jeunesse et du sport, le ministère de la Femme et de la famille et tous les intervenants dans le cadre des maladies chroniques. »

Senda Baccar Directrice MESB-Organisatrice  de l’évènement « Pas à pas contre le diabète »

Quel est le rôle des médias dans l’information et la communication sur le diabète ?

Comme journalistes, nous sommes affectés des situations de patients diabétiques dont on est informés. En ce qui concerne le diabète j’ai appris des chiffres alarmants. Une personne meurt de cette maladie chronique chaque 7 secondes, dans le monde, et 50 % des personnes diabétiques  ne savent pas qu’elles sont atteintes. Par ailleurs, il est à noter que 11 % des  Tunisiens sont touchés par la maladie diabétique, alors qu’on sait que 70 % des cas pouvaient être évités. En tant que journalistes, notre rôle est de diffuser ces chiffres, et en parler, afin de toucher le grand public et de sensibiliser au maximum à l’importance du dépistage et d’une bonne hygiène de vie.

Quels messages transmettez-vous aux lecteurs pour la prévention et la prise en charge, sachant que le dépistage et le diagnostic  du diabète sont gratuits lors de cette journée ?

On a effectué le dépistage d’une manière gratuite. Les personnes présentes ont aimé la musique, l’ambiance avec les coachs sportifs et la spécialiste en aérobic. Une des recommandations de prise en charge de l’Organisation Mondiale de Santé (OMS) est de faire une activité physique régulière au moins de 30 minutes par jour. Cette activité physique ou sportive permet de prévenir et d’éloigner le syndrome diabétique. Par ailleurs, il y a d’autres règles d’hygiène de vie, à commencer par une alimentation saine. Les spécialistes en nutrition ont été présents pour assister les personnes diabétiques et leur donner des conseils pour bien choisir leurs aliments.

Cet événement a pour objectif l’adoption de mesures préventives avec des règles simples qu’on peut appliquer tous les jours. Nous avons réalisé un dépistage gratuit pour plusieurs patients diabétiques.

Le dépistage précoce est gratuit et conseillé pour un sujet adulte à partir de l’âge de 30 ans. En effet, les personnes doivent faire le dépistage et voir si elles ont  une élévation du taux du sucre dans le sang pour pouvoir se soigner et prendre en charge  au mieux leur syndrome. Cette manifestation est dans sa seconde édition. Elle est organisée une fois par an et cible le grand public pour les sensibiliser sur le diabète. Un dépistage précoce chez un médecin ou un pharmacien  ne fait pas de mal. Aujourd’hui,  Monsieur le ministre a donné l’exemple en faisant un dépistage et  son taux de glycémie est normal.

Jean François Courtet Directeur Général des laboratoires Novo Nordisk

Quelle est l’approche des laboratoires Novo Nordisk au cours de cette manifestation « Pas à pas  contre le diabète » à l’occasion de la Journée mondiale du diabète « connaître votre risque » ?

Les laboratoires Novo Nordisk ont le plaisir d’être partenaires et  d’être un principal sponsor de cet événement au stade d’El Menzah I lors de  cet événement. Notre action s’inscrit dans une mobilisation de sensibilisation de la population sur le dépistage et l’information sur le diabète. Donc, nous avons des médecins et des collaborateurs qui travaillent sur la sensibilisation des personnes présentes et qui donnent quelques informations pour lutter contre le diabète, notre mot d’ordre étant la prévention du diabète et le dépistage le plus tôt possible. Aujourd’hui, près d’un patient sur deux est un diabétique qui s’ignore et il est important que ces gens-là le sachent le plus tôt possible pour pouvoir traiter convenablement la maladie et la faire reculer.

Quelles sont les prochaines activités des laboratoires Novo Nordisk après la Journée mondiale du diabète ?

