Nos Plus

La phlébite

Publié le
La phlébite

La phlébite ou la thrombose veineuse est une anomalie cardiovasculaire qui se caractérise par le développement d’un caillot sanguin au niveau dans une des veines des membres supérieurs ou inférieurs ou encore de l’abdomen. Comment prévenir et traiter cette anomalie cardiovasculaire ?

par Hela Kochbati

La détermination de la phlébite

La phlébite est un trouble de la circulation sanguine entraînant la formation d’un obstacle (un caillot) au niveau d’un vaisseau veineux. La phlébite survient le plus couramment au niveau des jambes.

La prévalence d’une phlébite

La phlébite affecte davantage les femmes que les hommes et touche près d’une personne sur mille chaque année.

Les signes d’une phlébite

La phlébite est symptomatique dans 50 % des cas. Les signes sont plus ou moins variables selon le type de la phlébite, superficielle ou profonde. Au cours de ce trouble veineux, il se forme un obstacle à la circulation du sang, la veine présente une inflammation et une teinte rougeâtre, la partie avoisinante de la peau présente des enflements et parfois des formations œdémateuses sont visibles. Le patient présente des sensations douloureuses au niveau de la région de la veine atteinte et peut développer des engourdissements et des crampes.

Les facteurs de risque

Il existe de nombreux facteurs de risque à la phlébite veineuse comme les troubles de circulation sanguine, l’obésité, une position statique prolongée (sédentarité ou position debout), une immobilisation d’un membre pendant plusieurs semaines, la pose de cathéter, des anomalies de coagulation sanguine, un accouchement, certains médicaments, une intervention chirurgicale.

Le diagnostic de la phlébite

L’examen clinique d’une phlébite se fait par angiologue ou un cardiologue.L’examen se fait par une observation visuelle, une palpation de la zone atteinte. Un écho-doppler permet de confirmer l’obstruction veineuse et évaluer la taille du caillot. Par ailleurs, un bilan sanguin avec le dosage des D-dimères permet de déceler cette anomalie vasculaire, le taux faible de ces D-dimères affirme la formation du caillot sanguin.

Les causes

Les origines de la phlébite peuvent être multiples. Parmi elles, une insuffisance ou une stase veineuse qui induit la formation d’un caillot et entraîne une obstruction de la veine touchée, une coagulation anormale du sang, un dommage de la paroi de la veine. Le caillot se forme essentiellement des plaquettes et de la fibrine.

Les formes de la phlébite

On distingue deux types de phlébite. La phlébite superficielle et la phlébite profonde.
-La phlébite superficielle se développe au niveau de veines superficielles. Elle associe une formation de varices, d’œdèmes, de lourdeurs et de troubles de circulation sanguine chez les patients. Généralement la phlébite superficielle est bénigne et mineure et elle est soignée par voie >médicamenteuse ou par la voie du laser. Par ailleurs, un quart des phlébites superficielles évolue en phlébites profondes.
-La phlébite profonde s’opère dans les veines profondes. Cette phlébite est périlleuse, puisque le caillot peut se libérer dans la voie de la circulation sanguine et atteindre un vaisseau pulmonaire ou cardiaque. Cette phlébite peut également induire une embolie pulmonaire. La phlébite profonde demande une prise en charge en urgence ou dans un centre hospitalier.

Les complications

Il existe de nombreuses complications au niveau de la phlébite. Parmi ces complications, l’embolie pulmonaire qui se forme dans les trois quarts des cas à la suite d’une thrombose veineuse touchant la jambe. Dans certains cas, la phlébite entraîne une insuffisance valvulaire, en fait, les valvules jouent un rôle de facilitation de la circulation sanguine au niveau des veines du cœur. Une phlébite peut entraîner une insuffisance cardiaque et un infarctus du myocarde.

La prise en charge de la phlébite

La phlébite peut être prise en charge selon l’évolution, la localisation et les antécédents du patient. Le traitement peut être par une voie médicamenteuse ou par une voie chirurgicale. Le traitement médicamenteux varie selon les cas, généralement des anticoagulants comme l’héparine sont prescrits pendant une durée d’un mois au maximum. La chirurgie est réalisée dans un cas sévère pour extraire le caillot, soit par cathétérisme, par angiographie ou par angioplastie, soit par la technique du laser ou de la radiofréquence.
Par ailleurs, certains traitements complémentaires permettent de réduire les séquelles de la phlébite, il s’agit de l’homéopathie, le traitement homéopathique le plus utilisé est le Vipera 5 CH à raison de 3 granules.

Les mesures préventives

La prévention d’une phlébite se fait par l’adoption de règles hygiéno-diététiques. Il s’agit de pallier à une immobilisation des membres pendant une longue période, d’éviter le port des chaussures à talons, de faire un sevrage tabagique pour les fumeurs, d’utiliser des bas de contention qui sont à renouveler tous les trois à six mois et de pratiquer une activité physique régulière.

L’avis du spécialiste Dr Sofiène Kzadri Spécialiste en cardiologie

1) Qu’est-ce qu’une phlébite ?

La phlébite est une obstruction au niveau d’une veine par un caillot de sang. La phlébite peut survenir au niveau des veines superficielles ou des veines profondes. La phlébite superficielle survient lorsque le caillot se forme dans une veine superficielle au niveau de la jambe au niveau sous-cutané. La phlébite profonde se manifeste au niveau des veines de plus gros calibre et profondes. Cette maladie est à prédominance féminine.

