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Naima El Jeni « Je suis l’amie de ma fille »

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Naima El Jeni  « Je suis l’amie de ma fille »

Naima El Jeni est de nouveau à la une à travers le petit écran en ce mois de ramadan. En fait, elle est l’un des principaux personnages du sitcom de Telvza TV » Bent Omha « . Entretien.

par Salem Djelassi

Naima El Jeni, après « Choufli hall « , vous êtes de nouveau dans le genre  sitcom… C’est un genre qui nécessite de la forme puisque ça exige un tournage assez rapide ….

Effectivement, c’était un tournage que j’ai effectué en pleine forme sur une courte période. Il faut dire que les conditions de tournage étaient extraordinaires. Même les propriétaires de la maison, où on a tourné étaient d’une extrême gentillesse. Cela dit  » Bent Omha  » est conduit  par un scénario très intéressant et qui n’est pas du tout indigeste. Le fait que l’équipe soit composée de véritables professionnels m’a également facilité le travail et là je citerai Jamel El Madani avec qui j’ai tourné des épisodes dans  » Caméra café « .
Sa présence sur le plateau était extraordinaire et rassurante. Il était très généreux en termes de jeu sur le plateau ; c’est-à-dire qu’il est toujours là à soutenir son partenaire. En plus, la narration et la fable étaient très claires … J’ai adoré  y participer.

Sinon comment faites-vous pour garder la forme au quotidien ?

Chez moi, il y a un tapis roulant et je fais de la marche tous les jours environ 30 minutes… Enfin pas tous les jours, mais les jours où je ne suis pas fatiguée.

Vous compensez alors par un régime …

Oui et non ! Parce que des fois je me lâche mais généralement je bois beaucoup d’eau et je mange beaucoup de salades … Cela dit, il m’arrive de m’abandonner aux plaisirs de la table et brusquement je découvre que j’ai pris des kilos. Je me remets alors au régime en réduisant le pain et les sucres. Et ainsi de suite.

 

Pensez-vous que nos jeunes sont bien nourris aujourd’hui ?

 

Pas du tout ! Ils ne sont pas gâtés sur ce plan et je les plains vraiment ! C’est des jeunes qui se nourrissent à longueur de jour de pizzas, de sandwichs, de frites et de mayonnaise … Ils ont une nourriture bourrée de matières grasses. Un jour ils vont avoir un grave problème de santé.

Quel est votre rapport avec votre fille, Oumayma, aujourd’hui actrice et qui joue un rôle principal à vos côtés dans  » Bent Omha  » ?

Nous sommes réellement de vraies amies, on se raconte tout. Je l’ai élevée comme une fille chérie et une amie précieuse. Je ne l’ai pas élevée sous une chape de plomb ni sous une sorte de dictature. Je ne l’ai jamais frappée par exemple et je suis contre toute forme d’agression physique face aux enfants. Je lui ai appris à dialoguer avec moi sans complexes ni de lourds secrets. On se raconte tout, on discute de tout et cela a fait d’elle une fille très avertie, qui sait évaluer les risques de la vie et qui connaît ses limites.

Vous ne l’avez donc jamais punie ?

Si, mais ce sont des punitions constructives qui consistent à la priver de télévision ou de sortie avec moi (car tous les mercredis, à l’époque, je l’emmenais en promenade). Mais jamais je n’ai levé la main sur elle. Pour moi, c’est un principe indiscutable. D’ailleurs, c’est le conseil que je donne à tous les parents : il faut privilégier le dialogue à la punition corporelle qui mène souvent au déséquilibre psychologique et aux complexes de toutes sortes.

 Quel conseil donneriez-vous aux jeunes aujourd’hui ?

Dernièrement, lors d’un casting, on a fait le tour des universités tunisiennes… Et j’avoue que j’étais fortement déçue … On est loin de la génération d’étudiants qui constituait le fleuron de la Tunisie en termes d’équilibre et de culture. Je me rappelle de la génération de Bourguiba qui a tout misé sur l’éducation et l’enseignement, sur les lumières de l’esprit et je dis qu’on a trop régressé. Il ne faut pas oublier que les grands noms de la Tunisie sont issus de cette université comme Taoufik Jebali, Fadhel Jeaibi, Jalila Baccar pour ne citer que ceux-là. Je ne suis pas nostalgique, je suis réaliste ! On a le droit de voir des jeunes à l’université qui sont équilibrés et ouverts sur le monde sans préjugés ! Mais, on se retrouve avec deux extrêmes. Ceux qui virent vers l’obscurantisme religieux et ceux qui sont complètement du côté opposé. Nos jeunes sont appelés à se cultiver et à s’ouvrir sur le monde. Il faut lire des livres, aller au théâtre, regarder des films. Il faut construire des mentalités civilisées et éclairées en parallèle à la construction des ponts et des autoroutes.