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Post politicum, animal triste…

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Post politicum, animal triste…

 

Le 23 octobre, tous avaient le doigt bleu, comme l’espoir de lendemains qui (dé)chantent… Et moi seul, ce jour-là, je ne faisais pas partie du club.

Le 22 avril, en revanche, armé de ma carte consulaire et de mon passeport, je suis allé voter à La Marsa pour l’élection présidentielle française. « Bonjour Madame dites-mo comment il faut procéder, c’est la première fois que je vote à l’étranger. A propos, je n’ai pas reçu ma convocation ». « Ne vous inquiétez pas, personne ne l’a reçue… » Et j’ai fait la queue devant le bureau de vote numéro 2 ! Oui, la queue pendant une demi-heure… C’est bien la première fois que je dois patienter pour glisser mon bulletin dans l’urne. Auparavant, faire mon devoir de citoyen ne prenait que 10 minutes, le temps de descendre jusqu’au bureau de vote. J’y vois peut-être une conséquence de l’exceptionnel taux de participation des électeurs tunisiens ce fameux 23 octobre. Après avoir (un peu) raté le train de la révolution, sans doute les français, n’ont-ils pas voulu rater le rendez-vous avec leur histoire. Pour ma part, cela surtout été un rendez-vous avec mes compatriotes Français de l’étranger, comme l’administration nous désigne. Un rendez-vous dont je me serais bien passé soit dit en passant. Et dans ce cadre là, il m’aurait été difficile de prétendre être Belge francophone, comme j’ai l’habitude de le faire lorsqu’il m’arrive de tomber sur des concitoyens à l’étranger… Je mens d’ailleurs fort bien : étant un fin connaisseur de la région de Liège, je n’ai aucun mal à me glisser dans un costume de Wallon. Il ne s’agit là que d’un petit arrangement avec la réalité qui ne nuit à personne. Que dire de nos hommes politiques qui promettent d’éradiquer la misère pour faire le plein de voix. Je remarque que d’une rive à l’autre, ce sont les mêmes discours qui servent les mêmes objectifs.

Alors voilà. J’ai fini par glisser mon bulletin dans l’urne. Pour qui ? Cela je ne le dévoile pas… Tout juste puis-je dire que je n’ai pas voté pour Marine le Pen, même si j’aime beaucoup la mer. Pour le reste, il s’agissait, à mon sens, de choisir entre la peste et le choléra. Le choléra, on connaît et on en guérit plus facilement que de la peste.

J’ai tout de même tourné ma langue sept fois dans ma bouche avant de parler. Qui a tort, qui a raison ? Seul Dieu le sait. Je ne veux que la paix. Des combats de l’Avenue Bourguiba, je ne veux retenir que le 20 mars dernier, ou en guise de bataille rangée j’ai assisté à une multitude de duels au drapeau. Score final : Tunisie, 1, salafistes, 0. Le rouge, le noir, le blues, l’espoir… et je rêve que soudain mon pays se soulève. Rêver c’est déjà ça, chantait Alain Souchon. J’espère seulement que, passé le 6 mai, le rêve ne se transformera pas en cauchemar.

Il paraît que les voyages en train finissent mal. Dans mon cas, je m’accroche et je garde le moral. Pour m’y aider, j’ai un « Grand Corps Malade ». A vitesse maximale, ses textes me permettent de garder une humeur égale. Quant à toi, lecteur fidèle, je te dis au plaisir de te croiser au hasard d’un wagon ou sur le quai d’une gare. ■