2) Quels sont les facteurs de risque de la phlébite ?

Les facteurs de risques les plus importants sont l’alitement soit chez les personnes âgées à mobilité réduite, soit chez les patients qui sont opérés, soit sédentaires, soit des personnes ayant des troubles de coagulation sanguine, soit suite au port d’un cathéter, soit à une blessure, soit à cause de maladies rares où il y a une déficience de maladies de la coagulation, des patients qui présentent des troubles endocriniens, lors de la grossesse, de l’allaitement, de la ménopause, etc.

3) Quelle est l’évolution de cette maladie cardiovasculaire ?

Généralement quand la maladie est diagnostiquée très rapidement et d’une façon précoce, son évolution est bénigne et elle se guérit. Par contre, quand la maladie est découverte tardivement, on peut avoir des complications. La phlébite devient une maladie chronique difficile à traiter, gênante pour le patient et pouvant engendrer une embolie pulmonaire, une insuffisance respiratoire, une insuffisance du myocarde dont le pronostic est très défavorable.

4) Quels sont les examens cliniques de diagnostic d’une phlébite ?

Le diagnostic se fait par un bilan sanguin et un examen écho-doppler qui est un examen fiable permettant d’évaluer l’évolution de cette maladie et sa prise en charge cardiaque. Une fois le diagnostic réalisé, on démarre immédiatement le traitement adéquat. Par ailleurs, les bilans cliniques à faire dépendent des cas et des facteurs de risques notamment héréditaires des patients. Une phlébite superficielle demande un simple examen physique montrant une contrainte à la marche normale et une lourdeur de la jambe.

5) Quels sont les signes de la phlébite ?

Pour les symptômes, il faut écouter les doléances des patients, quand ils ont un mal au niveau des membres inférieurs et surtout au niveau du mollet, un engourdissement, un enflement de la jambe et un bleu cutané un peu foncé qui apparaît au niveau du trajet veineux.

5) Comment se fait la prise en charge d’une phlébite ?

Pour les phlébites superficielles, on prescrit un traitement local avec le port de bas de contention. Pour l’apaisement des douleurs des patients, on donne des antalgiques et anti-inflammatoires non stéroïdiens. Pour la voie médicamenteuse, on recommande généralement des anticoagulants soit par voie orale, soit par voie intraveineuse et on fait le relais par d’autres molécules actives selon les cas et les antécédents du patient. Il y a un médicament classique qui existe depuis une quarantaine d’années et qui est le Sintrom disponible en forme quadri-sécable, c’est un traitement de la phlébite en relais de l’héparine qui permet la prévention des complications thromboemboliques, la prévention d’une embolie pulmonaire et d’une récidive de la phlébite. Dernièrement, nous avons eu une molécule sur le marché pharmaceutique tunisien qui s’appelle le Xarelto (rivaroxaban) un anticoagulant oral qui est très efficace mais certains spécialistes le prescrivent avec précaution. Cet anticoagulant empêche la formation de caillot en inhibant d’une façon sélective une enzyme spécifique de la coagulation, le facteur Xa. Il est également préconisé lors d’un traitement préventif thromboembolique dans d’une chirurgie de la hanche et du genou. Il y a également des anticoagulants oraux comme Eliquis (apixaban) ou le Praxada (dabigatran). Par ailleurs, on attend de nouveaux anticoagulants oraux sur le marché pharmaceutique tunisien pour le traitement de la phlébite, ces traitements sont déjà apparus il y a depuis trois à cinq années dans les pays développés. Certains patients nécessitent une prise en charge par des séances de kinésithérapie. Par ailleurs, le traitement dépend aussi des troubles fonctionnels cardiovasculaires des patients. Lors d’une ménopause, il n’est pas rare qu’on prescrive des traitements hormonaux substitutifs. Pour la phlébite profonde, on prescrit le plus souvent l’héparine par voie injectable. Dans certains cas graves, la chirurgie est nécessaire. Parmi les modalités de la voie chirurgicale, l’angioplastie, le laser et la radiofréquence.

6) Quelle est la durée du traitement ?

La durée du traitement peut s’étendre à trois mois, six mois ou même à une année s’il n’y a pas de complications. En revanche, dans le cas d’une évolution assez sévère, la prise en charge est plus longue et parfois complexe.

7) Quels conseils pour la prévention de la phlébite ?

Pour les personnes alitées et sédentaires, il est important de les inciter à bouger rapidement. Il est important de consulter dans le cas d’une douleur au niveau des mollets, de suivre un traitement anticoagulant sur conseil du médecin traitant, de bien s’hydrater et d’éviter la position de statures fixes pendant de longues heures.

8) En tant que cardiologue, un dernier mot aux lecteurs ?

Je suis un lecteur de votre magazine de santé. Livret Santé est un magazine que je lis mensuellement et qui est très bien fait. Pour la phlébite, je recommande le suivi des traitements, le port de bas de compression par le patient pendant la durée de la prise en charge et un suivi médical régulier parce qu’une phlébite guérie peut récidiver. Le contrôle chez un phlébologue ou un spécialiste en cardiologie permet d’éviter des séquelles et des effets indésirables.