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Orthoptiste: Retrouver ses capacités visuelles ou les découvrir

Publié le
Orthoptiste: Retrouver ses capacités visuelles ou les découvrir
par Monia. Baup

Orthoptie, définition

Le mot orthoptie vient de la racine grecque «orthos» qui signifie droit et «optie», qui désigne la vision ou l’oeil. Or, c’est bien le sens de cette profession paramédicale, exercée par un auxiliaire médical, l’orthoptiste, qui aide à «voir droit» et mieux.

L’orthoptiste est chargé du dépistage, de la rééducation, de la réadaptation et de l’étude approfondie des troubles fonctionnels de la vision. Il s’agit, entre autres priorités, de la rééducation de la vision binoculaire, du strabisme (qu’on appelle plus simplement la loucherie), de la paralysie oculomotrice (soit la défaillance d’un muscle de l’oeil), de l’amblyopie (ou oeil paresseux), de la basse vision, de la périmétrie… Nos yeux ont en effet parfois besoin d’être musclés, éduqués ou rééduqués pour mieux fonctionner.
Le bilan orthoptique est conduit en fonction de la pathologie, des plaintes décrites, des besoins du patient et en rapport avec ses activités (le travail sur écran, la lecture, le sport….), sans limite d’âge. Une fois ce bilan effectué, la rééducation peut être proposée et entreprise.

La rééducation orthoptique

Beaucoup de personnes, enfants et adultes, ont des problèmes liés aux yeux: fatigue visuelle, douleurs oculaires, vision floue, mauvaise convergence ou insuffisance de convergence, eux-mêmes générateurs de troubles de santé comme la photophobie, les maux de tête, les sensations de vertiges ou de nausées, une difficulté à se concentrer, une vision trouble à la fixation prolongée…
L’orthoptiste a donc une clientèle très variée aussi bien en types de problèmes qu’en âge. La décompensation des hétérophories (tendance à la déviation des axes visuels), et plus encore l’insuffisance de convergence, sont parmi les meilleures indications de la rééducation orthoptique.
Le but est de supprimer les signes fonctionnels des troubles décelés en aidant les consultants à compenser leur déviation ou leur faiblesse. Il faut effectivement renforcer le pouvoir de fusion de l’oeil et également augmenter l’élasticité neuromusculaire.
Par ailleurs, la rééducation de la malvoyance concerne:

  • le glaucome (dommages du nerf optique),
  • la complication oculaire du diabète, où la rétine est atteinte,
  • les conséquences des maladies vasculaires et neurologiques,
  • et surtout la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) qui provoque une perte de la vision centrale qui empêche de lire, conduire ou encore de regarder la télévision.

Le traitement orthoptique est une aide précieuse qui apprend non pas à revoir comme avant, mais à voir autrement.

Concernant la rééducation de l’amblyopie, il s’agit de cacher le bon oeil, celui qui fonctionne normalement, avec un pansement occlusif pour l’empêcher de faire tout le travail, en obligeant le cerveau à commencer à travailler avec l’oeil qu’il ignorait auparavant.

Où l’étudier

L’orthoptie est une profession de rééducation avec diplôme d’université de niveau bac +3. C’est un métier de responsabilité paramédicale. Actuellement, c’est dans une école paramédicale privée en Tunisie que l’on peut se former et obtenir la validation de ce diplôme qui donne droit à la libre installation avec deux statuts possibles: libéral ou salarié.

L’avis du spécialiste : Myriam Chakroun,Orthoptiste à Bizerte

Cette profession paramédicale offre une prise en charge essentielle surtout pour la rééducation du strabisme, de la malvoyance et de l’amblyopie. «Concernant le strabisme monoculaire (un seul oeil est touché), j’encourage les parents à consulter dès la détection ou même en cas de doute seulement.
Pour la malvoyance, il s’agit la plupart du temps de patients atteints de glaucome et nous sommes là pour leur apprendre à lire avec du matériel, comme une loupe, pour leur redonner un peu de confort.
Quant à l’amblyopie, cette diminution de l’acuité visuelle unie ou bilatérale sans lésion organique, elle ne peut pas être corrigée seulement par des lunettes. Le pansement occlusif sur un seul oeil s’avère la vraie solution pour améliorer l’acuité visuelle avec correction.
Il faut, chez les jeunes enfants, essayer de la détecter le plus tôt possible pour rééduquer efficacement. Des centaines d’enfants en souffrent chaque année en Tunisie et plusieurs d’entre eux risquent de vivre avec une vision gravement déficiente. Les parents jouent un rôle vital à deux niveaux: la détection et les soins. Il n’est pas toujours facile à reconnaître, cet oeil paresseux, sauf en observant le comportement quotidien de l’enfant: s’il se frotte souvent les yeux, s’il se penche beaucoup trop sur un livre, pour dessiner ou regarder la télévision, ce sont les premiers signes qui appellent à la consultation rapide d’un ophtalmologue.
Puis, au niveau de l’accompagnement patient et persévérant de l’enfant lorsque l’orthoptiste, suite à la demande de l’ophtalmologue, met en place le traitement adéquat. Ils vont nous aider à vaincre la résistance du petit malade qui n’a pas du tout envie de porter de pansement! C’est très important car sinon, le risque est vraiment le handicap visuel à vie.

J’ai essayé

«Je souffrais de maux de tête sans motif particulier. J’avais aussi des sensations de vertige, des nausées. Ça me handicapait dans ma vie de tous les jours, pour aller à la fac, pour sortir… Mon médecin m’a prescrit un bilan sanguin: les analyses étaient normales et il m’a proposé de consulter un ophtalmologue pour faire le point sur ma vision. Ce spécialiste m’a proposé de réaliser un bilan orthoptique car il ne décelait ni lésion ni problème particulier. J’ai accepté et j’ai bien fait: l’orthoptiste a décelé une insuffisance de convergence qui était à l’origine de tous mes problèmes de santé.
J’ai suivi un traitement de 12 séances, à raison de 3 par semaine! Entre les séances chez l’orthoptiste et les exercices à faire aussi à la maison, pas très difficiles, mais contraignants parce qu’il faut les faire tous les jours, je m’y suis tenue et j’ai constaté des progrès très nets et assez rapides puis la disparition des symptômes! J’ai récupéré un confort de vie que j’avais oublié…
Mouna Y., 26 ans, étudiante en sciences