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Najla & Alaa : un an aprés la séparation

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Najla & Alaa : un an aprés la séparation

Elles sont nées un 7 janvier 2010, mais c’est en mai, le 4, qu’elle ont célébré un anniversaire très spécial. Souvenez-vous, il y un an, dans le (presque) plus grand secret, les jumelles siamoises Nejla et Alaa, reliées par la paroi abdominale et le foie, étaient séparées au cours d’une opération chirurgicale délicate réalisée par l’équipe de chirurgiens du service de chirurgie pédiatrique de l’hôpital Habib-Thameur.

par Nadia Arfaoui

 

Et c’est en compagnie de leurs parents ainsi que de voisins, d’amis chers, de journalistes et bien sûr de l’équipe de chirurgiens, anesthésistes, spécialistes en réanimation et personnel médical qu’elles ont été accueillies au cours d’une fête bon enfant, dans la grande salle du service. L’humeur est à la fête, tout le monde est content de revoir les jumelles dont la délicate intervention est restée gravée dans les mémoires. « C’est la première fois qu’une telle intervention est réalisée de A à Z par des praticiens tunisiens », se réjouit Pr Sadok Sayed, chef du service, rappelant qu’une opération similaire effectuée en 1978 a nécessité le recours d’une équipe d’anesthésistes français. Et de se souvenir. Après leur transfert du service de néonatologie de l’hôpital de la Rabta, Nejla et Alaa sont restées quatre mois à l’hôpital Habib-Thameur, avant d’atteindre un poids satisfaisant, soit dix kg afin de se faire opérer. « Pendant ce temps là, il fallait se préparer pour l’opération, sur le plan chirurgical. Nous avons multiplié les réunions entre Pr Sayed et moi-même, et sur le plan anesthésique, avec les Drs Kamel Ben Fadhl et Sonia Ben Khalifa, spécialiste de l’anesthésie pédiatrique à l’hôpital des enfants ainsi que sur le plan de l’équipement.

Le STT résulte d’un déséquilibre du débit sanguin entre les circulations de deux jumeaux.

Vous voulez les aider ?

Appel à tous ceux qui peuvent aider d’une manière ou d’une autre Makram Terrouaf, père de cette magnifique famille, à acheter une voiture afin de travailler pour son propre compte comme chauffeur de taxi. Toute autre aide est bienvenue. Contactez Senda Baccar, rédactrice en chef, « Livret Santé ».

Dans ce cas précis, nous avions dû faire face à problèmes imprévus tels que le fait d’installer deux bébés sur une même table d’opération ou encore celui d’installer deux aspirateurs pour la même salle d’opération. On a dû également commander en Allemagne les prothèses destinées à combler les parois des jumelles et acquérir un matériel de pointe notamment, l’ultraciseur », insiste Dr Néjib Kaabar. Il y a un an, jour pour jour donc, toute l’équipe s’est réunie dans la salle d’opération à 6 heures du matin pour entreprendre cette intervention. « Nous n’avions pas droit à l’erreur, la pression était énorme, particulièrement après la circulation de l’information sur les réseaux sociaux et la volonté manifestée par de nombreux pays européens et arabes de prendre en charge l’opération des siamoises », confirme Pr Sayed. L’équipe retient son souffle dès la délicate étape de l’anesthésie jusqu’au moment de la séparation des jumelles au niveau de la paroi et du foie. « L’opération s’est bien déroulée, mais l’une d’elle a eu un petit problème au niveau du réveil, présentant un syndrome du transfuseur-transfusé (STT, lire notre encadré) que nous avons réussi à résoudre heureusement très rapidement », se souvient Dr Kaabar. Il ajoute que le postopératoire dirigé par Dr Naïma Khrouf, composé de deux pédiatres et deux infirmiers de l’hôpital d’enfants s’est bien déroulé également. « L’une des petites a fait un rejet de la prothèse que nous avons fini par retirer quelques jours seulement après l’intervention », continue Pr Sayed. Aujourd’hui, Nejla et Alaa font certes la fierté de leurs parents, Basma Hannachi et Makram Terrouaf mais également de toute l’équipe de l’hôpital Habib-Thameur dont la prouesse médicale s’ajoute à la longue liste d’exploits réalisés dans le domaine de la médecine en Tunisie. ■

01-06-11