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Marion Kaplan, nouvelle approche de la santé …

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Marion Kaplan, nouvelle approche de la santé …

La santé est un concept global. Voilà comment Dr Marion Kaplan, bio-nutritionniste en France, l’entend en tout cas. Il s’agit de faire de la prévention, de respecter son corps, de l’écouter. Il s’agit d’apprendre à manger correctement, il s’agit aussi d’affronter les diverses tensions psychologiques et émotionnelles qui peuvent engendrer la maladie.

par Sondes Khribi Khalifa

Interview d’une femme passionnée, qui a vu sa vie se transformer grâce à une écoute réelle du corps et de ses besoins…et qui ne cesse d’organiser conférences et séminaires pour réunir les spécialistes et apporter au grand public un regard nouveau sur la santé.

Dr Marion Kaplan, bio-nutritionniste en France

Vous avez organisé le congrès « thérapies innovantes » à Aix-En-Provence et vous venez de sortir votre dernier livre, « Nutrition consciente ».

Quelle est l’importance de l’alimentation dans la santé selon vous ?

Elle de premier ordre. Depuis la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde, l’être humain est fait d’éléments qui viennent de l’extérieur et qui sont assimilés pour donner les différentes cellules. Nous sommes littéralement ce que nous mangeons….
Nous mangeons trois fois par jour. L’alimentation est le carburant qui nous maintient en vie et de la qualité de ce carburant dépend, tout simplement, notre qualité de vie. Nous l’oublions,malheureusement, trop souvent en ce moment en mangeant n’importe quoi et n’importe comment…

Vous soutenez que la plupart des maladies peuvent être évitées, rien qu’en adoptant un régime alimentaire sain… D’ailleurs vous bannissez les régimes, c’est un autre rapport à la nourriture que vous prônez…

Tout à fait. Après la seconde guerre mondiale, est apparu un problème nouveau pour le corps humain : gérer l’excès !
Vous savez, le corps humain est champion en matière d’adaptation. Il a su gérer des famines et des carences de toutes sortes durant longtemps. Le problème qui se pose à lui, ces dernières décennies, est complètement nouveau car il s’agit d’abord de choisir quoi manger parmi une grande variété d’aliments, pour la plupart, industriels. Ensuite, il s’agit de gérer les excès ! Différentes stratégies sont alors développées : on s’inscrit dans une salle de sport pour perdre les kilos en trop que le mode de vie actuel ne permet pas de dépenser, on prend des comprimés coupe-faim.
Dans tous les cas, l’obésité gagne du terrain, notamment chez les enfants, et on n’a jamais eu autant de diabétiques !
Les régimes vendus à coup de campagnes marketing sont basés sur quelques constantes : le comptage des calories, la suppression des glucides et ou des graisses, et enfin la dissociation des catégories alimentaires. La notion de plaisir est complètement absente de cette approche de la nourriture.

J’ai l’impression que nous devons éviter de nous faire plaisir en renonçant à tout ce qui serait bon…il faut surtout voir comment l’industrie agroalimentaire multiplie les efforts pour baser sa communication sur le plaisir de manger (tel biscuit, tel gâteau, etc.). Nous baignons, au final, dans une culpabilité infinie !

Justement, l’idée qui domine notre inconscient est qu’il faut bouder son plaisir pour rester mince !
C’est une idée reçue et complètement fausse. Ce qui s’est passé, depuis cette avalanche de produits alimentaires dont la plupart sont industriels et transformés, c’est qu’on a perdu contact avec son corps.
On ne l’écoute plus, on ne sait plus si on a faim. Moi, par exemple, ce matin je n’ai pas mangé, parce que je n’avais tout simplement pas faim ! Les gens mangent pour une quantité de raisons et de motifs, souvent très éloignés de la raison essentielle et qui est celle de la demande du corps ! Votre corps sait ce qu’il veut, en général, et quand vous consommez la nourriture dont il a besoin au moment où il en a besoin, vous prenez du plaisir. Vous prenez inévitablement du plaisir. Aujourd’hui beaucoup de personnes croient avoir du plaisir en mangeant trop gras, trop sucré, trop salé. Les boulimiques croient avoir un immense plaisir en mangeant…mais celui-ci n’est pas authentique, c’est un plaisir névrotique et qui déconnecte des besoins réels du corps.
Il faut simplement être à l’écoute de son plaisir, mais l’apprentissage (ou le réapprentissage) est difficile, tellement nous nous sommes éloignés de nos corps…

Alors, qui est au ban des accusés ? A lire vos livres et à écouter vos conférences, le lait de vache serait source d’ennuis de santé. Une idée assez incroyable pour nous, qui avons été élevés, enfants, avec l’obligation de boire notre verre de lait et d’en consommer pour prévenir l’ostéoporose chez nous, les femmes !

