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Le patient hypertendu – diabétique

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Le patient hypertendu – diabétique

Fidèle à son programme d’action, la section de Nabeul du Syndicat tunisien des Médecins libéraux a organisé le samedi 4 juin à Hammamet une grande manifestation intitulée « Printemps médical du Cap Bon ». Les travaux du séminaire ont rassemblé une brochette de spécialistes venus de plusieurs CHU du pays, débattre des problèmes de l’hypertendu diabétique, des douleurs abdominales aiguës et l’interprétation de l’EFR selon les normes tunisiennes dans le cadre de la formation des membres du syndicat.

par Kamel Bouaouina

Le thème « L’hypertendu diabétique » présenté par le Pr Salem Abdessalem du service de réanimation et d’exploration fonctionnelle cardiologique à l’hôpital Rabta a suscité un vif intérêt auprès des patriciens. Ecoutons-le…

Tout d’abord, quelle est la prévalence de cette pathologie en Tunisie chez les patients ?

La Tunisie vit un tournant révolutionnaire en termes de santé qu’on doit à l’explosion des pathologies des pays industrialisés, notamment l’hypertension qui touche 45% des adultes (35-65 ans) et 15 % de la population de plus 30 ans. Lorsque les deux problèmes majeurs de santé publique, le diabète et l’hypertension se croisent, on peut craindre que le cocktail ne soit explosif.
Déjà, le diabète à lui seul est une maladie grave et quand elle est associée à une hypertension, elle est encore plus grave.
Malheureusement, le tunisien diabétique et hypertendu est un sujet à très haut risque cardiovasculaire.

Quelle est la maladie qu’on traite en priorité, le diabète ou l’hypertension ?

Il faut traiter les deux. Mais par contre, il faudrait être plus vigilant avec la tension qu’avec le diabète.

Comment traite-t-on cette maladie aujourd’hui ?

Outre les mesures hygiéno-diététiques, qui gardent une place cardinale dans la prise en charge, l’instauration sans délai d’un traitement antihypertenseur médicamenteux est recommandée. Heureusement, depuis qu’il y a eu la CNAM, on peut accéder aux molécules efficaces chez les hypertendus diabétiques qui coûtent malheureusement très cher. En outre, ces produits ne sont pas disponibles dans les dispensaires et les hôpitaux…

Quel type d’hygiène doit suivre le patient ?

Tout d’abord, il faut réduire sa consommation de sel car le tunisien mange trop salé.
Ce mode d’alimentation aggrave l’hypertension artérielle et entraîne une surconsommation calorique, avec à la clé un risque de surpoids. Il faudrait éviter les conserves, les plats préparés, les plats cuisinés surgelés, les sauces toutes prêtes, les chips, cacahuètes et gâteaux secs.
Il faut manger suffisamment d’aliments riches en potassium car le rapport sodium/potassium alimentaire est important.
Ceci sans oublier de réduire ses apports caloriques si on a des kilos en trop : le surpoids entraîne une augmentation de la pression artérielle.

Il faudrait aussi pratiquer plus d’activité physique surtout que le tunisien est souvent stressé. Trente minutes de marche sont nécessaires chaque jour.

Le traitement médical n’est pas suffisant sans un bon régime alimentaire en plus de l’arrêt du tabac, de l’alcool et de l’équilibre du cholestérol.

Cette prise en charge du sujet diabétique hypertendu constitue une tâche exigeante et difficile. Elle requiert l’étroite collaboration du médecin généraliste et des différents spécialistes (diabétologue, néphrologue, cardiologue), dans une relation de confiance avec le patient.