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Le piment de la salsa enflamme les Tunisiens

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Le piment de la salsa enflamme les Tunisiens

Dans un cadre enchanteur et zen, Tabarka s’est enflammé le temps d’un week-end prolongé, du 24 au 27 juin, sous le feu d’un nouveau piment venu d’ailleurs : la salsa. Accueillis à l’hôtel Tabarka Beach, des concerts et des ateliers de danse se sont succédé dans une ambiance chaleureuse, conviviale et bon enfant.

par Florence Pescher

A l’image de cette musique métissée, mélange de rythmes afro-sud américains, l’événement a rassemblé un nombre non négligeable de passionnés venus de Tunisie, d’Europe et même d’outre Atlantique. Passion, voilà le maître mot de tous les salseros, des organisateurs aux danseurs… La « communauté » salsa est un bel exemple de respect, de joie de vivre et de bonne santé.

Tunisia Latin Events a offert au public tunisien trois jours de sport intense dans la bonne humeur. Première surprise de taille, les organisateurs : Foued Namouchi, Lotfi Kriâa et Hella Ammar, ne sont pas des professionnels de l’événementiel ; chacun d’eux dirige une entreprise à des milliers d’années lumière de la danse et de l’organisation de festivals.
Ce qui les a poussés dans cette aventure ? La passion de la salsa qu’ils pratiquent maintenant depuis quelques années. Dénominateur commun avec la majorité des personnes rencontrées, qu’elles dansent en loisirs ou en professionnels : une rencontre, un jour, qui a bouleversé leur vie.

Un premier festival coup de maître

Il faut dire que cette sorte de danse est facilement accessible, nul besoin d’avoir derrière soi une formation de danseur, contrairement à d’autres pratiques d’expressions corporelles, pour pouvoir s’y adonner. Tous décrivent le milieu de la salsa comme un milieu éminemment social, profondément humain, où les valeurs d’échange, de respect, d’humilité et l’humour sont de rigueur. C’est ce qui séduit les salseros et c’est ce même esprit qui a convaincu Mariem Miled, propriétaire de l’hôtel Tabarka Beach, de se lancer dans l’aventure. Ce nouvel établissement hôtelier cinq étoiles, atypique dans le paysage des hôtels tunisiens, a accueilli, avec simplicité et chaleur, l’événement. De 10h à 18h, en toute liberté et sans protocole, des professeurs de très haut niveau, pour beaucoup champions internationaux, ont animé des workshops autour des différentes techniques qui composent la salsa. Une petite pause pour le dîner, le concert à la Basilique de Tabarka et retour à l’hôtel pour les shows et les after jusqu’à 5h du matin… Infatigables ces salseros, dopés à l’énergie !

Une salsa, des salsas…

Le mot salsa apparaît à la fin des années 1960 à New York, désignant avec humour le côté épicé, piquant même de la cuisine et des danses apportées par la communauté cubaine émigrée aux Etats Unis. Pour les néophytes, tous les rythmes des danses latines se ressemblent. Il n’en est rien. Si la discipline est ouverte à tous, les connaisseurs font la distinction entre les différentes techniques regroupées sous l’appellation « salsa » : la cubaine, la portoricaine, la bachata, le bachtango, la rumba, le cha cha cha, la salsamba, la ragga jam salsa et, petite dernière née, la zumba. Chacune présente des particularités : la cubaine est plus festive, plus populaire et plus facile à pratiquer que la portoricaine plus technique, plus réglementée et plus hiératique ; dans la rumba, à l’origine des danses latines, les danseurs miment des scènes de la vie courante ; la bachata née en République dominicaine est axée sur les mouvements de pieds ; le merengue, plus sensuel, se danse collé serré…

La zumba

Livret Santé a choisi de vous présenter tout particulièrement,et en exclusivité, la zumba, la plus sportive de toutes les techniques salsas. La zumba, nouveau phénomène en Europe, inédit encore en Tunisie, mélange danse et fitness. Le cours est composé à 80% de danse latine, les 20% restant font fusionner danse orientale, afro, reggaeton… Lekip 10, compagnie belge créée par Jugurtha Silkhider, d’origine algérienne, a initié le public venu à Tabarka à cette nouvelle pratique. A l’instar de la plupart des danseurs rencontrés, Jugurtha, juriste de formation, est venu à la danse par la pratique de loisirs, d’abord du hip hop, puis de la salsa à l’occasion d’une rencontre avec Mike O, un des professeurs de salsa les plus connus au monde. Aujourd’hui, il enseigne la zumba, imagine des chorégraphies pour des spectacles latino et se produit lui-même dans des shows. Ses cours rassemblent jusqu’à 150 personnes par session.
La zumba est une danse combinée à de l’aérobic, avec des pas très simples, accessibles au grand public. Mais la différence avec l’aérobic ou le fitness simple réside dans l’aspect ludique et le plaisir généré par la pratique. La musique latine transporte. L’effort physique, bien qu’intense, n’est pas ressenti comme une souffrance par le public. La zumba fait pourtant travailler les bras, les jambes, le coeur… C’est une discipline idéale pour perdre du poids dans la joie et la bonne humeur. Autres avantages de la zumba : pas besoin de partenaire puisqu’elle se danse en ligne, pas de tenue sophistiquée ou de talons hauts, la simplicité est de mise.
Jugurtha Silkhider, diplômé de zumba, se rend très régulièrement à l’étranger pour animer des ateliers et faire connaître la discipline. Il apprécie beaucoup notre pays et se propose de venir à Tunis afin d’initier le public à la pratique. Il lui faudrait juste, dit-il, un petit coup de pouce pour entrer en contact avec des salles prêtes à l’accueillir. Pour de plus amples informations sur la zumba, consultez www.lekipsalsa.be et www.zumba.com. Rendez-vous est donné aux amateurs pour l’année prochaine, les organisateurs, à peine le festival terminé, travaillent déjà à la programmation de l’édition 2011. Les Tunisiens et les étrangers présents cette année ont déjà réservé, n’attendez pas le dernier moment, vous risqueriez de ne pas trouver la vôtre.