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Quel temps est le vôtre ?

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Quel temps est le vôtre ?

J’ai pas le temps, faute de temps, le temps passe vite, fixer le temps… tellement de significations et de jeux de mots. En ce début d’année, vous êtes plus que jamais, peut-être, confronté(e) à ce temps qui va si vite, qui vous échappe. Jamais le temps pour rien, avec la rentrée, les cours du mercredi après-midi des enfants, les courses, la cuisine, les factures, mais d’abord les dossiers qui s’accumulent au bureau. Ouf ! Appuyez sur « pause », on va plonger au fond de cette question du temps…

par Sondes Khribi Khalifa

Le temps n’existe pas

Oui, c’est ce que l’on apprend en faisant un petit tour en physique de l’infiniment petit. Ce n’est pas exactement qu’il n’existe pas, c’est que ce n’est pas une donnée initiale…il n’existe pas, mais nous le créons aussi, au fur et à mesure.

Une image peut-être, pour comprendre? Imaginez que vous conduisiez une voiture d’un point A vers un point B, vous regardez le paysage autour de vous et, la première impression que vous avez, c’est que ça défile ! Les arbres défilent, les immeubles, etc. Mais c’est faux, en fait. Les arbres et les immeubles ne défilent pas…c’est vous qui défilez, vous qui passez, vous qui êtes en mouvement. Eh bien, c’est exactement cela que nous explique la physique quantique. Il n’y a pas de temps, il y a du mouvement. A partir du moment que vous êtes (ou n’importe quel objet physique est) en mouvement… il se « crée » du temps.

C’est compliqué ? Non, pas tant que cela. Voilà une autre image, utilisée par un éminent spécialiste de la question du temps, Etienne Klein, et professeur à l’Ecole Centrale de Paris : imaginez que vous êtes en train de jouer une composition musicale, une symphonie. Vous lisez alors les symboles (de musique) et vous avancez dans cette lecture  donc, du coup, dans la symphonie que vous jouez. Mais la  composition musicale, l’ensemble des symboles, existent déjà. C’est vous qui êtes en mouvement, c’est vous qui les lisez….

 

Il n’y a pas de temps, il y a du mouvement.

A partir du moment que vous êtes -ou n’importe quel objet physique est- en mouvement…il se «crée» du temps.

Le temps est aussi pluriel, donc contingent. On parle ainsi de temps propre. Mon temps propre est une dimension dans laquelle je suis presque enfermé…Etienne Klein utilise l’image d’un voyageur dans un train, qui peut voir depuis la vitre, mais qui ne peut pas descendre. Il est enfermé dans son wagon. Et ce, selon la vitesse à laquelle va son train… Cela définit donc sa dimension. Notez que j’utilise des mots et des concepts très simples et vagues, pour simplifier. Les équations de physique sont si compliquées !

Ainsi, selon votre masse, votre vitesse, vous serez dans une dimension temps donnée. La sphère du vivant, donc vous, moi, le chien du voisin, ou cette mouche sur votre journal… sommes dans une dimension particulière. Une dimension « temps » où les atomes ne vont pas à une vitesse très élevée. Vous savez bien que nous sommes au fait composés de milliards de cellules, lesquelles sont composées de molécules et donc, d’atomes. A l’intérieur des atomes il y a aussi des particules… les particules élémentaires et celles-ci passent leur temps…à courir. Littéralement. Ça bouge, ça court dans tous les sens. C’est un peu comme une roue de bicyclette qui vous semble être un cercle…mais ce n’est pas un cercle, c’est un ensemble de points… quand la roue tourne, c’est la vitesse et le mouvement qui vous donnent cette image de cercle…

Reprenons alors l’explication, à propos des temps propres… Il existe donc, en parallèle de « notre temps», celui de la biosphère… d’autres temps, c’est-à-dire propres à des objets physiques dont les atomes vont beaucoup plus vite. Beaucoup plus vite, c’est-à-dire environ à la vitesse de la lumière…

Quel temps est le vôtre ?

Laissons la physique de côté…plongeons un peu dans la psychologie et, précisément, celle cognitive. Il faut savoir que le cerveau ne fonctionne qu’à partir d’un ensemble d’informations, prédéfinies. Autrement dit, pour le cerveau, pour n’importe quelle tâche ou activité cognitive, le présent n’existe pas, pas en soi, en tout cas. Faites une pause  et observez le fonctionnement de votre propre cerveau. Dites vous : « je vais essayer de me concentrer 5 mn sur un objet fixe ou fermer les yeux  et attendre la première pensée qui va venir à moi …». Vous allez voir, d’abord, que ceci n’est pas facile car simplement vous êtes submergé et envahi, à votre insu, par un flot de pensées, de souvenirs, de commentaires, etc. Votre cerveau est comme une machine qui fonctionne en mode non-stop, et indépendamment de votre volonté. Vous ne parvenez à le « canaliser », en quelque sorte, que lorsque vous vous concentrez dans une activité donnée. Intellectuelle ou manuelle d’ailleurs. 

Vous voyez donc que le cerveau est constamment en train de repenser à ce qui s’est passé, à le ressasser, à le commenter, à l’analyser…sinon à envisager le futur…prévoir, faire des pronostics, des scénarios d’action (et de sentiments) pour chaque situation, etc.

Votre cerveau, la nature même de votre activité cognitive (vous, comme tous les humains d’ailleurs…) vous entraîne dans un temps très chargé psychologiquement. Certains appellent ceci le temps psychologique, par opposition au temps horloge…

Et le temps psychologique, ça consomme tellement d’énergie. Ça vous oblige à toujours rester dans le passé ou le futur, malgré vous.

La machine de votre mental vous entraîne, malgré vous, dans une dépense d’énergie incommensurable et qui ne vous laisse rien, pour ainsi dire, pour vivre le présent et au présent.

Le temps présent 

Si vous êtes stressé(e), fatigué(e) sans raison valable, c’est que vous êtes probablement dans du temps psychologique. La machine de votre mental vous entraîne, malgré vous, dans une dépense d’énergie incommensurable et qui ne vous laisse rien, pour ainsi dire, pour vivre le présent et au présent.

Vivre au présent est simplement l’aspiration ultime à laquelle tout humain songe…c’est cet enivrement devant un lever de soleil à l’aube, devant un oiseau qui plane au-dessus de votre tête, dans un mouvement si naturel, si gracieux. Le présent, c’est quand vous êtes avec l’être aimé… Quand vous ne sentez plus passer le temps. Justement. Le présent, c’est presque sortir du temps, psychologique.

Je vous conseille un livre transformateur, c’est du moins ainsi qu’il est qualifié par les millions de personnes qui l’ont lu. Tapez simplement « Le pouvoir du moment présent » sur votre case recherche Google et vous trouverez l’ouvrage en téléchargement libre. Imprimez-le et mettez-le sur votre table de chevet. Vous allez découvrir un monde, dans le monde.

Le présent, c’est quand vous êtes avec l’être aimé… Quand vous ne sentez plus passer le temps. Le présent, c’est presque sortir du temps, psychologique.