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Mohamed Ali Ben Jemâa : Le Rap pour thérapie

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Mohamed Ali Ben Jemâa : Le Rap pour thérapie

Mohamed Ali Ben Jemâa est surnommé le caméléon à cause de sa capacité extraordinaire « de changer de peau » lorsqu’il passe d’un rôle à l’autre. Du théâtre au cinéma en passant par la télévision, Mohamed Ali Ben Jemâa détient un parcours extraordinaire de comédien. Mais ces derniers temps il a choisi de vivre l’aventure du Rap. Dali BJ nous parle de sa santé.

par Salem Djelassi

✹ Quels sont vos gestes santé au quotidien ?

Je bois beaucoup d’eau pour éliminer le plus de toxines possibles. Ça m’évite de grignoter et ça m’aide à maigrir. Je fais du jogging et je me promène sur mon vélo chaque fois que l’occasion se présente.
Mais mon geste le plus important c’est de ne pas fréquenter les lieux destinés aux fumeurs.

✹ Votre autoportrait alimentaire ?

Je suis gourmand en sucreries …. un grand mangeur de gâteau et de chocolat. J’adore le Mermez et la Mloukhia quand je m’accorde des libertés alimentaires. Mais au bout de compte je préfère mieux m’en tenir aux viandes blanches et aux salades. A mon âge il faut prendre soin de sa ligne.

✹ Quels sont les grandes causes sanitaires que tu aimerais défendre ?

Le cancer. Je considère que c’est la maladie de la vie la plus terrible. Il ya le Sida aussi, mais là quand on est bien protégé on ne risque pas de l’avoir. Mais le cancer peut attaquer sans prévenir. C’est très vicieux comme maladie…j’ai assisté à des cas qui m’ont profondément attristé.

✹ Qu’est ce qui menace le plus la santé après ce genre de maladies ?

L’ignorance et le manque de culture, un danger qui menace malheureusement nos jeunes. On manque vraiment d’ouverture d’esprit. Nos jeunes ont la culture du zapping, ils connaissent un petit bout sur chaque chose et ils appellent ça « culture »…Ils n’ont aucune culture historique, cinématographique ou théâtrale.

✹ Pourquoi vous avez choisi le Rap comme thérapie ?

Le Rap est un moyen d’expression qui passe des messages bénéfiques pour la santé mentale. C’est une poésie qui fait appel à une acrobatie intellectuelle très forte. C’est une réflexion sur la vie qui donne de l’énergie positive. Il y a aussi la lecture qui est très importante pour la mémoire.

✹ La révolution a eu des conséquences psychologiques (positives ou négatives) sur les tunisiens qu’en est -il pour vous?

En ce qui me concerne la date du 14 janvier a constitué une véritable et une agréable rupture avec un passé marqué par la dictature et la main mise sur la libre expression des journalistes et des artistes. Bien sûr, comme tous les tunisiens, j’ai éprouvé une sorte de secousse psychologique, une secousse qui ressemble plus à une bouffée d’oxygène. J’avais l’impression de vivre dans un rêve éveillé tellement la dictature de l’ancien régime était forte. En tant qu’artiste, cela m’a aussi donné un excellent coup de fouet pour créer de choses nouvelles. Mon dernier single sorti après la révolution (ana fhemtkom!) est le fruit de ce coup de fouet rafraîchissant. Bientôt sortira un album qui porte le titre « 23 ans » et qui a sa propre originalité.

✹ La révolution a-t-elle resserré les liens du couple?

Cette révolution a resserré les liens entre les tunisiens en général et particulièrement entre les membres de la famille élargie. Il y des cousins éloignés qui se sont téléphonés pour se demander des nouvelles ; des frères et soeurs que la vie a dispersé et qui se sont rassemblés dans la maison familiale pour se soutenir moralement et être présents aux cotés de leurs parents durant les semaines noires qui ont précédé le 14 janvier. Tout cela sans parler de l’élan de solidarité spontanée qui a caractérisé tout le peuple tunisien. A mon avis le couple a été le grand bénéficiaire de cette révolution puisque c’était une occasion pour faire le point sur la notion du partage, du vivre à deux, de l’amour et de l’importance de protéger ses enfants contre les agressions extérieures

✹ Aujourd’hui faut -il éduquer les enfants autrement?

Il faut leur apprendre que le recouvrement de dignité a dû se faire au prix de grands sacrifices et qu’il devront désormais vivre la tête haute

✹ Votre conseil pour les jeunes ?

Ne jamais fumer ! Ne jamais boire ce sont des fléaux pour la santé.

✹ Vous n’avez jamais fumé ?

Je n’ai jamais fumé et ni bu… J’ai un autres vice (sourire)

✹ Lequel ?

Savourer la vie profondément.

L’actu de Mohamed Ali Ben Jemâa

« El Makhzen », galerie d’art créée par Dali Ben Jemaa au coeur du quartier populaire de Bab Souika, abrite jusqu’au 14 avril une exposition de photos sur le thème de la révolution tunisienne. L’originalité de cette exposition est qu’elle présente des photos prises le 14 janvier entre 10h et 14h, soit au summum de la mobilisation historique des Tunisiens. Les photos sont de Heykel Hmima et de Zied Ben Miled.