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Première séance chez le psy

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Première séance chez le psy

C’est l’époque de l’année où tous nous nous recentrons sur nous-mêmes en introspective, faisant le bilan de tout ce qui s’est passé en 2014 et cherchant ce qui est à changer, ce qu’on ne referait pas pareil. Bref, comment améliorer notre vie et atteindre une forme de bien-être ? Des fois, dans cette recherche intérieure une aide extérieure peut être des plus profitables.

par Myriam Bennour Azooz

Aujourd’hui encore, il flotte une sorte de tabou autour des psychologues et des psychothérapies. La situation a beaucoup évolué ces dernières années, c’est un fait, mais demeure teintée d’une certaine forme de mystère et de gêne. Pourtant, voir un psy ou se « faire suivre » comme dirait Gad Elmaleh peut s’avérer d’une aide très précieuse lorsqu’on est confronté à un problème particulier, un chamboulement ou que l’on a besoin de faire le bilan, sans pour autant faire de nous une personne faible ou même folle !

Ai-je besoin d’un psy ?

Avant de décider de franchir le pas il faut se poser cette simple question : de quoi ai-je besoin ? Si l’on se sent acculé, en face d’une situation dont on ne sait pas comment se sortir seul, la consultation d’un psychologue est peut-être bien la réponse. Souvent, c’est juste le besoin de quelqu’un pour nous comprendre. Quelqu’un de désintéressé et d’impliqué à la fois, qui soit attentif et affecté par ce qui nous arrive et que nous ressentons le besoin de révéler.

Téléphoner à un psychologue pour prendre un rendez-vous, c’est donc faire le choix d’un changement et décider de comprendre et de résoudre une difficulté ou une situation qui pose problème.

Quand voir un psy ?

Il y a différentes situations qui, lorsqu’on y est confronté, peuvent requérir l’aide d’un professionnel. Dans la majorité des cas, ce qui pousse à faire le premier pas et à prendre la décision de prendre rendez-vous chez un psychologue c’est ce simple constat que l’on est en face d’une difficulté qu’on ne peut résoudre tout seul et dont on ne peut (ou ne veut) peut-être pas discuter avec notre entourage (qui peut en être la cause d’ailleurs). 

Ainsi, on peut se sentir dépassé par une situation (dans son couple ou au travail), ou être confronté à des émotions négatives (un vide, une tristesse injustifiée). Un grand changement dans la vie (promotion, mariage, maternité) peut aussi provoquer la réapparition de difficultés pendant longtemps refoulées.

Comment le choisir ?

Pour trouver un psy, la première chose à faire est d’en parler autour de vous pour demander conseil. Tout d’abord, pour démêler dans la multitude de thérapies, le type qui serait le plus adapté à votre problématique. Ensuite, il s’agira de trouver le professionnel qui, par sa compétence mais aussi par sa personnalité, vous correspondra le mieux. En tout état de cause, il est préférable d’éviter l’anonymat, préférez demander à votre médecin généraliste qui vous connaît bien et qui a l’habitude d’adresser ses patients à des psychologues.

La première fois

La première séance est généralement une évaluation à double sens. D’une part, le psychologue tentera de cerner votre difficulté dans les grandes lignes afin d’être plus à même de vous proposer la meilleure indication thérapeutique : psychanalyse, thérapie familiale…

Vous, de votre côté, n’hésitez pas à lui poser des questions. Vous devez vous sentir à l’aise avec lui et être en accord avec l’école à laquelle il appartient. N’hésitez pas non plus à demander qu’il vous explique de manière claire le déroulement de la cure (y compris le tarif, la fréquence des visites…). Si vous ne le sentez pas, c’est peut-être le signe que vous ne pourrez pas être à l’aise avec lui. La confiance est la clé d’une bonne thérapie et donc le garant du chemin vers le bien-être ! Tentez l’expérience avec un autre psychologue au besoin.

