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Marée noire sur Hammam-Lif

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Marée noire sur Hammam-Lif

Les photos sont alarmantes et la scène désolante. Une plage, pas n’importe laquelle, celle de Hammam-Lif, ville des bains et des Beys, polluée, salie. Les plus nostalgiques auront le spleen de cette époque fastueuse où Hammam-Lif faisait encore la fierté de la banlieue Sud. Où en est-on aujourd’hui de cette ville où les Beys installaient jadis, leurs quartiers d’hiver et de cette plage à l’eau si claire et au sable si fin?

par Rym Benarous

Pour les Hammam-Lifois, c’est le drame. Leur plage, si belle auparavant, est devenue la scène d’un véritable crime contre l’environnement. Le sable blanc est désormais entaché de taches noirâtres. La mer est polluée par les eaux stagnantes déversées par les embouchures de l’ONAS*. Une odeur nauséabonde ne manque pas de soulever un haut-le-coeur à tous ceux qui se hasardent de passer par la, voire de passer dans les parages, même à des kilomètres à la ronde. Inutile donc de préciser les méfaits d’une telle pollution sur l’éco-système marin ainsi que sur la santé des baigneurs car il reste encore quelques téméraires qui osent s’aventurer dans cette mer salie en toute âme et conscience.

Face à la grogne des citoyens, des experts, désignés par la Municipalité de Ben Arous, se sont réunis afin d’examiner la solution et de proposer des solutions à ce problème, qui aura, petit à petit, dégradé non seulement la plage Hammam-Lifoise mais également rendu les rapports tendus entre les différentes parties. Le constat est sans appel. D’après l’analyse des divers prélèvements effectués, cette odeur fétide est due à l’accumulation entre les digues et le littoral d’une algue brune (SOUFA) et à la stagnation des eaux. De plus et toujours selon les spécialistes, les digues, placées de manière anarchique, trop près l’une de l’autre et surtout trop proches de la rive seraient à l’origine de ce phénomène.

Suite à la colère montante des riverains, la Municipalité Hammam-Lifoise a colmaté les embouchures de l’ONAS et ramassé cette algue brune pour la transférer ailleurs. On croyait les choses arrangées jusqu’à ce que les premières pluies de la saison tombent. Les embouchures de l’ONAS ont été rapidement ré-ouvertes pour le plus grand dam des citoyens ! L’eau de pluie ainsi que les eaux usées étaient de nouveau déversées en pleine mer. De quoi susciter encore une fois l’ire des Hammam-Lifois qui ont cette fois déversé leur courroux sur les responsables de l’ONAS et l’APAL. Résultat : les embouchures ont été de nouveau bouchées. Mais jusqu’à quand ce jeu du chat et de la souris ? Ne vaudrait-il pas mieux mettre en place des solutions radicales une fois pour toute ? Les riverains, eux, appellent à la démolition des digues et à la fermeture définitive de toutes les embouchures de l’ONAS. Espérons seulement que leur appel soit entendu et que d’ici peu, la plage de Hammam-Lif retrouve son éclat et sa splendeur.