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Médecin Militant : Non limité par le temps,technologiquement au diapason

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Médecin Militant : Non limité par le temps,technologiquement au diapason

« Le médecin militant est non limité par le temps, et technologiquement au diapason. » C’est ainsi que le Pr Jean François Caillard, professeur et chef de service de Médecine du travail et des maladies professionnelles au CHU de Rouen en France, définissait la médecine du travail lors des 10èmes Journées de médecine du travail de pratique hospitalière, qui se sont tenues fin octobre à Monastir.

par Dr Bassem Khiri

Militant, disait-il ? Oui, le médecin du travail connaît parfaitement l’environnement professionnel de son patient. Il cherche à l’améliorer et à l’adapter aux caractéristiques sociales, culturelles et professionnelles de l’employé afin d’assurer la sécurité et la santé au travail pour ce dernier, et la rentabilité pour la société. En plus de ses compétences médicales, le médecin du travail déploie tous ses talents d’écoute, d’observation et de médiation afin de s’assurer que l’homme, qu’il soit employé ou employeur, est bien épanoui dans son travail. Ce n’est que guidé par sa passion et son abnégation qu’il assure sa tâche, soutenu par une volonté politique au plus haut niveau de l’état, et cherchant sans cesse l’amélioration des conditions des travailleurs à l’emploi.

Pas limité dans le temps, disait-il aussi

Le médecin du travail ne lutte pas contre une maladie ; mais il la prévoit, l’anticipe et grâce à sa compétence, il arrive souvent à la prévenir. Oui, la prévenir. Car la prévention est un autre gage du développement des sociétés. Une société ne prévenant pas les risques et les maladies professionnelles, court inéluctablement à sa perte. Cela, nos dirigeants l’ont bien compris.

Technologiquement, au diapason

Aujourd’hui, la Société tunisienne de médecine du travail compte parmi ses membres de jeunes spécialistes d’une qualité impressionnante, comme les Drs Laadhari, Kamoun, Youssef, Benzarti, et Gargouri …. Et j’en oublie.

Les jeunes talents ne peuvent que s’améliorer et assurer une médecine du travail performante au diapason des technologies nouvelles, et spécialement celles de l’information et de la communication, objet d’une communication riche et très technique du Pr Jean François Caillard, qui exposait une solution informatique, en cours d’expérimentation en France, pour la prévision du risque professionnel selon chaque profession. Encadrés par leurs pères, les Pr Gharbi, Ben Jemiaa, Mrizak, Jammoussi, Masmoudi et Ben Salah, ces talents peuvent aspirer à l’excellence, et sont assurés d’avoir tous les moyens pour relever les défis de domaines nouveaux tels que les nouvelles technologies, les logiciels embarqués et d’autres solutions destinées à les assister dans leurs visites d’embauche, les visites périodiques et les visites de reprise.

Celles-ci sont plus que jamais d’actualité. « Un employé, asthmatique, ne peut travailler dans une boulangerie, car tôt ou tard, il risque sa vie » disait le Dr Mongi Hamdouni, du service de contrôle des accidents de travail et des maladies professionnelles à la caisse nationale de l’assurance maladie. Un employé en radiologie, ne peut rester longtemps sans visite périodique, surtout à l’époque des énergies renouvelables, telles que l’énergie nucléaire. Tout un examen clinique et une batterie d’examens biologiques et radiologiques sont à réaliser périodiquement.
Cette journée concernait surtout les praticiens hospitaliers. Mais c’est sans compter sur la curiosité et le désir d’actualité des médecins du travail du secteur privé. Ils ont été quelques uns à y assister, comme le Dr Belhassine. Il aurait été judicieux de les associer aux hospitalo universitaires pour les encourager à participer à cette journée et aux futurs protocoles et référentiels de médecine du travail, d’autant que le secteur privé est celui qui emploie le plus grand nombre de médecins du travail.

Privé ou « para » privé comme les groupements de médecins du travail, le ministère des affaires sociales en a fait l’un de ses chevaux de bataille. Présent à tous les niveaux, et répondant à toutes les sollicitations concernant ce secteur, le ministère des Affaires sociales est conscient de l’importance de ce secteur dans la prévention des fléaux, sociaux et sanitaires. Dans ce cadre, l’inspection médicale du travail, effectuant un rôle capital, souvent dans l’ombre et mal estimé, est un précieux partenaire pour les syndicats afin d’améliorer la couverture sanitaire des employés et des entreprises. Elle joue un rôle aussi dans le cadre de l’amélioration des conditions environnementales et la gestion des déchets, aussi bien domestiques que sanitaires, les DASRI (Déchets des activités de soins à risque infectieux). Là aussi, nos dirigeants ont bien compris qu’il fallait encourager les institutions qui investissent dans la traçabilité de ces déchets. Nombre de certifications ISO sont attribuées à ces institutions préservant l’environnement. Tout un département au ministère de l’environnement, ANGED (Agence nationale de gestion et de l’élimination des déchets) s’emploie, sous le contrôle de l’excellente Dr Siala, à cette tâche.

Un médecin militant, non limité par le temps, technologiquement au diapason et agissant pour la santé publique, les affaires sociales et l’environnement, mérite l’encouragement de tous. Cela aussi, les plus hautes instances de l’état l’ont compris.