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«Un programme sanitaire humain, réformiste et exhaustif»

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«Un programme sanitaire humain, réformiste et exhaustif»

«Couverture médicale universelle».
«Egalité des citoyens devant l’accès aux soins».
«Secteur sanitaire jouant le rôle de locomotive économique».
Ainsi résume le Dr. Abdelmajid Mselmi, membre du bureau politique du Parti Démocratique Progressiste (PDP), les crédos du volet sanitaire du programme électoral du PDP dévoilé par le fondateur du parti Ahmed Néjib Chebbi, le 20 mai 2011.
Le Dr. Mselmi nous a accordé une interview dont voici le texte intégral.

par Afef Horchani

Le programme sanitaire du PDP se particularise par son exhaustivité. De qui est-ce le travail ?

A vrai dire, le groupe de travail qui a conçu notre programme sanitaire est composé  d’une cinquantaine de médecins, de dentistes, de pharmaciens et d’autres cadres du secteur de la santé qui sont des militants et des sympathisants du PDP.

Ce groupe de réflexion s’est penché sur l’analyse de toutes les composantes du secteur de la santé en Tunisie (infrastructure, personnel médical et paramédical, déséquilibre régional et besoins sanitaires de la population, équipements des centres hospitaliers, gestion du secteur sanitaire, etc).

Cette analyse exhaustive du secteur nous a permis de déterminer les priorités les plus urgentes de notre programme sanitaire.

Quelles sont ces priorités ?

Nos priorités sanitaires peuvent être arrêtées comme suit: pourvoir aux besoins des hôpitaux des régions de l’intérieur en médecins spécialistes, résoudre le problème de la pénurie de médicaments dans les hôpitaux, résoudre le problème des services des urgences qui ne répondent pas vraiment aux besoins ni aux attentes des patients, mettre à niveau les hôpitaux des régions de l’intérieur sur le plan des infrastructures, des équipements, de la gestion et du management.

Comme solutions à ces problématiques nous proposons des mesures urgentes qui permettent d’avoir le nombre nécessaire de médecins spécialistes  dans les hôpitaux des régions de l’intérieur le plus tôt possible, pour que les citoyens des gouvernorats comme Siliana, Kasserine, Sidi Bouzid, Gafsa,  Kebelli et Médenine  aient le droit d’être traités par des médecins spécialistes en chirurgie, en gynécologie, en anesthésie et réanimation, en cardiologie… De même, nous sommes favorables à la prise en charge par la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) des ordonnances médicales délivrées à des patients qui consultent les hôpitaux pour faire face au manque de médicaments.

Par ailleurs, nous pensons que les prestations rendues dans les services des urgences requièrent une attention particulière. A cet égard, nous faisons deux suggestions: la possibilité de prise en charge par la CNAM  des urgences médicales et chirurgicales dans le secteur privé et un organisation des services de garde pour répondre aux besoins de la population en contre partie d’une prime de garde négociée avec le syndicat.

Pour ce qui est de la mise à niveau des structures sanitaires, nous mettons l’accent sur une réforme globale qui remet le patient au centre de l’intérêt de l’hôpital public et qui intègre toutes les dimensions de la prestation sanitaire rendue au citoyen tunisien telles que l’accueil, l’hébergement, l’accès aux médicaments et aux soins dans les meilleures conditions. Nous accordons une grande importance à l’amélioration du matériel et des conditions de travail du personnel médical et paramédical.

Nous envisageons de réformer les méthodes de gestion et de management des hôpitaux publics parce que l’hôpital doit être, aujourd’hui, géré comme une entreprise économique à vocation sociale, régie par une logique comptable.

Nous accordons, également, une importance particulière au développement des technologies médicales de pointe.

Comment peut-on appréhender votre programme sanitaire sous ses aspects multiples et complémentaires ?

Dans son aspect social, le programme sanitaire du PDP a pour objectif d’assurer une couverture médicale universelle pour tous les citoyens tunisiens et vise à garantir l’accès rapide et facile du citoyen tunisien aux services de soins.

 Deux caisses prennent en charge les besoins de la population tunisienne : la CNAM qui couvre les besoins sanitaires de ses affiliés (presque 2 /3 de la population) et, pour ce qui concerne les citoyens bénéficiant des cartes de gratuité, nous envisageons d’actualiser leur liste pour qu’elle regroupe tous ceux qui ont besoin de la gratuité des soins. Ils auront leur propre caisse financée par l’état. A cet effet nous proposons une «TVA solidaire», égale à un point supplémentaire de TVA, qui sera instaurée par le relèvement du taux de 18% à 19%. Le produit de cette TVA sera affecté à l’amélioration de la prise en charge médicale de la population la plus démunie.

Sur le plan professionnel, une haute autorité de la santé sera créée. Elle aura le statut d’autorité publique indépendante à caractère scientifique et elle aura pour missions la promotion de bonnes pratiques de soins auprès des professionnels et des usagers de la santé, l’amélioration de la qualité des soins dans les établissements de santé privés et publics, le développement de la concertation et de la collaboration avec les acteurs du système de santé.

Côté économique et financier, notre programme sanitaire encourage le secteur médical privé et œuvre pour que la Tunisie devienne un pôle médical international afin de doubler le nombre de patients étrangers hospitalisés dans nos cliniques privées (140.000 en 2009). Pour cela, nous envisageons la création d’un secrétariat d’état pour le secteur médical privé sous la tutelle du Ministère de la santé.

Nous œuvrons aussi pour renforcer la compétitivité du tourisme médical, inciter les cliniques à la certification et promouvoir les hôpitaux privés et les entreprises sanitaires offshore.ν