Un investissement personnel

Bon, vous avez décidé de vous adresser à un psychologue, c’est déjà un bon début. Mais le chemin vers le bien-être est une route longue et sinueuse. Le choix d’entamer une thérapie est un travail de longue haleine. Il faut avoir le souffle et le garder. Même le psy vous le dira, ce n’est pas en 5 ou 6 séances que votre vie sera métamorphosée, car il n’y a pas de recette miracle. Il faut que vous soyez prêt à investir de votre temps  et de votre argent. D’ailleurs, certains psychologues vous diront que le fait de payer les séances fait partie intégrante du processus. En effet, cela représente le garant de votre investissement personnel dans la thérapie. De plus, payer la personne à qui vous confiez tous vos secrets les plus enfouis contribue à vous déculpabiliser et à vous ouvrir en toute sérénité.

Comment ça se passe ?

Comme on l’a dit plus haut, il n’y a pas de recette miracle ou de formule magique pour vous débarrasser de votre difficulté, pour vous libérer de ce qui vous retient. Le psychologue ne détient pas non plus la science infuse. Il est là pour vous écouter, pour recentrer vos idées lorsque vous vous éparpillez. Bref, pour vous guider dans votre quête de bien-être, pour que vous puissiez renaître. Souvent, on entend des patients dire que leur psy ne vaut pas grand-chose parce qu’il ne fait qu’écouter et ne pose que rarement des questions. Au contraire, c’est ce qui fait de lui un bon psy : sa capacité d’écoute. Car la réponse est en nous.

Reflexes bonne humeur

Pour combattre la morosité qui s’immisce peu à peu dans votre vie, obscurcissant votre quotidien, ne restez pas les bras ballants. Il y a toujours des petits gestes à faire, des reflexes à acquérir pour vous aider à rebondir :

-Adoptez la positive attitude dès le matin : en ouvrant les yeux, on essaye de penser aux belles choses qu’on va (ou qu’on peut faire), ou au beau temps qu’il fait dehors.

-Faites des étirements au saut du lit pour réveiller votre corps tout en douceur et vous donner du peps, pourquoi pas au son de votre chanson préférée ?!

-Ne sautez jamais le petit déjeuner ! Au contraire, consacrez-lui le temps et l’énergie qu’il mérite. Un bon apport nutritionnel contribuera à votre bonne humeur.

-Pensez à vous ! Déterminez un moment de la journée qui VOUS est consacré en dehors de la cohue et des tracas : un bain, un massage, ou même une demi-heure tranquille sur votre divan bien moelleux !

-Détendez-vous : un pépin au boulot ? Votre petit dernier a eu une mauvaise note ? Pas la peine de dramatiser : si vous vous concentrez, vous réglerez comme un chef le souci au travail  et votre fils réussira quand même sa vie, avec votre aide. Vous stresser plus qu’il ne faut ne réglera certainement pas les petits soucis de la vie plus vite, bien au contraire.

L’avis du spécialiste

médecin généraliste, Ksar Essaïd

Le médecin généraliste est, habituellement, le praticien le plus proche de ses patients. En effet, le plus souvent médecin de famille, il suit ses patients au long terme, et est présent aux moments clés : naissance, réussite ou échec scolaire, adolescence. Ceci fait de lui un observateur de choix. De ce fait, il arrive assez souvent que c’est lui qui remarque que quelque chose ne va pas. Et, du fait du lien qui se crée avec ses patients au fil des années, du climat de confiance qui règne  entre eux, il peut en parler avec eux pour déterminer s’il y a besoin d’une aide plus approfondie.

Dans d’autres cas, c’est la famille qui, inquiète, remarquant un changement dans le comportement d’un de ses membres, en informe le médecin. Ici, c’est aussi à lui d’intervenir pour comprendre, et encore une fois décider s’il y a besoin d’aller plus loin.

Mais ce qui est certain, c’est qu’à n’importe quel âge, commencer une thérapie est une décision difficile à prendre. D’autant plus si on est avancé en âge, pensant, à tort que plus nous avançons en maturité, plus il est difficile de changer. Il y a toujours en nous une part infantile  qui demeure, c’est elle qui souffre, qui a peur. Et c’est elle qui va parler lors d’une thérapie. Il peut nous arriver à tous de nous sentir perdus. Il faut simplement avoir le courage de demander de l’aide.