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Raouf Ben Amor Je reste un bon vivant

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Raouf Ben Amor Je reste un bon vivant

Grande figure du théâtre, du cinéma et de la télévision en Tunisie, Raouf Ben Amor est l’un de ces acteurs qui a grandi dans la magie du quartier El Halfaouine, carrefour incontournable pour les artistes, les troubadours et les chanteurs de l’époque. C’est là qu’il a découvert le cinéma et qu’il a cultivé son goût pour l’art. Mais notre vedette entretient-elle de bons rapports avec sa santé ? Il nous en parle.

par Salem Djelassi

Quels sont vos gestes santé au quotidien ?

Pour tout vous avouer, je n’ai jamais ménagé ma santé et ce, jusqu’à l’âge de cinquante ans. Avant, je faisais vraiment n’importe quoi. Je dégustais toutes les bonnes choses de la table et buvais de tous les nectars du monde, sans me soucier de rien. La cinquantaine est donc arrivée et j’ai fini par comprendre ce que signifient les termes « cholestérol » et « triglycérides ». Ma femme, étant médecin, a voulu m’imposer un régime que j’ai refusé. Je n’ai jamais pu suivre une diète, alors je prends des médicaments pour le cholestérol et j’essaie de compenser le reste par de petits gestes, comme le remplacement du sucre par le sacralisé en gouttes. Voilà, mais je reste un bon vivant en fait.

Etes-vous du genre gourmand ?

Je ne suis pas gourmand mais j’aime regarder les mets. Je ne mange pas beaucoup mais je veux voir plein de plats sur la table. C’est de la gourmandise visuelle. C’est ce qui me sauve, en fin de compte. Il faut dire aussi que, dans mon métier, on bouge beaucoup et on fait du sport malgré soi.

Quel est votre rapport à la cigarette ?

Un rapport que je qualifierais de « dingue » ! D’abord, j’ai commencé à fumer bêtement pour prouver que j’étais un homme à 17 ans et, malheureusement, je suis devenu accro, j’ai fumé pratiquement toute ma vie. Il y a eu un moment où l’on m’a indiqué l’acupuncture et, après une séance de 10 minutes, j’ai arrêté de fumer pendant quatre ans. Mais, en 2004, j’ai repris la cigarette. Motif ? J’ai été chargé de la coupe d’Afrique qui se déroulait chez nous et la tâche était tellement stressante que je me suis remis à fumer. Ce stress a duré un an et demi et j’ai craqué les deux derniers mois avant le spectacle. Mais je fais toujours attention, en réduisant le nombre de cigarettes que je fume par jour. Pourtant, tous les jours, je me dis que c’est le dernier paquet que j’achète et je finis par acheter une cartouche ! C’est un vrai calvaire. Heureusement que ma fille n’est pas fumeuse. Mon fils, quant à lui, avait horreur de la cigarette, il m’obligeait à fumer sur le balcon. Or, depuis qu’il a été faire des études à Paris, il ne revient pas sans son paquet de cigarettes. Cela a été une grande déception pour moi.

Etes-vous un bon cuisinier ?

Je l’ai été par le passé. J’ai étudié à Londres durant quatre ans et, adorant les plats que ma mère nous préparait, j’en faisais la réplique grâce aux recettes que j’ai copiées sur un carnet. Depuis que je me suis marié, j’ai appris à ma femme à cuisiner et le jour où elle a tout appris, elle m’a congédié de la cuisine !

Votre métier demande beaucoup de concentration mais aussi une mémoire infaillible. Comment faites-vous pour mémoriser vos textes ?

Je pense que j’ai une bonne mémoire mais elle est sélective. Dans la vie courante, j’oublie tout et rien mais, dès qu’il s’agit d’un scénario ou du texte d’une pièce de théâtre, j’ai une mémoire infaillible. Je suis l’un des rares à apprendre tous les rôles, même les répliques des autres acteurs du film. Dans le cas où l’autre acteur aurait des oublis, je serais là pour l’aider intelligemment à retrouver sa réplique. Là, c’est magique. Je me rappelle encore de ma première tirade dans une pièce de théâtre à l’école. Mais il y a aussi des textes qui nous marquent à vie.

Pensez-vous que la vie de couple est importante pour la santé d’un artiste ?

Évidement ! Si ma femme n’était pas médecin, le couple n’aurait pas tenu. Parce que je suis trop sollicité de part et d’autres. Heureusement qu’il y a une scientifique à la maison qui garde les pieds sur terre et qui tient les rênes de notre vie.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes aujourd’hui ?

Faites du sport ! Et si vous n’en faites pas, dansez toute la nuit mais surtout évitez la cigarette ! Pour finir, je dirais la phrase « bateau » mais ô combien vitale : mangez équilibré !