Pour nous, les activités de sensibilisation contre le diabète ne s’arrêtent pas ici et ne se font pas seulement le 14 novembre de chaque année. Nos laboratoires et nos collaborateurs  s’engagent à sensibiliser et à informer tous les jours. D’ailleurs, nous organisons des activités de sensibilisation le long de l’année. Il est bien évident que nous ayons plus de visibilité médiatique au cours de la Journée mondiale mais nous allons continuer à travailler et à nous mobiliser d’avantage en 2016. Nous aurons l’occasion de vous revoir au cours des prochaines activités et programmes des laboratoires Novo Nordisk.

Rezig Oueslati Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie

Quel est le rôle de l’Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie dans l’événement « Pas à pas contre le diabète » ?

Nous pensons toujours que les thérapies qui se font par le thermalisme et la thalassothérapie sont des soins qui sont à la première ligne de la prévention, c’est ce qu’on appelle la médecine préventive. Cette manifestation renforce un mode de vie sain.

En effet, dans la thalassothérapie, il y a des activités physiques. Le sport permet de se prémunir de nombreuses maladies chroniques non transmissibles comme le diabète, l’hypertension, etc. Les cures thermales ont également de nombreux bienfaits sur la santé et le bien-être. Aujourd’hui, les membres de la société civile sont bien présents au cours de cette manifestation, c’est un bon signe et une indication que tout le monde collabore avec le gouvernement, le ministère de la Santé et les structures de santé pour la sensibilisation contre la maladie diabétique. Par ailleurs, cette manifestation est une occasion pour que  les adultes et les jeunes découvrent le champ d’activités de l’Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie dans le système de soins de santé, dans notre pays.

Saloua Boularès Sage-femme –ONFP

Je suis sage-femme et je travaille  à l’Office National de la Famille et de la Population. Notre objectif est  de sensibiliser les femmes sur la nécessité de faire les tests de dépistage du diabète au cours de cette journée. C’est une mobilisation de sensibilisation pour le diabète et surtout pour les femmes enceintes, on parle de diabète gestationnel qui peut entraîner des risques au cours de la phase de périnatalité. Il s’agit de faire les bilans nécessaires afin de dépister la valeur de la glycémie. C’est très important de faire ces tests au cours de la grossesse pour pallier des complications  qui se répercutent sur la santé du futur bébé. Les complications pour la femme enceinte sont la fausse-couche et  l’accouchement prématuré et pour le nouveau-né, les malformations fœtales. Cette sensibilisation permet d’atténuer les contraintes de la maladie diabétique, de communiquer sur l’alimentation équilibrée et  l’activité sportive afin d’avoir une glycémie normale et particulièrement de pallier le diabète et celui  de type gestationnel pour une bonne santé de la mère et de l’enfant.

Dr  Fayçal Smaâli Service de l’Unité des maladies non transmissibles à la Direction des Soins de Santé de Base, ministère de la Santé

Quel est le rôle de la Direction des Soins de Santé de Base dans le contexte de la sensibilisation sur le diabète du grand public présent à la manifestation « Pas à pas contre le diabète » ?

Nous sommes là aujourd’hui à l’occasion de la Journée mondiale du diabète. Le diabète se présente comme un problème majeur de santé publique aussi bien dans le monde que  dans notre pays. En Tunisie, nous avons presque une prévalence de 15 %  pour la tranche d’âge entre 35 ans et 70 ans. La plupart de ces diabétiques sont de type 2. Le diabète de type 2 est une maladie chronique qui a une corrélation avec le manque d’activité physique, une nutrition malsaine et anarchique qui se base sur la consommation d’aliments nuisibles à la santé (excès de sel, de gras et de sucre). Nous sommes là pour présenter des supports éducatifs au grand public afin de lui donner des conseils préventifs pour un mode de vie sain comme un régime alimentaire équilibré, la lutte contre le tabagisme et l’inciter à pratiquer une activité physique régulière.

Comment se fait la prise en charge du diabète ?

