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Mohamed Zran: Réalisateur

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Mohamed Zran: Réalisateur

Mon sport matinal, c’est la gym cérébrale.
Même s’il a réalisé des courts-métrages auparavant, Mohamed Zran fut découvert par le public et le monde du cinéma avec son long-métrage « Essaïda » en 1996 qui raconte l’histoire d’un petit délinquant dans les quartiers populaires.

par Salem Djelassi

Puis ce fut le documentaire « Le chant du millénaire » en 2002, ensuite le long-métrage « Le prince » en 2006 qui ont « installé » définitivement le cinéaste dans la cour des grands. Aujourd’hui, c’est son film « Zarzis » qui défraie la chronique… Nous avons rencontré Mohamed Zran qui a décroché un instant de son monde audiovisuel pour nous parler de son rapport à la santé.

 Quels sont vos gestes santé de tous les jours ?

J’accorde beaucoup d’importance à mon fonctionnement cérébral. Tous les matins, j’effectue des exercices de mémoire. Il s’agit de mettre mon cerveau en orbite, de brancher le scanner puis d’effectuer la mise à jour (rires)… C’est vrai, je pense que pour un cinéaste il est important de cultiver ses neurones. L’exercice qui consiste à
cultiver sa mémoire et à classifier ses souvenirs est très important dans ce sens.

 Vous êtes originaire de la ville de Zarzis, quelle est la meilleure recette pour rester en bonne santé dans votre région ?

La région de Zarzis est réputée pour son poisson et ce n’est pas pour rien ! Je crois aux bienfaits dupoisson sur la santé et j’en mange régulièrement.
En revanche, j’évite les sauces tomates.

 Pensez-vous que les jeunes d’aujourd’hui font assez attention à leur santé ?

Malgré les efforts de sensibilisation et la facilité d’accès à l’information médicale en Tunisie, les jeunes ne se rendent pas compte de l’importance de préserver leur santé et de manger sain. Ainsi, ils préfèrent manger dans la rue des aliments saturés de mauvaises graisses plutôt que de manger sain et équilibré chez soi…
Ils ne savent pas qu’ils s’exposent à de graves problèmes de santé plus tard.

 Dans votre dernier film, « Zarzis », vous avez évoqué le problème du suicide chez les jeunes. Quels conseils leur donneriez-vous pour être dans le mental ?

Malheureusement, plusieurs de nos jeunes se sont mis dans la tête que l’émigration est la seule porte de sortie si on veut bien vivre et faire fortune. Pour cette chimère, ils abandonnent parfois leurs études et prennent des risques graves. Mais se heurtant à un visa devenu comme un mur infranchissable, ils finissent par s’abandonner au suicide par désespoir.

C’est vous dire leur faiblesse. Le conseil que je leur donnerai, c’est qu’ils doivent être plus forts que cela puisqu’ils sont jeunes. Je leur dirai de bien voir ce qui se passe ailleurs et ils comprendront qu’en Tunisie la vie est mille fois meilleure. Nos jeunes sont appelés à être optimistes dans un pays en pleine croissance et qui leur offre des chances multiples. Je leur dirai enfin qu’il faut être bien équilibré dans son pays pour pouvoir conquérir le monde.

Zarzis

zarzis

En compétition officielle au festival cinématographique de Florence en Italie et au festival Middle East International à Abu Dhabi, le dernier film de Mohamed Zran, « Zarzis » ou « Vivre ici », n’a pas laissé indifférent. Couronné par des prix prestigieux, ce long-métrage documentaire dresse le portrait de la ville à travers ceux de plusieurs personnages, Simon, le commerçant juif, l’artiste peintre maudit, l’instituteur progressiste, le cavalier porté par le vent, la marieuse… Un film qui raconte l’universalité d’une Tunisie faite d’un melting pot culturel et qui nous introduit dans les rêves et les ambitions des habitants de cette ville…
Epoustouflant.