Je comprends votre point de vue. Mais prenons un peu de recul…quand cette habitude de consommer du lait de vache, après l’âge du sevrage, s’est-elle installée chez le grand public ? Encore une fois après la seconde guerre mondiale et avec l’essor d’une des industries les plus puissantes de la planète, celle de l’agroalimentaire.
Demandez à vos grands parents s’ils consommaient du lait de vache le matin ou le soir, comme nous le faisons. Vérifiez si les peuples asiatiques consomment du lait de vache… Ce n’est pas le cas. Ils ont, pourtant, moins de cas d’ostéoporose que dans les pays consommateurs de lait. Voilà qui amène à se poser des questions…
Il faut savoir que le lait de vache est immunosuppresseur. C’est-à-dire qu’il provoque une baisse de l’immunité. Il favorise les phénomènes inflammatoires au niveau des intestins, d’où une mauvaise absorption intestinale et, même, des maladies plus graves comme le cancer du côlon. La problématique a été établie par des scientifiques de renom et publiée dans des revues cotées, cependant les habitudes ont la vie dure ! Surtout s’il n’y a pas d’information. Le jour où la question du lait sera médiatisée, on commencera à prendre du recul car il n’est pas facile de changer ses propres croyances !

Le sucre est également incriminé… vous estimez que c’est un « mangeur d’hommes » ?

Tout à fait. Au sens propre comme au sens figuré, le sucre a été un marché tellement juteux qu’il a provoqué bien des guerres au début de son exploitation et de sa commercialisation à grande échelle. Le sucre raffiné, ou sucre blanc, notamment, est un véritable poison. On le trouve partout. C’est-à-dire qu’il ne suffit pas d’éviter le sucre blanc car il est, sous d’autres formes, dans la majeure partie des aliments industriels que nous consommons à longueur de journée, sans parler des sodas et sucreries dont sont gavés nos enfants dès le plus jeune âge.Il faut savoir que le sucre est rapidement métabolisé par l’organisme et provoque une montée conséquente de la glycémie, le taux de sucre dans le sang, ainsi que de l’insulinémie, le taux d’insuline dans le sang. Une montée de la glycémie rapidement suivie, par ailleurs, par une baisse de celle-ci à un niveau inférieur à celui initial. C’est ce processus, répété trop souvent, qui va donner le diabète. L’insuline secrétée par le pancréas ne parvient plus à déclencher la pénétration intracellulaire du glucose (ou sucre).
Le sucre est aussi un mangeur d’énergie et un perturbateur du métabolisme, c’est également un grand producteur de radicaux libres, qui vont accélérer l’oxydation des tissus et donc le vieillissement, sans parler des problèmes de dents ! En un mot c’est vraiment un « ami » qui vous veut du mal.
Retenez juste qu’il est aujourd’hui établi que la consommation régulière de sucre raffiné provoque, non seulement, le diabète mais aussi les maladies cardiovasculaires et le cancer. L’histoire du diabète est liée à celle du sucre et en 2020, un enfant sur deux naîtra diabétique et certains scientifiques pensent que 100% de la population des pays riches serait pré- diabétique !

Mais si l’on observe les comportements alimentaires dans les pays émergents, on voit aussi que la nourriture industrielle, biscuits, sodas, chips, bonbons, et toutes sortes de pâtisseries emballées et donc riches en sucre raffiné, est consommée par toutes les classes sociales, notamment les moins aisées apparemment. Aujourd’hui, donner une pomme à son enfant au goûter coûte plus cher que de lui acheter un paquet de biscuits…

Ce n’est pas faux. Il faut savoir ensuite que le problème, avec la nourriture industrielle, n’est pas uniquement la faiblesse de sa valeur nutritive. Sodas et biscuits sont un concentré de colorants, d’exhausteurs de goût, d’additifs chimiques en tout genre, et sont autant de bombes à retardement que vous placez dans votre corps. Ce sont des aliments morts, par opposition aux aliments vivants ou supérieurs comme les fruits mûrs, les légumes crus, et de qualité biologique, ou cuits à la vapeur douce. Ainsi le blé et la farine complète moulue fraîchement, les oléagineux, etc. Les aliments morts sont absolument à éviter car ils fatiguent terriblement l’organisme. Ils n’émettent aucune radio-vitalité et entraînent une perturbation de tout le métabolisme, d’où, notamment, les maladies auto-immunes.
Nous sommes, à vrai dire, inondés par ce type d’alimentation au point que cela devienne anodin. Ce n’est pas le cas. Il faut vraiment considérer son corps comme un temple et ne pas y faire entrer n’importe quoi (dixit Dr Kousmine). Juste une question de bon sens…

Pour écouter les conférences de Marion Kaplan, rendez-vous sur www.marionkaplan.fr