On distingue  deux types de diabète : le diabète de type 1 et celui de type 2.  Pour le diabète 1 ou le diabète insulino-dépendant, généralement des doses insuliniques et des traitements sont prescrits au patient. Il faut prendre des repas équilibrés au cours de la journée et pratiquer une activité physique régulière. Pour le diabète de type 2, il faut adopter  un régime alimentaire sain, prendre ses  médicaments, exercer une activité physique et surveiller son taux glycémique  pour avoir une glycémie équilibrée.

Dr Zinet Turki Présidente de la Société Tunisienne d’Endocrinologie, Diabète et Maladies métaboliques (STEDIAM)

Nous sommes très contents de participer encore une fois à cet événement « Pas à pas contre le diabète »  et soutenir cette manifestation. L’activité physique fait partie des volets fondamentaux de la prévention du diabète et la prise en charge des patients.  Par exemple, l’éducation des enfants tunisiens est importante, dès leur plus jeune âge, vu l’augmentation de la prévalence de l’obésité infantile. Par ailleurs, il est essentiel de les habituer à un mode de vie sain, à manger d’une manière équilibrée et à faire une activité sportive régulière.  En effet, l’activité physique est importante parce qu’elle permet une meilleure réponse au traitement pour les patients diabétiques, en particulier pour les diabétiques insulino-dépendants. On sait que le sport permet d’élever la sensibilité à l’insuline. Par conséquent, je salue l’initiative de MESB et je vois que d’une année à l’autre, cette manifestation connaît de plus en plus de succès. Tous les membres de la Société Tunisienne d’Endocrinologie, Diabète et Maladies Métaboliques (STEDIAM) adhèrent à ce projet et nous y adhérerons également à l’avenir.

Dr Leila Alouane Institut National de Nutrition

L’Institut National de Nutrition participe à la deuxième édition de « Pas à pas contre le diabète ». En effet, cette journée s’intègre dans une stratégie nationale de lutte contre les maladies non transmissibles,  dont l’obésité et le diabète. Il est important de protéger la santé des citoyens et de vaincre le diabète ainsi que de préserver les enfants contre cette maladie chronique. C’est tellement simple de réduire à peu près 70 % les cas de diabète de type 2 en insistant sur une alimentation équilibrée et une activité physique régulière pour les grands et les petits. Nous estimons qu’une journée de sensibilisation comme « Pas à pas contre le diabète », pourra permettre aux citoyens présents de poser des questions, de s’informer sur la maladie diabétique, entre autres, ce qu’est une alimentation équilibrée, ce n’est pas aussi compliqué qu’on le croit, il s’agit de  varier les menus, de colorer son assiette en mangeant des légumes, de ne pas exagérer pour les fruits et dans tout ce qui est sucre et sucreries.

Le diabète n’est pas seulement une histoire de sucre, cette maladie chronique est surtout une histoire de lipides, tout ce qui est excès en graisses, en aliments copieux. Par ailleurs, l’obésité est un facteur de risque pour le diabète. La surcharge pondérale et surtout abdominale favorise le développement d’une insulino-résistance et donc le diabète.

Hend Chaouch Sportive tunisienne et première pilote de rallye dans le monde arabe

Comment contribuez-vous, cette année, à la deuxième édition de « Pas à pas contre le diabète » ?

D’abord, je suis là pour soutenir l’équipe de MESB et tous les partenaires qui font aujourd’hui une action magnifique pour la sensibilisation sur la maladie diabétique, le dépistage et la promotion de l’activité sportive régulière. C’est très important d’être présent à ce genre de manifestation parce qu’on dit toujours, même pour une maladie comme le diabète, que ça n’arrive pas qu’aux autres.  Ceci peut survenir à n’importe quel âge de la vie et d’une manière insidieuse. Personnellement, j’ai un tout petit problème, je suis gourmande. Par ailleurs, je suis une des personnes qui peut être touchée par le diabète d’autant plus que dans ma famille, on a des proches atteints de cette maladie. J’essaye de me contrôler pour mon régime alimentaire et de me prémunir par des activités sportives. On a un but aujourd’hui, c’est de sensibiliser les gens afin d’inculquer une éducation thérapeutique contre le diabète. Il s’agit, en premier lieu, de pratiquer une activité physique comme la marche pour brûler des calories, préserver un bon état de santé et une meilleure qualité de vie.

