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Pollution industrielle santé et environnement

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Pollution industrielle santé et environnement

La pollution industrielle a été au cœur d’une conférence intitulée « Pollution industrielle, santé et environnement » organisée par l’Association Environnement Santé. Conscients des dommages causés par cette forme de pollution, plusieurs spécialistes ont pu partager leurs expériences, que ce soit dans le domaine de la santé, de la sécurité alimentaire ou de l’impact sur l’environnement. Entretiens.

par Hela Kochbati

Notre  spécialiste Dr Hanene Smadhi Pneumologue

1) Quelles sont les maladies respiratoires liées à la pollution industrielle ?

L’exposition à des polluants industriels est le motif de consultations répétitives, d’urgences  et d’hospitalisations notamment pour certaines bronchopathies respiratoires comme l’emphysème respiratoire et la pneumonie. Une étude  nationale a montré  que les polluants industriels entraînent une augmentation de 8 % des  maladies respiratoires, une augmentation de 25 % d’hospitalisations liées à l’asthme surtout  chez les enfants, une augmentation de 15 % de consultations pédiatriques, une augmentation de 22 % de cas d’arrêts  de maladies dus à des maladies respiratoires.  Pour exemple, lorsqu’il y a inhalation de 15m3 de dioxyde de souffre, il a élévation de 33 % des crises d’asthme, de 25 % à 70 % de cardiopathies, de 25 % à 70 % de toux nocturnes et 33 % à 50 % de gênes respiratoires.  De même, nous constatons qu’il y a de plus en plus d’allergies. Il  y a aujourd’hui plus de 250 agents pathogènes responsables de l’asthme en milieu professionnel. 

L’asthme dans notre pays constitue un problème de santé publique, avec une prévalence de 10 % à 20 % dans la population générale. Cette maladie chronique a un retentissement socio-économique. Le traitement de l’asthme allergique repose sur l’éviction de l’allergène, une médication spécifique par des bronchodilatateurs  et l’évitement des risques qui permettent l’amélioration de la symptomatologie.

Par ailleurs, il y a un rapport durée/dose/effet qui indique l’évolution des symptômes respiratoires des personnes exposées par rapport aux sujets normaux.

2) Quels sont les types de pollution ?

Il existe deux types de polluants : les polluants primaires et les polluants secondaires : 

-Les polluants primaires : ce sont des polluants comme les oxydes de carbone (le monoxyde de carbone, le dioxyde de carbone) et  les oxydes de souffre qui proviennent de sources de chauffage et des échappements des voitures ainsi que de réactions de produits chimiques,  et les oxydes d’azote  essentiellement issus des automobiles qui ont pour origine les industries pétrolières, plasturgiques et le diesel.

-Les polluants secondaires : ils résultent de l’action de l’eau et du soleil en rapport avec les polluants primaires, essentiellement l’ozone. Ce sont des réactions de l’ultra-violet sur l’oxygène de l’air. Les aérosols acides interagissent  également,  entraînant la libération d’oxyde d’azote et d’oxyde de souffre.

3) Quels sont les sources de la pollution de l’air ?

Parmi les sources de la pollution de l’air,   on retrouve les véhicules automobiles à travers les gaz d’échappement,  l’activité industrielle humaine, la production d’énergie thermoélectrique, etc. Les principaux polluants industriels sont les gaz toxiques, le charbon,  les métaux lourds (chrome, plomb, mercure,  nickel, etc…), l’amiante, les déchets organiques, les poly-toluènes et les dérivés du pétrole. La pollution de l’air  ne connaît pas de frontières et  entraîne des effets nocifs sur les systèmes respiratoires et cardiovasculaires.

Notre  spécialiste Hamadi Dekhil Directeur ANCSEP

1) Quelles sont les caractéristiques des polluants industriels ?

Un polluant désigne un agent chimique, physique ou biologique qui entraîne une gêne ou une nuisance dans le milieu. Ces agents polluants entraînent une réduction de la qualité du milieu, même s’ils sont présents à des concentrations faibles et entraînent une dégradation de l’environnement par la contamination de l’air, l’eau ou  encore le sol. Les conventions internationales réglementent l’émission des polluants de l’atmosphère selon leur degré de toxicité.

2) Quelles sont les industries polluantes dans notre pays ? 

L’infrastructure nationale pour les milieux industriels montre qu’il y a de grosses industries de transformation pour les phosphates,  le phosphogypse, des cimenteries, des moyennes entreprises, des industries  chimiques et de textiles, des raffineries,  des transformations agroalimentaires et des huileries.  Les grosses industries sont situées essentiellement au niveau  des zones du littoral  (Sousse, Monastir, Gabès Sfax). Ces différentes industries génèrent environ 250 tonnes par an de déchets solides, et certains déchets ne bénéficient d’aucun traitement  puisque la seule usine qui s’occupait du traitement des ces produits dangereux a été fermée en 2011.

3) Quels sont les conséquences de ces polluants à l’échelle nationale et globale ?

Les contaminants de l’air circulent dans  le milieu environnant et affectent notre organisme soit par un contact direct, soit par inhalation. Ces contaminants ont des conséquences aussi bien au niveau national qu’international. L’effet global est l’effet de serre et le réchauffement climatique, l’augmentation de la température à l’échelle du globe. 80 % des rayons infrarouges ne peuvent pas passer et cela induit un réchauffement de l’air et du climat. Les impacts de la pollution sur notre environnement sont multiples : dégradation de l’écosystème, pollution de l’eau et du sol engendrant un impact nuisible sur la santé humaine et particulièrement  sur les enfants qui sont plus vulnérables aux effets de la pollution industrielle. Chaque substance industrielle polluante (dioxyde de carbone, dioxyde de soufre, dioxyde d’azote, phtalates, produits organochloriques) a son effet sur la santé humaine. Certes, la Tunisie respecte les normes internationales et les réglementations  en matière de polluants industriels. Cependant, la dégradation de l’environnement n’a pas cessé d’augmenter ces trois dernières années, il reste beaucoup à faire par les collectivités nationales, les associations non gouvernementales  pour assurer un environnement sain et un développement durable pour les générations futures.