Quel message adressez-vous aux lecteurs en tant que sportive à l’occasion de la Journée mondiale du diabète?

Le message fort que je transmets aux lecteurs, c’est d’avoir des règles hygiéno-diététiques. Je pense qu’on peut tout manger en ayant un régime alimentaire équilibré, tout en évitant le tabac et l’excès de sucreries et des gâteaux. Je fais partie des gens qui mangent bien. Par ailleurs, je trouve aussi qu’il est essentiel de  faire du sport pour éviter le surpoids et  préserver un poids stable. On doit s’entretenir, faire attention à soi et il faut prévoir et présager  les risques parce qu’évidement « prévenir vaut mieux que guérir » et aussi « prévenir, c’est  guérir ».

Dr Insaf Haj Ali  Diabétologue – Endocrinologue à Tunis

Quelles sont les recommandations de prise en charge pour le diabète ?

Le diabète est une maladie chronique qui présente un problème majeur de santé publique. C’est un fléau dans le monde et également en Tunisie. Malheureusement, on ne peut pas se rendre compte dès le départ des signes du diabète. Par conséquent, ce qu’on préconise et qu’on demande de faire, c’est le dépistage précoce. D’où l’intérêt de cette journée. Là, on est en train de mesurer le taux de sucre ou  la glycémie dans le sang et il y a quelques personnes qui se sont rendu compte qu’elles sont diabétiques.

Dans cette pathologie chronique, les symptômes ne sont  pas toujours visibles, ils se manifestent d’une manière aléatoire lors d’une consultation routinière. Dans certains cas, des signes comme l’amaigrissement, le fait d’avoir couramment soif et le besoin fréquent d’uriner apparaîssent. Ce sont des symptômes cliniques qui peuvent indiquer et orienter les personnes vers la maladie diabétique. On ne veut pas arriver à ce stade, puisqu’on peut éviter certaines atteintes. Par ailleurs, on peut faire le diagnostic bien avant et confirmer, d’une manière précoce, le diabète du patient.

Quelles complications peuvent survenir lors de la pathologie diabétique ?

La maladie diabétique a des impacts sur différents organes du corps. Les complications se révèlent lors d’une hypoglycémie ou un taux hyperglycémiant très élevé. Une  forte hyperglycémie peut parfois mener aux urgences. D’autres complications sévères sont décelées pour certains patients, dont des anomalies oculaires, cardiovasculaires. Les séquelles  graves de la maladie diabétique se manifestent par des rétinopathies, des troubles cardiovasculaires, des infections des pieds, etc. Dans certains cas, quand un organe viscéral est atteint, c’est irréversible. Dans des cas de diabète, en tant que médecins traitants, on essaye de ne pas arriver à ce stade, de stopper l’évolution des lésions de cette maladie chronique et de stabiliser la glycémie. D’où l’intérêt du dépistage précoce pour empêcher, voire enrayer, et prévenir cette maladie.

Quels sont les conseils de prévention de la maladie diabétique ?

Il s’agit simplement d’appréhender les risques hygiéno-diététiques, faire une activité physique régulière, adopter un régime alimentaire sain en commençant par bannir le sucre et les sucreries et supprimer les goûters et les grignotages. La prévention commence pour les enfants au sein des écoles. Je pense que le goûter du matin est une « catastrophe » pour les petits écoliers. Dans d’autres pays, ces goûters ont été bannis lors de  la récréation. Par contre, il faut insister  sur l’importance du petit déjeuner. Il faut comprendre que la prévention commence dès le jeune âge et apprendre aux enfants à prendre un bon petit déjeuner, à éliminer le gras et les sucreries, à consommer des légumes et des fruits frais et  à équilibrer sa nutrition. On n’a pas besoin de sucres surajoutés comme dans les jus industriels, les boissons gazeuses, les gâteaux, les bonbons, etc.